Lundi 19 mai 2008

            J’attends une lettre depuis plus d’une semaine. Elle n’arrive pas. Je m’inquiète. Mercredi quatorze mai, je trouve dans ma boîte un avis de passage de la factrice avec, cochée, la case « Taxée ». Je suis invité à retirer cette missive contre la somme d’un euro trente-huit au bureau de Poste de la Champmeslé à partir du quinze mai.

            Le jeudi quinze mai c’est grève, le bureau de Poste est fermé à l’heure matinale à laquelle je me présente. Je reviens le vendredi à la même heure. L’employée ne trouve pas ma lettre. Elle met ça sur le compte de la grève de la veille, me dit de revenir le lendemain. Samedi matin, je suis de retour. Une autre employée me dit qu’on n’a pas ma lettre. J’insiste. Où est-elle ? Qui l’a perdue ?

            Elle s’associe avec sa collègue pour me dire que ma lettre est repartie à Libourne, là où sont regroupées les lettres qui n’ont pu être distribuées et que ce n’est pas la peine que je revienne. Au bureau de la Champmeslé, on prend le client (comme on dit maintenant à la Poste) pour un imbécile.

            Je demande le cahier de réclamations afin d’y inscrire mon mécontentement : la lettre perdue et l’explication mensongère. Il n’y a plus de cahier de réclamations, me disent en chœur les deux employées. Je peux si je veux écrire sur une feuille libre. Je refuse, leur disant que dans ce cas je préfère écrire directement au Directeur Départemental de la Poste.

            Lorsque passe la factrice, je lui narre l’histoire de ma lettre prétendument envoyée à Libourne.

            -Oui, me dit-elle, je me souviens parfaitement de cette lettre. Elle est de petit format. Elle est peut-être tout simplement restée rive gauche, là où nous trions le courrier à distribuer. Je vais regarder. Je vous tiendrai au courant.

            Il y a donc à la Poste au moins une employée qui ne prend pas le client pour un imbécile.

par michel perdrial publié dans : Commerce
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Lundi 19 mai 2008

            Avec elle, le projet d’une grande virée vide-greniers ce dimanche, Le Mesnil-Esnard, Boos, Heudebouville, Igoville et Rouen (île Lacroix) avec pique-nique prévu à Vironvay sur le banc du panorama sur la Seine. Tout est prêt, les sandouiches confectionnés par ses soins, le réveil réglé sur six heures.

            Nous sommes réveillés plus tôt par l’orage. Il se transforme en pluie soutenue et continue. C’est foutu. Pas forcément dommage, puisque le programme bien programmé est remplacé par la lecture à voix haute du Kamasutra catalan avec suite prévisible.

            En fin de matinée, la pluie cesse. Avec elle, je parcours l’île Lacroix, puis seul, le boueux terrain communal du Mesnil-Esnard et le parking d’Intermarché à Boos. Je reviens de là avec une moisson éclectique de cédés à un euro : Alain Souchon, René Aubry, Hubert-Félix Thiéfaine, Lou Reed, Paco de Lucia et un Jacques Higelin de la haute époque Bébé Hache Soixante-Quinze « Hey hey, je suis amoureux d’une cigarette ». Aussi un cédé de P J Harvey, ne me plaît pas, vais le revendre.

par michel perdrial publié dans : Vagabondages
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