Samedi 27 avril 2013 6 27 /04 /Avr /2013 09:08

Aller voir Eblouissants reflets, 100 chefs-d’œuvre impressionnistes au Musée des Beaux-Arts de Rouen deux jours après avoir vu l’exposition Keith Haring, The Political Line au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, c’est comme boire une infusette après un café serré, mais bon j’ai la possibilité d’être à l’avant-première ce vendredi et donc à dix heures, dans le froid revenu, je fais partie de celles et ceux qui attendent en haut des marches  Sur l’esplanade Marcel-Duchamp, des ouvriers s’affairent autour de la tente de réception qui servira lors de l’inauguration officielle de dimanche. Près de moi, une Amie du Musée regrette de ne pas en être : « Oui mais quand même, on a déjà le privilège de voir l’exposition avant tout le monde », lui répond une autre.

« Quarante Monet, dix-sept Sisley… C’est du jamais vu en province ! » a déclaré Sylvain Amic (directeur de la maison) à Paris Normandie en début du mois. Il est là à l’ouverture des portes, saluant les entrant(e)s, ce qui flatte le vieux couple que je côtoie au vestiaire où je laisse mon sac à dos dans un casier.

Plutôt que de rester avec le gros de la troupe, je file à mon pas, ce qui me permet d’être seul devant les meilleures œuvres et de constater une fois encore que Monet écrase tous les autres.

Je reviens ensuite au point de départ, une salle sans grand intérêt baptisée « Le peintre, ce Narcisse », c’est qu’il est question de l’eau ici, d’où ce titre passe-partout et vide de sens, Eblouissants reflets, bien fait pour le public de province, amateur de peinture décorative et apolitique. Je m’attarde ensuite le temps qu’il faut dans chaque salle : « Le voyage aux Pays-Bas » (illustré par Jongkind et Monet), « L’armada des peintres » (où sont montrés les tableaux de ports), « Ponts » (dont deux Charing Cross de Monet, « C’est connu », remarque une dame), « Canotages » (Renoir, Caillebotte, La Barque de Monet venue de Marmottan, et deux Jean-Louis Forain, « Connais pas », dit la même dame), « Le bateau-atelier » (avec trois Vétheuil de Monet), « Arbres au bord de l’eau » (Monet, Sisley, Caillebotte, Cézanne), « Sisley et la Seine » (avec la série Inondation à Port Marly, première du genre, Bougival, Argenteuil « C’est dommage que ça ait bougé », dit une autre dame) et là, catastrophe, une salle « Rouen et son Ecole » (le lobby local, Amis du Musée, etc. a encore frappé), la suivante n’est pas mieux, consacrée aux Néo Impressionnistes (des Seurat et Signac de seconde zone ainsi que des croûteux), mais ouf la dernière est entièrement consacrée au Claude : « Monet et l’horizon », nymphéas, Etretat et trois superbes Venise (une dame s’approchant des cartels : « C’est Etats-Unis, Chicago, New York, on aurait dû y penser. »)

Quoi encore ? Une armada de gardien(ne)s que l’on sent fraîchement recrutée, des portions de murs et de sols en aluminium reflétant peu, des bancs blancs mous, des photographies de ce temps-là et aussi des vues stéréoscopiques : tu te colles sur le binoculaire, tu vois et t’es déçu.

« C’est une sacrément belle expo » dit une dame (les hommes ne disent rien et sont bien moins nombreux). Si l’on veut. Ce qui est sûr, c’est que c’est une exposition pour mémères et pour pépères et donc celui que ses gardes du corps surnomment Pépère y aurait été à sa place, mais Hollande ne viendra pas dimanche comme il était prévu.

Couard, il craint les ouvriers de Petroplus et les anti mariage gay. Du coup, Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture, qu’il devait amener dans ses bagages, a déclaré que son agenda l’obligeait à ne pas être là. Ne restent que les deux Ministres locaux. Plus personne pour faire le discours, Pierre Bergé devra inaugurer lui-même.

*

Un qui s’est fait débarquer de Normandie Impressionniste, c’est Jacques-Sylvain Klein qui faisait Commissaire Général la fois précédente et tentait de faire accroire que l’Impressionnisme était né en Normandie. Paris Normandie m’apprend qu’il est toujours accroché à cette idée farfelue : « Je la défends maintenant à Paris après l’avoir défendue dans la région. Au fait, j’ai un scoop: 52 % des toiles de Monet ont été peintes en Normandie! »

*

Retour du mauvais temps, retour au Socrate café d’hiver ce vendredi après-midi. Dehors, une escouade de gendarmes mobiles repère les lieux. Pépère ne sera pas là mais les manifestants de droite oui.

Par michel perdrial
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