Persiflages, moquages et autres énervages
(mâtinés de complimentages et de contentages)
Journal de bord de Michel Perdrial
(En vacances, retour ici vers le onze août, c'est le moment d'aller fureter dans les archives)
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Je prends le nouveau Rouen Magazine à l’Office de Tourisme. Il contient un dossier intitulé La nuit devant soi (allusion subtile au titre d’un roman d’Emile Ajar/ Romain Gary). Ce dossier est consacré aux métiers de la nuit. Quels sont les gens qui travaillent la nuit selon le journal officiel de la mairie de Rouen ?
Il y a ceux qui se consacrent au secours des habitants : le policier, l’urgentiste, le pompier, le médecin de garde, l’agent d’astreinte et ceux qui se lèvent très tôt pour aider ceux qui se lèvent tôt à aller travailler : le boulanger, le commerçant, le journaliste radio.
Pas un mot de ceux qui se couchent très tard pour amuser ceux qui ne travaillent pas : le tenancier de bar, l’employé(e) de discothèque, le patron de sexe-chope ou toute autre personne chargée d’activité de détente et de plaisir. Ils ne sont évoqués qu’en creux, à travers le métier de chauffeur de bus de nuit (le conducteur du rare Noctambus) chargé de ramener les fêtard(e)s à la maison, pas trop tard.
Le travail de nuit ne peut être que vertueux. Toute la morale socialo-écolo-communiste est là derrière.
En couverture de ce Rouen Magazine, pour illustrer l’article, la photo d’une rue que je connais bien. La mienne.
Prise de nuit, dans une lumière inquiétante, elle a une allure de vrai coupe-gorge (comme disent les touristes). Y figure un homme de dos, à l’aspect louche. Quel métier symbolise-t-il ? Je ne le devine pas.
Ce que je vois parfaitement, ce sont les graffitis qui salissent le mur à sa droite. Plus d’un an qu’ils y sont (et il y en a de pires dans cette rue), laissés là par Albert (tiny), ancien maire, ignorés par Valérie Fourneyron, nouvelle maire.
Je le constate : ma rue (où pissent abondamment humains et animaux) est de moins en moins nettoyée. Plus de lavage du pavé depuis des mois. Plus de balayage quotidien depuis peu.
Nettoyeur de rue n’est pas un métier de la nuit. Ni du jour, semble-t-il. Rouen Magazine le montre en couverture avec cette photo de ma rue en soixante-douze mille exemplaires.