Mercredi 11 mai 2011 3 11 /05 /Mai /2011 13:47

Je réécoute ce lundi après-midi, Alan Duff, écrivain maori, auteur de L’âme des guerriers et d’Un père pour mes rêves (Actes Sud) au micro de Marie-Hélène Fraïssé dans l’émission Tout un monde sur France Culture dimanche dernier, à propos de la restitution de la tête rouennaise (avec cérémonie religieuse dans les bâtiments de la Mairie). Extraits de son propos:

« La plupart de ces têtes étaient à l’origine des têtes d’esclaves, esclaves qui étaient tués, préparés en cuisine en quelque sorte et mangés et c’étaient les guerriers qui avaient le privilège de déguster ces têtes en premier. Comme nous le disions, il y a des gens qui aiment bien réécrire l’histoire, à leur sauce si je puis dire. Bien entendu, s’il s’agit d’objets importants, il faut les rapporter en Nouvelle-Zélande, moi je suis pour, mais si vous voulez mon avis je crois qu’on en fait un petit peu trop (…) Le Maori moyen, il ne pense pas à tout ça, il ne se préoccupe pas de ces considérations culturelles ou autres. Les Maoris ne participent même pas à ces débats pour la plupart. Les débats, ils ont lieu entre les groupes dominants progressistes. Ils ne connaissent pas les Maoris eux. Moi, je connais les Maoris. (…) C’est des balivernes toutes ces histoires de gens qui pontifient sur ces foutues têtes. (…) Non, il faut vivre, s’intéresser aux vivants. Mais qui c’est les mous du genou qui disent « Ah on s’est trompés ». C’est pas comme ça qu’il faut agir. On ne se met pas à genoux devant un Maori pour demander pardon (…) Il n’y a aucune fierté là-dedans. Est-ce qu’on demande pardon, nous, pour les esclaves qui ont été mangés, qui ont été décapités ? Ces excuses, c’est des conneries. Moi, je déteste ça. »

En même temps, je reçois du Réseau Education Sans Frontières une fâcheuse nouvelle. Ce lundi matin, une famille macédonienne a été expulsée dans un avion vraisemblablement privé depuis l’aéroport de Rouen Boos. Cette famille qui vivait à Besançon depuis deux ans avait été arrêtée dans un foyer d’hébergement, le vingt-sept avril au matin. Après des heures de voiture éprouvantes pour les enfants, elle était arrivée le mercredi soir à Oissel. Le Juge des Libertés et de la Détention avait maintenu la famille en rétention pour quinze jours malgré le jeune âge des enfants, la Préfecture de Rouen ayant communiqué des photos prouvant que le Centre de Rétention était parfaitement adapté à des bébés, oubliant d’envoyer la photo de la cour grillagée, seul lieu de récréation pour Meleka, sept ans. Le Juge n’a pas non plus tenu compte de l’état de santé du père, handicapé à cinquante pour cent, qui n’a pas eu droit à des béquilles pour se déplacer le temps de la rétention. Au téléphone dans l’avion, Meleka répétait qu'elle ne voulait pas rentrer en Macédoine, mais seulement retourner à l'école.

Par michel perdrial
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