Persiflages, moquages et autres énervages
(mâtinés de complimentages et de contentages)
Journal de bord de Michel Perdrial
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Je n’aime pas, mais alors pas du tout, les toiles de Daniel Authouart, peintre célèbre (comme l’écrit Paris Normandie), cependant quand l’autre jour, me garant rue Verte, allant chercher à la gare celle qui est aujourd’hui à Marseille, je découvre ce qu’est devenu son mur peint, mon sang ne fait qu’un tour, et puis un autre tour, et puis un autre tour (comme pourrait l’écrire Félix Phellion).
Un panneau publicitaire à images défilantes de la maison Decaux (celle qui a offert des petits vélos rouges à la ville de Rouen) est en effet installé sur le mur peint de l’immeuble où se trouve le café de l’Arrivée, un bâtiment en décrépitude sis au numéro trente-trois de la rue Verte face à la gare.
Sur le pignon de ce trente-trois rue Verte, on peut voir depuis un peu plus de vingt ans un immeuble en construction fait des briques en bois d’un jeu d’enfant. Dans la trouée de ciel bleu s’engage un avion rouge (vrai jouet piloté par un véritable ours en peluche) concrètement planté dans le mur. L’œuvre est signée Authouart. En bas à gauche, il est écrit que ce mur a été peint en novembre mil neuf cent quatre-vingt-huit par Daniel Authouart avec la participation de Philippe Brossard, Sabine Moulin et Roger Thiéry.
Depuis quand ce foutu panneau publicitaire cachant une partie de l’œuvre a-t-il été ajouté, je ne sais. L’accord de l’artiste a-t-il été sollicité et obtenu, cela m’étonnerait.
Ce qui m’étonne aussi c’est qu’à ma connaissance personne ne semble offusqué, personne ne semble avoir protesté.