Samedi 2 février 2008

            Soirée festive gratuite avec cirque, théâtre et concert, pour la réouverture après travaux du Théâtre de la Chapelle Saint-Louis, lis-je sur la brochure de présentation de la saison. Je me présente le jour de l’ouverture des réservations au nouvel accueil, une cage de verre où, dès les chaleurs, cuiront les malheureuses qui y travaillent, pour réserver ma petite place.

            Trop tard, me dit-on, on ne peut que m’inscrire sur la deuxième liste d’attente.

            -Comment est-ce possible ? C’est le premier jour des réservations et je suis ici dès le début de l’après-midi.

            C’est que, m’apprend-on, on a beaucoup de monde à remercier pour les travaux mais si je veux, je pourrai venir pour la parade sur la place et peut-être qu’en deuxième moitié de soirée des fauteuils se libéreront.

            J’explique que je trouve ça navrant, qu’on ne compte pas sur moi pour faire foule sur la place et être ensuite évincé, ni pour aller à vingt et une heures trente poser mes fesses sur un siège à peine quitté par un(e) politicien(ne) ayant fait acte de présence minimale.

            Des gens à remercier ! Triste sort que celui des responsables de théâtre contraints de lèche-botter les élu(e)s de tous bords et particulièrement l’Officielle de la Culture Rouennaise, Catherine Morin-Desailly, sénatrice, pour avoir, avec sa réserve parlementaire, c'est-à-dire avec l’argent du peuple, financé personnellement quelques travaux.

            « Au frontispice de la Chapelle, nous écrirons : Il semble que quelque chose se passe ici », écrit Nathalie Piat, directrice du Théâtre de la Chapelle Saint-Louis.

            Oui, il semble que quelque chose se passe ici, ce vendredi, mais pas pour tout le monde.

par michel perdrial publié dans : Théâtre
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