Vendredi 30 mai 2008

            Un ciel noir ce jeudi soir à l’heure où je me dirige vers l’Opéra de Rouen, rien à voir cependant avec les nuages du matin, résultat des pneus enflammés, au mépris des poumons de l’habitant(e), par les ouvriers et employés à chasuble jaune fluo des ports du Havre et de Rouen bloquant le pont Guillaume-le-Conquérant, venus là demander des comptes aux socialistes, celles et ceux du Sénat s’étant abstenu(e)s lors du vote de la privatisation. Entre cette colère et celle des marins pêcheurs, l’Armada dans un mois risque de donner lieu à une vraie bataille navale, me dis-je en m’installant en corbeille.

            Dernière soirée danse de la saison dans la noble maison, au programme trois chorégraphies d’Angelin Preljocaj, deux courtes pour duo et une longue pour douzaine de danseurs et danseuses.

            Annonciation met en scène deux jeunes filles, Marie et l’ange, comme décor un simple muret, pour musique Crystal Music de Stéphane Roy et le Magnificat d’Antonio Vivaldi.

            Centaures suit, avec deux garçons sur un plateau nu, décor d’une fin de monde, sur une musique de György Ligeti.

            Après l’entracte, Eldorado, six filles six garçons, chacun(e) doté(e) d’un panneau où se découpe une silhouette lumineuse à tête de fleur, une chorégraphie créée en deux mille sept à la demande de Karlheinz Stockhausen sur son envoûtante musique Sonntags Abschied, la scénographie étant signée de Nicole Tran Ba Vang, une évocation de paradis perdu.

            Trois réussites qui suscitent de nombreux applaudissements. Je sors de là content, ravi à l’idée de retrouver Angelin Preljocaj, dans le même lieu, à la saison prochaine, pour Cendrillon, création pour vingt-six danseuses et danseurs, donnée pour Automne en Normandie.

par michel perdrial publié dans : Danse
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