Persiflages, moquages et autres énervages
(mâtinés de complimentages et de contentages)
Journal de bord de Michel Perdrial
(En vacances, retour ici vers le onze août, c'est le moment d'aller fureter dans les archives)
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J’attends une lettre depuis plus d’une semaine. Elle n’arrive pas. Je m’inquiète. Mercredi quatorze mai, je trouve dans ma boîte un avis de passage de la factrice avec, cochée, la case « Taxée ». Je suis invité à retirer cette missive contre la somme d’un euro trente-huit au bureau de Poste de la Champmeslé à partir du quinze mai.
Le jeudi quinze mai c’est grève, le bureau de Poste est fermé à l’heure matinale à laquelle je me présente. Je reviens le vendredi à la même heure. L’employée ne trouve pas ma lettre. Elle met ça sur le compte de la grève de la veille, me dit de revenir le lendemain. Samedi matin, je suis de retour. Une autre employée me dit qu’on n’a pas ma lettre. J’insiste. Où est-elle ? Qui l’a perdue ?
Elle s’associe avec sa collègue pour me dire que ma lettre est repartie à Libourne, là où sont regroupées les lettres qui n’ont pu être distribuées et que ce n’est pas la peine que je revienne. Au bureau de la Champmeslé, on prend le client (comme on dit maintenant à la Poste) pour un imbécile.
Je demande le cahier de réclamations afin d’y inscrire mon mécontentement : la lettre perdue et l’explication mensongère. Il n’y a plus de cahier de réclamations, me disent en chœur les deux employées. Je peux si je veux écrire sur une feuille libre. Je refuse, leur disant que dans ce cas je préfère écrire directement au Directeur Départemental de la Poste.
Lorsque passe la factrice, je lui narre l’histoire de ma lettre prétendument envoyée à Libourne.
-Oui, me dit-elle, je me souviens parfaitement de cette lettre. Elle est de petit format. Elle est peut-être tout simplement restée rive gauche, là où nous trions le courrier à distribuer. Je vais regarder. Je vous tiendrai au courant.
Il y a donc à la Poste au moins une employée qui ne prend pas le client pour un imbécile.