Vendredi 11 juillet 2008

            Jeudi la pluie dès le matin et elle et moi qui restons au lit tandis que se déroule la course des marins de l’Armada sur les quais de Rouen, Les pauvres, ils me font déjà mal quand ils courent sous le soleil, toute cette pollution portuaire dans leurs poumons, et aujourd’hui en plus complètement trempés à l’arrivée.

            Le soir, c’est seul et toujours sous la pluie que je me rends au concert du jour. Une petite impression de débâcle règne sur le quai. Un proméne-touristes brade ses sorties en Seine et en offre la gratuité aux enfants. La maison Miko ferme les boules où elle vend ses glaces. Le passant(e)s se réfugient à l’intérieur de tout ce qui est ouvert. Il en est même pour visiter l’exposition des affligeantes sculptures de femmes des cinq continents de Jean-Marc de Pas, le sculpteur officiel du port de Rouen. La pluie cessant momentanément, je m‘arrête devant la scène de l’Agglo où le groupe Ceoltori na Sionnaine de Limerick offre sa musique et ses danses irlandaises. Ce n’est pas inintéressant mais trop folklorique pour que j’y prenne goût.

            Rose et Ridan sont au programme de la grande scène derrière le Hangar Vingt-Trois. La première que je connais pour l’avoir frôlée à la Fnaque et le second par sa ritournelle sur des paroles de Du Bellay.

            C’est une ancienne institutrice et c’est un ancien rappeur. Sur scène, elle s’habille comme la fille d’à côté et lui comme le garçon que tu croises dans le bus. Elle a des musiciens qui font ce qu’ils peuvent et il en a de meilleurs. Elle chante des histoires de fille larguée par un garçon et il chante des chansons de garçon largué par la société.

            Entre les deux tours de chant (comme on disait autrefois), un très bel arc en ciel se déploie sur le gris des nuages et c’est le bon moment de la soirée.

            Pour le reste, je laisse les rozéridâneries à celles et ceux qui aiment ça et je pars après Du Bellay.

            Un énorme bateau de guerre porteur d’hélicoptère, russe je crois, est arrivé à quai, tout au bout, là où se cache la partie la plus noire de l’Armada, là où les armées de mort font leur dangereuse propagande.

            C’est près du pont levant, dans un cadre moins malsain, que je vais attendre le feu d’artifice.

par michel perdrial publié dans : Armada
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