Mardi 20 mai 2008

            L’autre semaine, après un café verre d’eau au Son du Cor, je passe devant la galerie Gérard Boudin. J’aperçois les élèves d’une classe d’école élémentaire du centre de Rouen menée là par leur institutrice. Les enfants regardent avec le galeriste les habituelles peintures navrantes exposées en vitrine.

            Eh bien, me dis-je, en voilà une qui prend au sérieux le désir ministériel.

            Me traverse l’esprit l’idée que cette vaillante enseignante est là pour montrer à ses élèves ce qu’est cet art sans intérêt apprécié par la plupart de leurs pères et mères mais je sais bien qu’il n’est est rien. Elle aime cette peinture et elle communique son mauvais goût à ses élèves. Je crains que pour leur faire découvrir la musique, elle n’utilise les disques de Richard Clayderman.

            Il y a au moins un an, France Trois Haute-Normandie annonçait, dans un rapprochement qui est également un bon exemple de l’idée que l’on se fait de l’art contemporain dans certains milieux, la fermeture de la galerie Daniel Duchoze et celle de la galerie Gérard Boudin. La première est aujourd’hui réduite à portion congrue. La seconde est toujours bien ouverte. Ce jour, au détriment d’une trentaine d’enfants.

            Bon, ils n’ont pas tout perdu les moutards. Gérard Boudin a installé sur le trottoir une petite table sur laquelle sont posés autant de verres d’orangeade que de présents. Et puis, il fait si beau, ils sont quand même mieux là qu’enfermés dans une salle de classe.

par michel perdrial publié dans : Ecole
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Mardi 20 mai 2008

            Lundi matin je suis au Grand Magasin de la Vierge. Je m’y procure une grande enveloppe matelassée afin d’envoyer à un acheteur lyonnais, vendus via Price Minister, deux livres de Gilles Deleuze consacrés au cinéma L’image-mouvement et L’image-temps. Le cinéma et la philosophie ne m’intéressent pas assez pour que je les lise, encore moins pour que je les garde.

            Traînant un peu dans la boutique, j’y découvre le deuxième disque de Didier Super Ben quoi ? Je l’écoute et décide d’investir l’argent récolté par la vente des livres du docte penseur (producteur de thèses) dans l’achat du cédé du mauvais chanteur (producteur d’horreurs). Deux Gilles Deleuze pour un Didier Super, c’est correct.

            Ma réputation d’intellectuel va en prendre un coup. Ben quoi ?

par michel perdrial publié dans : Vie quotidienne
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