Lundi 15 janvier 2007

Oh comme il a changé le Sarko (fat sot) ce week-end, comme il est devenu gentil (un peu comme en son temps le Mythe Errant se faisant limer les dents), comme il a envie de plaire à tout le monde, comme il parle doucement maintenant, comme il était émouvant faisant la cour à la petite Jeanne d’Arc.

Et Sarkolène (pure hautaine) pendant ce temps, à quoi s’occupait-elle? Elle gardait les moutons dans sa campagne, caressait les agneaux devant les caméras, en souriant comme elle sait si bien le faire.

par michel perdrial publié dans : Politique française
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Dimanche 14 janvier 2007

Température douce et ciel bleu sur la ville. Magasins (certains) ouverts le dimanche. Par autorisation préfectorale, l’ouverture des magasins. Le bleu du ciel et la douceur de la température, peut-être par réchauffement planétaire.

Comme le suggère un lecteur de Télérama cette semaine, attribuant le propos à Alphonse Allais : Les commerces ouverts le dimanche devraient être exclusivement réservés aux commerçants qui ne peuvent pas faire leurs courses dans la semaine.

Dédaignant les soldes, passé un moment au Pub Station, avec dans les oreilles une musique salsa distillée par Radio Latina, pour y continuer la lecture d’Être sans destin d’Imre Kertész, et comme c’est bizarre de lire une histoire aussi tragique dans une ambiance aussi festive.

Sorti de là pour acheter un pain aux céréales chez le boulanger le plus proche de chez moi, ouvert quant à lui tous les dimanches. Sur son comptoir un écriteau : « Pour cause de flemmingite aiguë, la boulangerie fermera désormais à dix-neuf heures le dimanche. »

par michel perdrial publié dans : Vagabondages
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Samedi 13 janvier 2007

Accrochage consacré à Jean-Yves Auregan à la galerie Duchoze, visible jusqu’à la fin de février. Vernissage hier soir en assez petit comité. L’artiste au crâne luisant salue ses amis et connaissances de manière joviale et chaleureuse. Aux murs, ses œuvres pleines de matière dont il faut s’éloigner pour en percevoir le sujet, de la peinture à prendre avec du recul. Une belle série de crânes, une figure christique attirante, une série dont chaque élément est intitulé Tournesol ou bien oreille de Van Gogh, quand l’auteur ne sait pas lui-même s’il s’agit d’un tournesol ou d’une oreille, il faut se garder de trancher.

Trois hommes se concertent avant d’aborder Jean-Yves Auregan. L’un d’eux émet l’avis qu’il est toujours instructif de discuter de ses œuvres avec un artiste. Bien longtemps que je n’ai plus envie de m’instruire. Et quant à aller trouver le peintre, la seule question qui me vient en tête étant : Est-ce qu’en peinture, l’expérience est un peigne pour les chauves? mieux vaut ne pas la lui poser.

par michel perdrial publié dans : Expositions
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Vendredi 12 janvier 2007

            Comme c’est curieux, cela fait plus d’un an, je pense, que le maire de Rouen, Albert (tiny), a rendu aux piétons moult rues du centre ville dans le périmètre du Palais de Justice et pourtant la plupart des passants continuent à se cantonner sur les trottoirs, allant même jusqu’à s’y gêner et à s’y bousculer dans les périodes commerciales chaudes.

Nous ne sommes vraiment pas nombreux à marcher tranquillement au milieu de ces rues heureusement débarrassées des automobiles, parfois bizarrement regardés par ceux restés sur les trottoirs. Il faut croire que tant d’années de portion congrue ne se laissent pas effacer comme ça chez beaucoup. Et que certains ne s’autoriseront à la liberté que lorsque Albert (tiny), maire, aura transformé les chaussées, supprimant le bitume et le remplaçant par un pavage de type voie piétonnière.

Allez, piétons, l’audace se résume à peu de chose, juste un petit pas de côté.

par michel perdrial publié dans : Politique française
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Jeudi 11 janvier 2007

            Récital Alexandre Tharaud hier soir à l’Opéra. Foule des grands jours. Pour la première fois, j’ai une place sur une chaise au-dessus de la fosse d’orchestre. La plate-forme sur laquelle je repose en compagnie d’une trentaine de mes semblables tremble un peu lorsque quelqu’un y marche. Il faut faire confiance aux concepteurs et ne pas penser au trou profond dans lequel on pourrait disparaître.

            Beaucoup de spectateurs s’estiment mal placés, à un endroit indigne d’eux, et scrutent les places susceptibles de rester libres afin d’y foncer à la fermeture des portes. Sans attendre ce moment, une femme d’un âge certain se précipite sur l’une des chaises de la fosse qu’elle n’hésite pas à déplacer pour se mettre dans la meilleure des positions, aurait été institutrice que ça ne m’étonnerait pas. On découvre à l’entracte qu’elle n’avait pas à s’installer là, étant en possession d’un billet pour le deuxième balcon, le jeune homme dont elle a pris la place entend la récupérer pour la seconde partie du récital. Elle fait semblant de ne pas comprendre, pas de doute une ancienne institutrice, puis finit par céder devant l’insistance de la placeuse, toisant le jeune homme et lui disant d’un air pincé que c’est une très bonne place. Effectivement, pour avoir mieux il faudrait s’installer sur les genoux d’Alexandre.

            Donc le jeune Alexandre Tharaud, multi primé et encensé par toute la critique, élégante silhouette, jolies mains de pianiste, pour un récital Chopin en deux parties: valses puis préludes. Un jeu virevoltant et sensible qui enchante le public. Derrière lui, le tourneur de page parfois de la tête dodeline en mesure tandis qu’Alexandre se laisse emporter par la musique pour finir au bord de l’extase. Douze valses plus vingt-quatre préludes lui font voir trente-six chandelles, semble-t-il.

            Tonnerre d’applaudissements et cris de bravo. Alexandre Tharaud offre quatre rappels en remerciement. Deux couples comme il faut échangent quelques propos sur le bonheur que ce doit être d’avoir un tel jeune homme comme fils, voire comme gendre.

par michel perdrial publié dans : Opéra et Classique
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Mercredi 10 janvier 2007

            On solde. Moins trente, moins cinquante, moins soixante-dix sur tout l’inutile en magasin. Le commerçant y trouvant encore globalement son bénéfice. C’est dire qu’en temps habituel le client se fait estamper dans les grandes largeurs.

            Affluence dans les rues et dans toutes les boutiques. Essentiellement féminine. Beaucoup de jeunes filles accompagnées de leur mère. C’est bien sûr cette dernière qui paie. Trois ou quatre sacs de fringues au bout de chaque bras en fin de parcours.

            Les femmes, jeunes ou moins jeunes, sont tellement malheureuses, bien plus malheureuses que les hommes, dans ce monde creux et sans perspective, et donc proies faciles pour la société de consolation.

            Elles auront beau faire, acheter de jolis dessous, un mignon chapeau ou un élégant manteau, elles ne pourront jamais acheter la vie qui va avec. Retourneront donc demain ou après-demain dans les magasins. Le commerçant y trouvant encore son bénéfice.

par michel perdrial publié dans : Commerce
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Mardi 9 janvier 2007

            Faillite nationale pour la chaîne Maxi Livres; le magasin de la rue du Gros, à Rouen, déjà vidé de tous ses livres, le pire et le meilleur qu’on y trouvait. Le meilleur, parfois, du côté des livres d’art, au hasard des déstockages d’éditeurs. Le pire, souvent, best-sellers et tutti. Deux ou trois fois par an, j’y faisais de bonnes découvertes.

            De son côté, la Fnaque envisage, paraît-il, de déménager son magasin de l’Espace du Palais vers une zone commerciale de type Barentin ou Tourville-la-Rivière et, si j’en crois quelqu’un se disant bien informé, l’indépendante Armitière est mal barrée.

            Chez les bouquinistes, peu de ventes mais beaucoup de propositions de particuliers désireux de se débarrasser de leurs ouvrages. Comme me disait l’un d’eux, en début de semaine : « Le problème n’est pas d’arriver à ce que les gens me proposent leurs livres, c’est de les empêcher de me les apporter. »

            Pour en revenir à la boutique Maxi Livres de la rue du Gros, qu’est-ce qu’elle va devenir ? Eh bien, un magasin de jeux vidéo, bien sûr.

par michel perdrial publié dans : Commerce
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Lundi 8 janvier 2007

Avec le fichu système de réservation du Rive Gauche, pas eu la possibilité d’avoir une place pour la venue de Jacques Higelin, le dix-neuf janvier deux mille sept. Le douze octobre deux mille six, je m'adressais au maire de Saint-Etienne-du-Rouvray à ce sujet. Il n’a pas jugé utile de me répondre. Voici donc, sous forme de lettre ouverte, ce que je lui écrivais : 

 

Objet : Système de réservation du Rive Gauche.

 

Monsieur le Maire,

             Je viens par cette lettre regretter de n’avoir pu cette année encore (une telle déconvenue m’étant déjà arrivée l’an dernier) m’abonner au Rive Gauche pour y voir les spectacles de mon choix.

           Je ne verrai donc pas Jacques Higelin puisque je n’ai réussi à joindre téléphoniquement le théâtre que le 14 septembre (les jours précédents la ligne était volontairement hors service) et bien sûr il était trop tard.

            Le Rive Gauche est la seule salle de concerts de la région à obliger ses futurs abonnés (s’ils veulent avoir une chance de voir leurs souhaits se réaliser) à se déplacer physiquement et à les contraindre de faire une queue interminable devant le théâtre. Impossible de réserver par courrier, mail ou téléphone avant que ne s’épuise la longue file d’attente. Il s’agit là d’un avantage donné aux oisifs qui peuvent consacrer une partie de leur journée à s’approcher lentement du guichet. Première injustice.

 

            Deuxième injustice: je sais par témoignage d’un des bénéficiaires qu’un intermittent du spectacle lié au Rive Gauche a pu réserver (sans faire la queue bien sûr) pour des amis à lui 6 places pour la soirée Jacques Higelin.

            Je comprends qu’il soit impossible à une salle de capacité moyenne comme le Rive Gauche d’accueillir tous ceux qui désireraient voir Jacques Higelin mais je conteste vivement la façon dont sont sélectionnés les privilégiés. Et je souhaiterais qu’à l’avenir un autre système de réservation soit mis en place (comme au Hangar 23, au Trianon Transatlantique ou à l’Opéra de Rouen) qui mette tous les spectateurs potentiels sur un plan d’égalité et  donc de ne plus s’en tenir à l’alternative inégalitaire actuelle: piétinage ou copinage.

            Je vous prie d’agréer, monsieur le Maire, l’expression de mes salutations distinguées.

                                                Michel Perdrial

Copie de cette lettre à

Monsieur le Président du Conseil Régional

Monsieur le Président du Conseil Général

Jacques Higelin

 

             Seul Alain Le Vern, président de la Région Haute-Normandie, m’a répondu le six novembre deux mille six pour me signaler que la Région ne subventionne pas la venue « des artistes internationaux comme Jacques Higelin » et ajoutant :

            « S’agissant de l’organisation des spectacles, ce centre culturel relève de la commune de Saint Etienne du Rouvray ; il lui appartient donc d’en assurer la gestion. Votre intervention auprès de Monsieur le Maire est donc tout à fait opportune. »

            Oui mais Monsieur le Maire de Saint-Etienne-du-Rouvray ne répond pas au courrier qu’on lui adresse.

par michel perdrial publié dans : Chanson
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Dimanche 7 janvier 2007

Légère ivresse à l’arrivée au musée des Beaux-Arts, un drapeau tricolore en noir et blanc flottant au dessus de la porte d’entrée, cela dû à Bertran Berrenger et non aux effets de l’alcool, quelques Rouennais se sont plaints; Albert (tiny), maire, a tenu bon.

Un peu de subversion donc en exposition temporaire, sous la signature conjointe Bertran Berrenger, duo de fouteurs de merde muséal, aujourd’hui l’entrée est gratuite, c’est le premier dimanche du mois.

Un petit tour dans la pseudo salle d’attente de gare où ne sont affichés que des trains annulés ou en retard, un bonjour à la fausse immobiliste dont la sébile s’emplit de pièces, voici maintenant l’immense tableau de Jules-Alexandre Grün Un vendredi au Salon des Artistes français présenté à l’envers. Dans les salles voisines, un mur d’escalade tout à fait grimpable, un téléviseur tourné vers le mur, une série de photos d’agents du musée une lampe torche dirigée vers le visage, un siège sonore composé d’enceintes acoustiques, on y peut tenir à deux..

A l’étage, deux vidéos musicales, joueur de guitare sans guitare et pianiste avec piano sur monte-charge, un cube suspendu composé de six tableaux de l’Ecole de Rouen, signés Charles Fréchon, Henri Vignet, Paul Mascart et Robert-Antoine Pinchon, la meilleure présentation que l’on puisse faire de ces croûtes locales, et un autre cube, posé sur le sol, fait de tableaux de classe, des craies à la disposition des visiteurs, c’est la moment de laisser un message significatif: « Vive la galette et vive le Chardonnay » accompagné d’un cœur où se nichent deux initiales.

par michel perdrial publié dans : Expositions
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Samedi 6 janvier 2007

En balade avant la pluie vers le faubourg Martainville, avec en tête le souvenir de ce qu’en dit Georges Hyvernaud dans La peau et les os, le récit qu’il fit de sa captivité après la deuxième guerre mondiale.

Retrouvé l’endroit dans le livre. Citation : « Les hôtels Renaissance, les églises du treizième siècle, je m’en fous. Mais j’ai passé des heures à flanôcher dans Martinville. Martinville, c’est un quartier de Rouen. L’un des lieux les plus désolés que je connaisse. Pour voir de la vraie pauvreté, il faut se balader à Martinville. De la belle pauvreté vraiment, bien authentique, bien grasse, bien pourrie d’alcool et de vérole. De la pauvreté pour connaisseurs. J’allais épier et renifler tout cela. Pas par amour du pittoresque : de tous les romantismes, c’est bien le romantisme de la crasse qui me paraît le plus indécent. Mais par une curiosité inquiète venue de l’enfance. La pauvreté, c’est une hantise et une menace pour les gens de ma race. »

Georges Hyvernaud (qui ne se souvenait plus de l’orthographe de Martainville) a été professeur à l’école normale de garçons de Rouen, avant la deuxième guerre mondiale.

De lui aussi ceci, toujours dans La peau et les os : « Beuret a une belle âme. Il croit au sens de la vie et à des choses comme ça. Il est maître d’école dans le Jura. Sa femme l’a plaqué pour un voyageur de commerce. Le sens de sa vie, c’est d’être instituteur et cocu. »

par michel perdrial publié dans : Littérature
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