Ces types de trente ans dans un café qui parlent de leur père en l’appelant papa :
-Je ne sais pas encore quel genre de cadeau je vais offrir à papa pour son anniversaire.
-J’espère qu’il n’y aura pas de verglas ce soir quand j’irai chez papa.
Braves petits garçons.
Et ce dimanche, au micro de Philippe Meyer, Bernard Pivot, soixante et onze ans (qui a fait croire pendant des années à la télévision qu’il s’intéressait à la littérature, alors qu’il ne s’excite que pour le vin et le football, je l’ai croisé un jour à la maison de la presse d’Aix-en-Provence, il y achetait L’Equipe), invité pour son livre Le dictionnaire amoureux du vin et répondant à une question par un « Maman me disait toujours… »
Lui aussi, toujours le petit garçon à sa maman.
par michel perdrial
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Vie quotidienne
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Virée sur la côte, direction Dieppe avec détour par Pourville-sur-Mer. Pluie sur la route. Soleil et vent à l’arrivée.
Petite escale à Pourville. Manifestement, la mer attaque la côte à coups de galets. Le bord de mer se barricade derrière des planches, il ne fait pas le poids. On sent bien le village assiégé et perdant un jour ou l’autre.
A Dieppe, grand vent et grosses vagues, mais rien à craindre pour la ville, lointainement bâtie Un tour du port de pêche, bien calme. Déjeuner foie de lotte et sardines grillées. Petit café gourmand. Un bon bol d’air sur la plage puis glandouillage au café des Tribunaux.
Trois observations liées à la vie locale: La casquette se porte toujours bien à Dieppe. Le chien genre caniche circule emballé dans un manchon souvent de couleur rouge. L’homme va seul acheter le pain à midi (sans doute envoyé par sa femme retenue aux fourneaux).
par michel perdrial
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Vagabondages
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Forcément, vite fait démontées par les services municipaux rouennais les cabanons à bimbeloteries de Noël, ce n’est pas là que pourront se réfugier les hommes sans abri, comme j’en faisais le vœu il y a deux jours. Continueront à dormir dehors, par terre, autour des ruines du Palais des Congrès.
Enfin, à Paris, ça commence à bien bouger. Après les tentes installées par les Enfants de Don Quichotte au long du canal Saint-Martin, voici un bâtiment appartenant à une banque, un bel immeuble de mille mètres carrés avec vue sur la Bourse, occupé par les associations Droit au Logement, Jeudi noir et Macaq (Mouvement artistique et culturel d’animation de quartier) et mis à la disposition de familles de mal logés, d’étudiants sans toit et d’artistes sans atelier. Deux étages du bâtiment vont servir à l’installation par ces associations d’un ministère de la crise du logement.
Evidemment, celui qui nous sert de président, pour qui j’ai dû voter, bien obligé, à ma grande honte, il y presque cinq ans, fait semblant de découvrir le problème et se fait fort de le régler avant son remplacement éventuel par l’ancien maire de Neuilly. Un bel exemple de politicien incapable de faire son travail sans coup de pied au cul.
par michel perdrial
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Politique française
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Concert de nouvel an, hier après-midi au Zénith par l’orchestre de l’Opéra de Rouen et ses invités: les musiciens tziganes de Kosice. Le Zénith, cette salle à dimensions inhumaines, mais il fallait bien ça pour accueillir la musique des Strauss père et fils. Et bonne idée de jouer également la Deuxième rhapsodie roumaine de Georges Enesco et d’avoir convié à la fête les musiciens tziganes roumains, cela le jour même de l’entrée dans l’Union Européenne de la Roumanie et de la Bulgarie (à propos de cette dernière, j’en connais une qui doit être bien contente).
Le beau Danube bleu en bouquet final et, à l’appel d’Oswald Sallaberger, l’audace d’une valse aussi maladroite que bien accompagnée, tous les deux en vedette dans cette grande salle du Zénith et, ma foi, fort applaudis, l’année deux mille sept commençait bien.
par michel perdrial
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Opéra et Classique
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Eh bien, puisque c’est le jour pour cela, faisons un vœu, sous forme de suggestion au maire de Rouen, Albert (tiny), et à sa majorité municipale, une proposition que l’opposition ne pourra que soutenir.
Ce vœu : Que les cabanons ayant servi aux marchés de Noël devant la cathédrale et l’église Saint-Sever soient laissés en place et ouverts aux hommes sans abri désirant y passer la nuit et même la journée. Cela tant qu’on ne leur aura pas trouvé un logement correct.
Les autorités religieuses, qui ne trouvent pas anormal que les parvis des églises soient accaparés par les marchands pendant un mois chaque année à l’époque de Noël, devraient voir cela d’un assez bon œil, non ?
par michel perdrial
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Politique rouennaise
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Dimanche 31 décembre 2006
Dernier marché de l’année deux mille six au Clos Saint-Marc. Peu de vendeurs installés et petite affluence, à l’heure matutinale où je m’y pointe. Je m’attarde à l’étal d’un brocanteur, vendeur d’une poignée de livres jetée sur le sol. Il discute avec une connaissance à lui.
-Il y en a qui réussissent avec le livre, lui dit-elle.
-Oui, mais attention, c’est pointu le livre, lui répond le professionnel.
Elle raconte alors l’histoire d’une amie à elle qui a mis en vente un livre sur Internet, et alors ça a monté, ça a monté… Même qu’elle est allée rechercher des livres qu’elle avait donnés à une de ses amies, qui devaient partir en Roumanie, ces livres… Pour les vendre sur Internet.
Anecdote édifiante, où se mêlent pas mal de fantasmes et un bel exemple de générosité.
Suis rentré sans un livre, mais avec une baguette de pain « tradition ».
par michel perdrial
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Commerce
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France Culture franchit bien le passage deux mille six deux mille sept avec une flopée d’émissions consacrées à Robert Walser (mort dans la neige, il y a cinquante ans, le soir de Noël, etc.). Le trente et un décembre à quatorze heures Pour Robert Walser, ensuite tous les jours de la première semaine de l’année nouvelle à quinze heures quarante Robert puis à vingt-deux heures quinze Walser forte, Walser piano. Pour le programme détaillé, voir le site Internet de ladite.
Un bienfait que cette radio publique sur laquelle on peut se caler jour et nuit. Bien heureux de payer chaque année une redevance pour financer cet îlot d’intelligence dans l’océan de crétinerie.
par michel perdrial
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Radio
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Vendredi 29 décembre 2006
Le nombre de bouffons et de bouffonnes que l’on croise à l’Espiguette certains jours ! Capables de mener pendant une heure des conversations navrantes. Au premier plan, une bande de skaiteurs amenés là par la boutique d’à côté et englués dans leur humour de pompiers et leurs échanges tribaux. Pas loin derrière, des filles qui se vantent de leurs soirées beauferies avec télévision dans le salon, serpentins et chapeaux en carton.
Passer sa jeunesse de cette façon, avant d’être dans quelques années, accouplés et chargés de moutards, filant sur les rails, dans une société sarkosée ou sarkolènisée, vers la catastrophe climatique, la pénurie de matières premières et le terrorisme répandu, c’est un sort qu’on ne peut guère leur envier.
par michel perdrial
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Cafés
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Allons bon, plus de la moitié des Français croient que l’Euro est une mauvaise chose, responsable des hausses de prix, et veulent revenir au Franc. Il faut voir un peu plus loin que le bout de son nez.
Si le petit café expresso est passé de cinq ou six francs à un euro vingt ou un euro quarante, est-ce la faute à l’Euro ? Non, c’est le cafetier qui a profité de l’occasion pour se remplir les poches.
Idem pour le pain et le boulanger.
L’un et l’autre et quasiment tous les commerçants ont profité de l’aubaine, y compris l’Etat quand il vend ses timbres poste. C’est facile, on continue à augmenter ses prix de cinq ou dix centimes, comme au bon vieux temps du Franc, en oubliant opportunément qu’avec l’Euro l’augmentation est multipliée par six et demi.
par michel perdrial
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Commerce
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Mercredi 27 décembre 2006
Déjeuner au Marégraphe, à la table soixante-seize, celle qui a la meilleure vue sur la Seine, ses ponts anciens et nouveau, ses grues décoratives ou en fonction, ses péniches rares. Au menu, assiette d’entrées froides et biche sauce civet, un petit vin blanc en accompagnement.
Retour par le quai dans la froidure d’hiver, ciel brumeux et nombreuses fumées d’usines à l’horizon. Quelques coureurs et quelques patineurs à roulettes inspirent à pleins poumons les particules délétères contenues dans l’air pollué. On appelle cela faire du sport. Mieux vaut pour sa santé choisir la petite sieste.
par michel perdrial
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