Persiflages, moquages et autres énervages
(mâtinés de complimentages et de contentages)
Journal de bord de Michel Perdrial
(En vacances, retour ici vers le onze août, c'est le moment d'aller fureter dans les archives)
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L’autre semaine, après un café verre d’eau au Son du Cor, je passe devant la galerie Gérard Boudin. J’aperçois les élèves d’une classe d’école élémentaire du centre de Rouen menée là par leur institutrice. Les enfants regardent avec le galeriste les habituelles peintures navrantes exposées en vitrine.
Eh bien, me dis-je, en voilà une qui prend au sérieux le désir ministériel.
Me traverse l’esprit l’idée que cette vaillante enseignante est là pour montrer à ses élèves ce qu’est cet art sans intérêt apprécié par la plupart de leurs pères et mères mais je sais bien qu’il n’est est rien. Elle aime cette peinture et elle communique son mauvais goût à ses élèves. Je crains que pour leur faire découvrir la musique, elle n’utilise les disques de Richard Clayderman.
Il y a au moins un an, France Trois Haute-Normandie annonçait, dans un rapprochement qui est également un bon exemple de l’idée que l’on se fait de l’art contemporain dans certains milieux, la fermeture de la galerie Daniel Duchoze et celle de la galerie Gérard Boudin. La première est aujourd’hui réduite à portion congrue. La seconde est toujours bien ouverte. Ce jour, au détriment d’une trentaine d’enfants.
Bon, ils n’ont pas tout perdu les moutards. Gérard Boudin a installé sur le trottoir une petite table sur laquelle sont posés autant de verres d’orangeade que de présents. Et puis, il fait si beau, ils sont quand même mieux là qu’enfermés dans une salle de classe.