Jeudi 18 août 2011 4 18 /08 /Août /2011 16:47

Jamais je n’ai trouvé la ville de Rouen aussi ennuyeuse qu’en ce mois d’août deux mille onze. La trêve la rend tellement morte qu’on peut y faire des travaux dans tous les coins (ligne de métro, quai rive gauche, voie de Teor et cætera) sans que ça ne gêne personne. N’errent dans les rues que touristes pressés (côté parc d’attraction médiéval) et acheteurs compulsifs (côté plus grand centre commercial à ciel ouvert de Normandie). C’est dire que j’attends la rentrée avec impatience (chose que je n’aurais évidemment pas écrite lorsque je travaillais).

Celle et ceux qui vont revenir de vacances retrouveront la ville dans l’état où ils l’ont laissée. L’immeuble en construction pompeusement baptisé Espace Monet Cathédrale est juste un peu plus haut qu’avant l’été. Quant aux jardins de la Cour d’Albane, créés par la municipalité en guise de consolation, ils attendent le retour des ouvriers (la fin des travaux étant prévue pour juillet deux mille onze, il va falloir se dépêcher).

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Autre victime de l’été France Culture dont les programmes ne sont que rediffusions et, le matin, des tunnels de trois heures sur des sujets qui m’indiffèrent (guerre d’Algérie, Marlene Dietrich, Fidel Castro, Hemingway), ce qui me fait redécouvrir France Musique sauf en cas de bonne surprise, comme ce matin à six heures une Mythologie de poche de la radio consacrée à André Frédérique, le poète pharmacien en faillite « oublié avant d’être connu » dont on ne découvrit le corps que deux jours après son suicide à l’âge de quarante-deux ans (suicide dû à deux femmes d’après l’homme de radio José Artur : sa mère morte l’année précédente et une certaine Evelyne de dix-huit ans l’ayant quitté).

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Ce jeudi matin, rentrant du marché des livres de la place des Emmurées, je croise à l’entrée du pont Corneille un jeune homme à vélo qui chante à tue-tête l’Hexagone de Renaud : La France et un pays de flics/ A tous les coins de rue y en a cent/ Pour faire régner l’ordre public/ Ils assassinent impunément puis devant l’Office de Tourisme un chauffeur de taxi quinquagénaire qui en attendant son client fait de la corde à sauter, à chacun ses plaisirs.

Par michel perdrial
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