Persiflages, moquages et autres énervages
(mâtinés de complimentages et de contentages)
Journal de bord de Michel Perdrial
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Des billets, j’en rends au guichet de l’Opéra de Rouen pour des raisons diverses, celui de Pour un oui, opéra de Kurt Weil et Bertolt Brecht, c’est à la suite de la diffusion d’un extrait sur France Trois Normandie, me suis dis que je ne pourrais pas supporter cet instituteur chantant et ses élèves aux refrains emplis de bons sentiments.
Cependant, il faut aussi que je rentabilise mon abonnement. Ce qui m’amène ce vendredi soir à assister à Roméo et Juliette dansé par les ballets de Monte-Carlo, sous la Présidence de Son Altesse Royale la Princesse de Hanovre et avec le soutien de Céheffème Private Banking, de Suisscourtage Assurances, des Thermes de Monte-Carlo, des montres Rolex et du Gouvernement Princier. Je sais bien que ça ne va pas me plaire. Je me souviens de Cendrillon, donné l’an dernier par les mêmes.
N’empêche que vaillamment je supporte pendant plus de deux heures la musique soviétique de Prokofiev, écrite avec une faucille et un marteau, descriptive et laborieuse, et la gestuelle convenue des danseurs et des danseuses, illustrative et répétitive. Ah ! l’emploi du ralenti pour les scènes de violence et le clin d’œil au public lors de la scène d’amour entre Juliette et Roméo (on nous regarde, vite tirons le drap, il y en a encore que cela fait rire à Rouen).
Evidemment, cela se termine dans un tonnerre d’applaudissements auquel j’ajoute le mien, faible mais poli.
Ce que je ne comprends pas, c’est ce que vient faire Ernest Pignon-Ernest dans cette entreprise ; il signe la scénographie, sobre et banale. Ce n’est pas sa première collaboration avec les ballets monégasques et je n’arrive pas à raccorder ce travail avec les pratiques artistiques pour lesquelles il est connu. S’agit-il seulement de se faire de l’argent ? Sur son site officiel, pas un mot de cette activité, sur sa page Ouikipédia, non plus.
Je regrette de n’avoir pas pensé à lui poser la question lorsque je l’ai rencontré à l’Hihueffème de Mont-Saint-Aignan, il y a peu. Je vais le faire par écrit.
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