Samedi 27 juin 2009

Vendredi matin, un peu avant dix heures, j’arrive là où ce ouiquennede le Secours Populaire fait son salon du livre au profit des déshérités(e)s. La porte est entrouverte au numéro huit de la rue de la Pie, à deux pas de la maison natale de Pierre Corneille. Je la pousse, on me dit que oui ce n’est pas encore l’heure mais je peux entrer.

C’est petit. Sont casés là autant de livres que l’on peut y mettre. Certains sont intéressants mais rien qui me concerne vraiment. J’achète néanmoins, paru chez Denoël Gonthier en édition de poche l’an mil neuf cent soixante-dix-huit, Le Grand Bazar de Daniel Cohn-Bendit.

Selon la quatrième de couverture, « le bondissant rouquin de Nanterre » y rapporte, dix ans après Mai Soixante-Huit, « l’itinéraire des aventuriers gauchistes à la recherche d’une nouvelle morale révolutionnaire. » Je veux bien. C’est surtout le livre dans lequel François Bayrou est allé chercher les arguments de sa mauvaise querelle avec le moins bondissant rouquin lors des dernières européennes, un livre épuisé, qui n’est pas prêt d’être réédité.

Je rentre à peine qu’elle me téléphone pour me dire à quelle heure elle arrive après sa fête parisienne. Un peu avant dix-huit heures, je la récupère à la gare et nous filons à Sotteville-lès-Rouen pour l’ouverture du vingtième festival des arts de la rue.

Cela commence place de l’Hôtel-de-Ville où la troupe Générik Vapeur déambule. Sous le titre Drôles d’oiseaux et Art Blaxon, sept voitures dégoulinantes de peinture suivent un tracteur paon. Elles se promènent parmi la foule puis sont suspendues à d’énormes pinces à linge. Sous leurs ventres sont placardées des affiches dont certaines montrent des personnages ou des évènements politiques. Tournent autour de ces voitures, aussi coloré(e)s qu’elles, les comédien(ne)s trempé(e)s dans la peinture de la troupe Ilotopie. S’ensuivent jet d’eau, arc-en-ciel, feu d’artifice et jet de papiers dorés et c’est fini. C’est joli et un peu vain.

On va se remettre dans le bois de la Garenne, sous les arbres où sont installés plusieurs restaurants exotiques. Nous optons pour la cuisine indienne, kafta et pâtes, avec pour dessert les cerises rapportées de Paris (qu’elle est allée chercher dans l’arbre en déchirant sa robe).

Nous essayons, dans le bois, plusieurs spectacles avant de nous arrêter devant Les Horsemen, trois chevaux et cavaliers dus aux Goulus, du faux humour anglais bien réussi, croisons un peu plus tard Maurice et Jules le coq géant et son cavalier, une déambulation due à la Compagnie Ekart et retournons place de l’Hôtel-de-Ville pour Kamchàtka de la troupe espagnole Kamchàtka.

Une dizaine d’émigré(e)s à valises démodées découvrent leur nouveau monde, ce qui est l’occasion pour celle qui m’accompagne de faire un câlin à une jolie fille et pour moi de serrer dans mes bras mon cousin des Balkans.

C’est l’heure d’aller boire un verre de sangria à la Bodega, établissement temporaire qui démontre qu’on peut faire d’une lugubre cour d’école un lieu chaleureux. S’y trouvent, parmi la nombreuse clientèle, plusieurs habitué(e)s d’un bar de Rouen que je connais bien. Je soupçonne certain(e)s de ne voir aucun des spectacles de Vivacité. Pour notre part, ce sera tout. Demain, elle retourne à Paris pour une folle fête et un festival de théâtre de rue n’est pas fait pour qui va seul.

Par michel perdrial - Publié dans : Théâtre
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