Mercredi 7 mai 2008

            Vingt-deux heures trente, mardi soir, je commande un cidre au bar du Trois Pièces et descends au sous-sol où Hélios Azoulay, en compagnie de Marielle Rubens, donne, à l’invitation de Voix de Fête, un concert de musique incidentale, sûr de ne pas être déçu.

            Nous sommes bien peu. Hélios en profite pour présenter les un(e)s aux autres, tout en le déplorant à sa façon :

            -J’ai beaucoup de mal à supporter autre chose que des entrées sur scène triomphales.

            Le café est pourtant fréquenté par une nombreuse clientèle mais le beau temps incite à la terrasse plutôt qu’à la belle cave voûtée.

            « Merci d’être venus si peu nombreux », commence Hélios Azoulay, se munissant de son suprême Clairon pour l’Introduction à la théorie du combat ce qui a pour vertu de faire descendre un renfort de public, les plus timides restant dans l’escalier.

            Il donne ensuite quelques explications aux profanes, sur son art et sur sa manière, puis exécute en trois coups gagnants Boîte de soupe Campbell’s (d’après Andy Warhol ; extrait de « L’oreille d’un sourd ») ce qui présage, nous dit-il, d’une suite de concert exceptionnelle.

            Marielle Rubens, mezzo-soprano, se faufile entre les assis(e)s de l’escalier pour Fragment de la mendicité (pour chant, récitant et enregistrement), une œuvre savoureuse que je n’ai pas encore entendue et dont le texte est dû (capté par Hélios) à l’un des mendiants du métro parisien.

            Hélios Azoulay abandonne alors provisoirement son répertoire personnel pour interpréter, à l’aide d’un radio-réveil, Instruction de George Brecht (l’inventeur de l’event Fluxus), œuvre aussi courte que dense, et il est l’heure de La petite berceuse des boites à musique (poncif pour chant et piano), dans une transcription pour chant et clarinette, la cave à l’escalier étroit interdisant l’instrument à queue.

            Marielle Rubens est excellente de rigueur et de sérieux dans cette œuvre qui suscite à chaque exécution des réactions bruyantes de la part d’une partie du public. Il en est ainsi ce soir où certain(e)s vont jusqu’à mêler leur voix (de fête) à celle de la cantatrice, une tentative d’achèvement qui échoue. Cela finit néanmoins par finir, un peu trop tôt à mon goût.

            Hélios nous fait ensuite un double joli cadeau. Constatant que les durées du travail, des trajets et des loisirs obligés s’allongent régulièrement et empêchent l’écoute de l’intégrale de Mozart en cent soixante-dix cédés et celle de Glenn Gould que chacun(e) possède dans sa discothèque, il nous fait entendre, diffusés à fort volume par des baffles, deux nouveaux poncifs pour enregistrement L’intégrale Glenn Gould (une minute et quelque) et L’intégrale Mozart (à peine plus de trente secondes). C’est un peu douloureux mais très efficace. En bonus, il nous offre les deux intégrales superposées, ce qui constitue un nouveau gain de temps très appréciable.

            Nous voici arrivés au Mystère de la chambre jaune (pour chant), une œuvre qui nécessite une collaboration étroite entre Marielle Rubens et Hélios Azoulay et c’est enfin, d’après Puccini, Turandot (pour clarinette et enregistrement) :

            -J’ai toujours beaucoup de plaisir, commente Hélios, à voir partir les spectateurs au cours de cette interprétation et j’en profite pour dire adieu à ceux que je ne reverni jamais à mes concerts.

            A la fin de Turandot il est minuit vingt, nous sommes aussi peu nombreux dans la cave qu’au début de la soirée, c’est dire que ce concert est une grande réussite.

par michel perdrial publié dans : Opéra et Classique
commentaires (0)    recommander
Mercredi 7 mai 2008

            Je suis le premier sur la liste d’attente alors j’ai bon espoir et effectivement, ce mardi matin, mon téléphone sonne, un appel du Théâtre de la Chapelle Saint-Louis, je passe en liste principale, ce que signifie que j’ai un billet pour le Baiseur fou, la pièce de l’auteure anglaise Maggie Nevill, traduite par Maurice Attias, professeur au Conservatoire de Rouen, et jouée par la Compagnie des Damnés.

            C’est évidemment son titre qui m’a donné envie de voir cette pièce sur laquelle je n’ai pris aucun renseignement. Alors je n’ai qu’à m’en prendre à moi-même si je suis très vite dépité par cette histoire convenue de filles déçues par les mecs et de mec lamentable. Celui-ci est séquestré par cinq d’entre elles, un soir de réveillon de nouvel an dans les toilettes (dans les chiottes pour être dans le ton de la pièce, traduite en langue vulgaire façon Sarkozy) d’un peube. C’est censé se passer en Angleterre mais les billets que l’on s’y échange sont des euros et en une heure quarante aucun(e) autre fêtard(e) ne descend uriner (euh, pisser) sa bière, un bel exemple de réalisme.

            Des mecs comme celui représenté sur scène j’en connais plein, des filles comme celles qui lui tiennent compagnie (cinq filles, cinq genres, cinq styles) heureusement je n’en connais pas ; il faut dire que je ne vais pas le samedi soir au peube avec mes peutes.

            Bon, elles se défoulent sur le queutard en se saoulant la gueule (comme on le leur fait dire) et brusquement ça tourne au drame. Les actrices et l’acteur sont méritant(e)s mais plus du tout crédibles quand ça devient tragique. Lui et elles débutent, je ne les accable pas. Ce que je comprends moins, c’est pourquoi Maurice Attias a traduit ce mauvais texte.

            Le noir venu, la pièce est surapplaudie car il y a dans la salle les familles et les ami(e)s. Ce pourquoi, j’étais en liste d’attente. Y rester aurait été pour moi un bien.

par michel perdrial publié dans : Théâtre
commentaires (0)    recommander
Blog : Actualité sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus