Persiflages, moquages et autres énervages
(mâtinés de complimentages et de contentages)
Journal de bord de Michel Perdrial
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Encore une grève de la Fonction Publique contre la politique de Sarkozy et compagnie, je ne m’attends pas à trouver beaucoup de monde, plusieurs syndicats se sont fait porter pâle. Le rassemblement est fixé place Saint-Marc mais c’est sur la voie de Teor que se regroupent camionnettes et manifestant(e)s, étrange idée de gêner les usagers des transports en commun. Sous un chaud soleil, il y a là la Haie Fessue, la Cégété et Solidaires. La banderole est par terre.
Sur celle-ci les noms des trois autres syndicats sont cachés à l’aide de plastique blanc. Quelques étudiants arrivent en complément. Ça ne fait pas grand monde. Je ne vois personne que je connais. Les policiers en civil font leur rapport. Une jolie jeune fille fait des photos.
A la sono, un syndicaliste organise le défilé qu’il qualifie d’unitaire. Trois syndicats sur six, la belle unité en effet. C’est une manière de compter nouvelle : la moitié d’une unité, c’est encore une unité. Il annonce le parcours, tout droit sur les voies de Teor, puis le pont Jeanne-d’Arc pour ensuite se séparer cours Clemenceau sur le lieu de départ habituel des manifestations réussies. Un autre syndicaliste lance un message à l’un des policiers en civil :
-Hey, Jean-Louis, on démarre.
La police ouvre le chemin. Je laisse passer la Haie Fessue et ses slogans mollassons, me glisse dans un groupe mélangé (douaniers de Solidaires, étudiants et indéfinis) où l’on est plus tonique, décidé à quitter le cortège quand il tournera vers la rive gauche.
Une étudiante brandit une pancarte qui appelle à « sauver la France » (elle doit se prendre pour Jeanne). Un lycéen au torse nu a le dos marqué d’une inscription : « On avait besoin d’un héros, pas de Sarko » (ce qu’il va avoir en plus, c’est un méchant coup de soleil).
Rue du Général-Leclerc, trois boutiques de vêtements annoncent leur liquidation totale. Combien de fonctionnaires faut-il ne pas remplacer pour aboutir à la faillite d’un commerçant ?, c’est la question que je me pose au moment où je laisse le maigre cortège continuer sans moi.