Persiflages, moquages et autres énervages
(mâtinés de complimentages et de contentages)
Journal de bord de Michel Perdrial
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A l’Education Nationale on adore les évaluations (combien de fois ai-je dû m’y plier malgré moi quand j’en faisais partie !).
Les dernières, destinées aux élèves de Cours Moyen Deuxième Année, arrivent pour expérimentation dans quatre-vingts écoles, parmi lesquelles celle de Monein (dans les Pyrénées Atlantiques) qui les reçoit le jeudi vingt-deux mai deux mille huit.
Première surprise au déballage : il est précisé que ces évaluations, une fois passées par les élèves, doivent être retournées directement au Ministère sans que les instituteurs ne les corrigent et sans que les parents n’en prennent connaissance.
L’évaluation est en quatre parties. Les trois premières sont anodines. La quatrième s’intitule « Questionnaire ». Il est expliqué aux élèves que, contrairement aux trois parties précédentes, là « toutes les réponses sont bonnes, il n’y a pas de mauvaise réponses ».
Les questions aussi sont bonnes : « Es-tu né en France ? », « Ta mère est née en France ? », « Ton père est né en France ? », « Quelle langue parles-tu à la maison ? », « D'habitude qui vit avec toi à la maison ? Ta mère ou une autre femme tenant le rôle de ta mère ? Ton père ou un autre homme tenant le rôle de ton père ? ».
Accessoirement figurent un paragraphe « Ce que je pense des devoirs à la maison » avec parmi les réponses possibles « A la maison j’ai vraiment l’impression de perdre mon temps » et un paragraphe « Ce que je pense de ce que je fais à l'école » avec parmi les réponses possibles « En classe je travaille parce que je n'ai pas envie que mon enseignant(e) me crie dessus »
A l’école de Monein on donne l’alarme et, suite à une avalanche de protestations, le Ministère demande maintenant aux enseignants de ne pas faire remplir aux élèves la partie Quatre de l'évaluation « expérimentale ».
Dommage pour Brice Hortefeux, ministre de la Reconduite à la Frontière.