Mercredi 20 décembre 2006
Un après-midi à l’Echiquier à lire en grande diagonale Miroirs de Janus, recueil des carnets mil neuf cent quatre-vingt et quatre-vingt un de Louis Calaferte.
Calaferte, l’auteur si apprécié du Requiem des Innocents, de Septentrion et de La Mécanique des Femmes, quelle déception de le voir ici englué dans des notes complaisantes emplies de bondieuseries et de ridicules petits faits quotidiens (la bronchite qui met au lit, la maison que l’on rénove), tout cela dans un style soporifique, à quel point faut-il être ennuyeux pour avoir l’air profond. Comment un éditeur comme L’Arpenteur, succursale de Gallimard, peut-il juger utile de publier cela ?
Néanmoins, pas regretté totalement cette lecture rapide, qui s’avère ponctuellement réjouissante, notamment quand l’auteur se plaint des relâchements de style dans L’Immoraliste d’André Gide tout en écrivant lui-même une phrase de ce genre: J’ai trouvé avec contentement à mon retour de Paris les trois exemplaires hors commerce du Chemin de Sion, dont j’ai réservé l’un d’eux à Georges Piroué. ou quand il nous assène ses sentences bigotes.
Celle-ci me plaît particulièrement : Toute vie d’homme qui n’aboutit pas à la bonté et à la miséricorde est une vie perdue. Ebouriffant, comme disait Paul Léautaud.
par michel perdrial
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Vraiment beau ce sixième pont qui telle une porte ouverte invite à entrer dans Rouen. Il fallait lui donner un nom. Pont de Rouen, vraiment cela aurait été bien. Mais la majorité des votants en a décidé autrement et le conseil municipal à l’unanimité a suivi, c’est sur Flaubert que c’est tombé.
Voilà, Gustave, tu es désormais un beau pont. Un beau pont en béton. Sur lequel il ne manque pas de place pour écrire. Pourquoi la municipalité ne suivrait-elle pas le conseil que tu donnais à Maupassant dans ta lettre du quinze janvier mil huit cent soixante-dix neuf :
" Les honneurs déshonorent ;
Le titre dégrade ;
La fonction abrutit.
Écrivez ça sur les murs. "
par michel perdrial
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«Il tombe sous le sens qu’il y a quelque chose de malsain dans l’accumulation domestique des livres.» constate Annie François dans Bouquiner, parlant d’elle, mais aussi de moi, envahi par les centaines de livres non encore lus qui s’empilent autour de mon escalier au risque de me tomber sur la tête et ne sachant comment ranger les milliers d’autres déjà lus qui font exploser mes bibliothèques, il est vraiment temps d’en vendre et de cela je m’occupe depuis quelques semaines, une annonce publiée dans un journal gratuit, d’autres scotchées à Mont-Saint-Aignan à la faculté de lettres et à celle de psychologie, tout cela pour rien, pas un appel, à croire que plus personne n’achète de livres.
Marcel Lévy a bien raison dans La Vie et moi d’écrire : « ...il suffit d’essayer de revendre des livres pour constater que la trouvaille la plus mirifique devient une mauvaise affaire quand nous cherchons à en tirer profit. C’est la revanche de l’esprit sur la matière.»
Ce matin, après avoir passé un bon moment à trouver des cartons pour contenir tous les ouvrages que je veux revendre, en route pour la bouquinerie Le rêve de l’escalier, au risque, malsain comme je suis, d’acheter encore un livre, j’ai croisé deux filles devant l’étalage de Maxi Livres dont l’une disait à l’autre :
-D’ailleurs, bientôt, les livres, ça n’existera plus.
par michel perdrial
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Ce n’est pas d’aujourd’hui, ni même d’hier, que le jeune est accusé de tous les maux. Le vieux a toujours eu le souci de se consoler de ses échecs en dénigrant le nouveau venu, comme le montrent ces deux penseurs antiques :
«Je n’ai plus aucun espoir pour l’avenir de notre pays si la jeunesse d’aujourd’hui prend le commandement demain. Parce que cette jeunesse est insupportable, sans retenue, simplement terrible... Notre monde atteint un stade critique. Les enfants n’écoutent plus leurs parents. La fin du monde ne peut être loin.» écrivait Hésiode dans Les travaux et les jours au huitième siècle avant Jésus-Christ.
«Les jeunes d’aujourd’hui aiment le luxe, ils sont mal élevés, méprisent l’autorité, n’ont aucun respect pour leurs aînés et bavardent au lieu de travailler. Ils ne se lèvent plus lorsqu’un adulte pénètre dans la pièce où ils se trouvent. Ils contredisent leurs parents, plastronnent en société, se hâtent à table d’engloutir les desserts, croisent les jambes, et tyrannisent leurs maîtres.» ajoutait Platon en trois cent quarante-huit avant Jésus-Christ.
Deux citations mises en exergue sur le site de l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres (hihuheffème) de Paris, à la page des conseillers principaux d’éducation (cépéheux). C’est dire.
par michel perdrial
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