Mardi 1 juillet 2008

            Fin mai deux mille huit, l’hebdomadaire Le Point publie un entrefilet sur la médiathèque de Rouen mise en chantier par Albert (tiny), autocrate de droite. Il y est question de Laurent Fabius, chef de l’agglo, qui s’écrie : « C’est une honte ! » et ajoute «  On paiera les dédits qu’il faudra, mais cette médiathèque doit être stoppée ».

            Dès la parution, Fabius s’empresse de dire qu’il ne s’est jamais entretenu avec une journaliste du Point et déclare que c’est à Valérie Fourneyron, nouvelle maire, de décider

            Fin juin deux mille huit, Fourneyron (Valérie) écoute son mauvais génie et décide de détruire la médiathèque, offrant ainsi à la droite sarkoziste locale l’occasion de se refaire une santé et désespérant à gauche et au centre pas mal de monde si j’en juge par ce que je lis ici et là.

            Une médiathèque mal placée c’est sûr, mais ce mardi matin avant de me rendre au marché des Emmurées, je décide d’aller faire un tour là-bas et, partant de la Cathédrale à pied, je ne mets que vingt-cinq minutes pour atteindre le chantier bien que je marche beaucoup moins vite qu’un(e) étudiant(e). J’en entends qui disent que c’est une médiathèque faite pour celles et ceux qui ont une voiture, la preuve que non, et pour qui n’aime pas marcher, il y a le vélo et le bus numéro dix qui part du Théâtre des Arts et passe au bas de la rue de la République.

            Deux grues tournent dans le ciel bleu, un semi-remorque décharge des maillages métalliques, les nombreux ouvriers de la maison Léon Grosse sont en plein travail, occupés à construire ce qui sera rasé, si toutefois celle qui écoute son mauvais génie persiste. J’entre dans le parc Grammont, fais le tour du chantier, de là on se fait mieux une idée de ce qu’est l’architecture de ce bâtiment, due à Rudy Ricciotti.

            Une troisième grue tourne dans le ciel bleu, c’est celle du chantier voisin, l’extension de la clinique Mathilde.

            Entre les deux chantiers, un vigile veille. Je m’enquiers de la raison de sa présence. Il est là pour protéger le tournage du Baltringue, un film avec Vincent Lagaf’. Pas de quoi redorer le blason culturel de la capitale de Haute-Normandie, la ville où l’on met une médiathèque par terre.

            Ce projet de destruction a pour conséquence la réouverture de la poussiéreuse bibliothèque Villon et empêche ainsi le Musée des Beaux-Arts de s’étendre pour exposer certaines des œuvres en réserve et surtout pour s’ouvrir davantage à l’art contemporain mais l’art, à Rouen, c’est aussi Fabius qui s’en occupe.

            Son grand projet donne une idée de sa compétence dans ce domaine : une énième exposition des Impressionnistes.

            Je comprends que certain(e)s jeunes artistes aient depuis quelques jours envie de quitter la ville.

par michel perdrial publié dans : Politique rouennaise
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Mardi 1 juillet 2008

            Je viens de garer ma voiture dans l’île Lacroix. J’avise une Renault Cinq couleur jaune Poste décorée de peintures baba coule (flowers, love, etc) et d’autocollants des années soixante-dix (nucléaire, non merci). Elle est immatriculée dans le Cantal. Je suis là à me souvenir de la Méhari dans laquelle je roulais à cette époque, elle aussi couverte d’autocollants (antinucléaires et antimilitaristes), quand je suis interpellé par quelqu’une qui me dit bonjour.

            C’est une ancienne élue de la majorité municipale d’Albert (tiny) qui habite l’île. Je la connais pour l’avoir pratiquée dans des Conseils d’Ecole, sympathique au demeurant, se contentant de prendre des notes et de transmettre à qui de droit. Les réponses aux demandes de l’école venaient plus tard, négatives en général, avec comme argument : plus d’argent dans les caisses.

            Je lui explique mon plaisir à voir cette voiture qui m’en rappelle bien d’autres, dont la mienne d’alors.

            -On ne sait pas à qui elle est, me répond-elle. Elle est là depuis un certain temps.

            -A la même place ?

            -Non, elle change de place. Comme la vôtre puisque vous faites aussi partie de ceux qui viennent ici pour y garer leur voiture.

            -Oui c’est vrai, je profite de l’hospitalité de la commune libre de l’île Lacroix.

            -La commune libre, la commune libre, il n’y en a qu’un ici qui parle de commune libre ! s’exclame-t-elle.

            - C’est possible, je ne sais pas, mais j’en suis quand même un citoyen d’honneur.

            Elle hausse les épaules et disparaît dans son immeuble.

par michel perdrial publié dans : Vie quotidienne
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