Lundi 21 janvier 2013 1 21 /01 /Jan /2013 08:20

Celle qui m’a rejoint ce samedi et avec laquelle je me trouve à quatorze heures sur le cours Clemenceau enneigé n’est pas plus enthousiaste que moi. « On aurait dû faire une pancarte : on n’en a rien à foutre du mariage gay, on est juste contre ceux qui sont contre ». Ce qui augmente notre mauvaise humeur, c’est la présence de tous ces politiciens à drapeaux, notamment des Socialistes à écharpe tricolore. Pourquoi sont-ils dans la rue alors que c’est à eux de voter pour que devienne possible ce qu’ils ont promis ? Quant aux Communistes, lui dis-je, quand on songe au sort des homosexuels en Union Soviétique ou à Cuba.

Arrivent deux Ecolos à petits drapeaux verts. Une adhérente du Front de Gauche veut me donner un tract. C’est elle qui prend pour les autres. Ça fait du bien et même ça réchauffe. Un peu seulement, on a les pieds gelés et on aimerait bien que ça démarre. Il y a du monde mais ce n’est pas énorme. La seule pancarte qui me fait sourire est celle qui dit « Nous aussi on veut le mariage pour le regretter ». Une grande blonde à lunettes passe avec à la main le drapeau rose des Jeunes Socialistes.

-Comment peut-on être Jeune Socialiste ? dis-je à celle qui m’accompagne.

-Surtout qu’elle est mignonne, me répond-elle, elle pourrait faire autre chose.

-J’aime bien son air un peu coincé, ajoute-t-elle.

-Oui, on dirait une Jeune Catholique.

Cela finit par démarrer. Nous évitons au maximum les politiques en nous mêlant à la jeunesse qui suit la voiture sono dont la playlist va de Philippe Katerine à Lady Gaga. Malheureusement, ces chansonnettes sont interrompues par des slogans pompés sur ceux d’anciennes manifestations à propos d’autre chose. On touche le fond quand on arrive rue de la Jeanne avec « Si tu veux un beau mariage, tape dans tes mains » puis « Si tu veux un beau bébé, tape dans tes mains ». Cette apologie de la norme m’afflige. Il était même prévu qu’au croisement avec la rue du Gros soit chantée La Marseillaise. Heureusement, il n’en est rien. On tourne dans la rue du Canuet et arrivés devant la Mairie, c’est la fin. Nous rentrons sans tarder prendre une boisson chaude.

*

Dans la manifestation, les deux vendeuses habituelles de L’Egalité, feuille trotskiste. En titre : « On n’a rien à lâcher ». Cette expression, « on lâche rien », devient la rengaine de celles et ceux qui luttent (comme ils disent), une sorte de « on ne bouge pas » à professer tout en reculant.

*

« Lâchez tout ! », l’un des slogans de l’après Soixante-Huit. Dans ce tout, le mariage.

Par michel perdrial
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