Samedi 26 mars 2011 6 26 /03 /Mars /2011 09:54

J’arrive vendredi soir, à presque dix-neuf heures, au Café du Marché place Saint-Marc. Je m’installe à l’une des tables de la terrasse où ne se trouve qu’une chaise. A côté, une longue tablée est occupée à boire une petite bière. Ce sont là des ponques comme je n’en ai pas vus autant depuis longtemps. Certains portent un ticheurte Keponteam.org. L’un a des cheveux verts qui étonnent les enfants. A d’autres tables se trouvent des habitués du lieu. Je le fréquentais ponctuellement jusqu’à ce que le cafetier juge bon d’y installer un écran plat qui diffuse en permanence une soupe musicale indigeste. Si j’y reviens ce soir, c’est pour le concert acoustique de Nono Futur. Je l’ai découvert il y a peu sur le Net. Il s’avère être le mari d’une de mes amies Effe Bé.

Je commande un verre de vin mauvais. J’ai le temps de le boire car le concert, apprends-je, ne commencera que dans une heure. Le cafetier et sa serveuse sortent des tables et des chaises supplémentaires. D’autres ponques venus de loin arrivent, dont quelques très belles crêtes.

Le moment venu, j’entre à la suite d’une partie des terrasseux dans ce bar qui ressemble à un couloir. Au fond, Nono Futur est prêt. Il est accompagné d’un musicien guitariste et accordéoniste et commence par une chanson où il dit qu’il aime les filles à l’enfance tragique et qui s’ouvrent les veines. Des filles, il y en a peu ce soir, trois venues avec un garçon pas ponque et deux trois autres en couple. Il semble que ces ponques n’aient pas de copines, qu’ils préfèrent leurs peutes. Ils se servent en revanche beaucoup de leur appendice pour pisser leur bière. La porte des toilettes ne cesse de s’ouvrir et se fermer tandis que Nono, imperturbable, va son chemin, liant ses chansons par une petite histoire, celle de César Hyène.

J’aime bien ce que chante Nono Futur, mélange de subversion et d’humour, et la voix qu’il a pour ça, suis content de découvrir son répertoire personnel et de réentendre (ça faisait longtemps) le Tango de l’ennui de François Béranger et Adieu Minette de Renaud (une chanson de quand il était vivant, précise Nono)

Nono Futur termine son concert acoustique par un énergique conseil à Michèle Alliot-Marie, David Douillet et pas mal d’autres dont lui-même. Quand je me retourne pour sortir, je constate qu’on n’est pas très nombreux dans le café. La plupart ont préféré rester sur le trottoir à picoler.

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En terrasse au Son du Cor l’après-midi, lisant le Journal de Holyhead de Jonathan Swift le temps du soleil entre deux immeubles, je regarde celles et ceux qui s’emplissent la tête du vide des journaux de trottoir Copié Collé Rouen, Tendance Occident, Vingt Secondes. Ne manquent désormais à Rouen que Rétro et Direct Poubelle.

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Cafés philosophiques, trottinettes pour adulte, journaux gratuits, l’arrivée à Rouen précède de peu la disparition.

Par michel perdrial
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