Lundi 22 avril 2013 1 22 /04 /Avr /2013 07:47

Peu à peu, le soleil s’installe et je passe de mon café d’hiver (Le Socrate) à mon café d’été (Le Son du Cor). Il est donc temps de solder ce que j’ai noté dans le premier au fil des jours mauvais.

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Déjeuner de travail : il drague sa collègue en lui parlant de sa femme et de ses enfants (comment il s’en occupe bien) ;

-Tu sais moi, je suis persuadé que quelqu’un qui a une famille unie et tout ça, travaille mieux.

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Une prof d’école privée :

-Les élèves s’en foutent. Les collègues s'en foutent. Tout le monde s’en fout. Si j’avais su que ça se passait comme ça quand j’étais à la fac, moi j’aurais même pas étudié.

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Un type à chapeau, endormi à sa table. La patronne d’une voix de stentor : « Faut rentrer chez vous monsieur, vous dormez. »

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Une grand-mère, s’apprêtant à recevoir son petit-fils : « A quinze ans, t’en fais pas ce que tu veux. »

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Une femme à propos de sa compagne de voyage : « Elle a soixante-dix-sept ans, ses enfants ne veulent plus qu’elle aille à l’étranger toute seule. »

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Une fille à une autre : « Ça marchera pas avec Marc, il est trop lisse, trop gentil. »

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Enfin, un peu trop belle pour être vraie, racontée par une retraitée à une autre, l’histoire de la caissière de chez Leclerc devant qui une bourgeoise dit à son petit-fils : « Tu vois, si tu ne travailles pas bien à l’école, c’est un travail comme ça que tu feras. » et la caissière lui répondant : « J’ai bac plus cinq, les études ça ne sert à rien. »

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Au Son du Cor, ce dimanche, pas grand chose à tirer des conversations des bobos à poireaux et à gariguettes, retour du marché : « Ça va par ce beau temps, tout le monde est content. »

Je reviens quant à moi de trois vide greniers, Les Damps, Romilly-sur-Andelle, Quèvreville-la-Poterie, Assis à l’une des rares tables au soleil, je tente de lire deux ouvrages achetés à Romilly : Pas à pas jusqu’au dernier de Louis-René des Forêts (Mercure de France) et Des putains meurtrières de Roberto Bolaño (Titres Christian Bourgois).

Louis-René des Forêts m’ennuie avec ses notations d’avant mourir (comme il m’a toujours ennuyé, comme m’ennuient ceux à qui il me fait penser, Butor ou Leiris), c’est une succession de banalités :

Mais tant qu’on est en vie, rien n’est joué, et voilà de quoi redonner cœur à l’ouvrage, fût-ce momentanément, (…) rien ne reste en l’état, tout est temporaire, hormis cet inconcevable non-être où nous allons devoir contre notre gré retourner pour l’éternité.

Roberto Bolaño, dont j’entends dire régulièrement grand bien sur France Culture et que je découvre avec ce recueil de nouvelles, ne me captive pas davantage. A la page cent deux, soudain il parle de moi :

Il achète des livres qu’il feuillette et dont il ne finit jamais la lecture.

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Après plusieurs années de travaux, la maison à pans de bois faisant face au terrain de boules du Son du Cor est enfin restaurée. Au rez-de-chaussée, à la place du local d’une association de locataires, une galerie de photos moches.

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La bonne blague du dimanche est sur le site de Paris Normandie : « « Nous à Grand-Quevilly, on a toujours été pour Laurent Fabius, (…). Ici on ne peut pas voter pour les riches… », assure Annick, 58 ans, sans emploi. »

Par michel perdrial
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