Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 16:31

Autre lecture, faite la nuit, que j’achève : la Correspondance Gustave Flaubert Maxime Du Camp publiée chez Flammarion : beaucoup de lettres de Maxime et peu de Gustave, ce dernier en ayant détruit pas mal après avoir demandé à son correspondant d’en faire autant sans être totalement entendu (Flaubert ne voulait pas que ses turpitudes juvéniles soient connues de la postérité).

Le mardi vingt et un octobre mil huit cent cinquante et un, Gustave Flaubert, comme souvent, pleurniche :

Si tu savais tous les invisibles filets d’inaction qui entourent mon corps et tous les brouillards qui me flottent dans la cervelle. J’éprouve souvent une fatigue à périr d’ennui lorsqu’il faut faire n’importe quoi, et c’est à travers de grands efforts que je saisis l’idée la plus nette. Ma jeunesse, dont tu n’as vu que la fin, m’a trempé dans je ne sais quel opium d’embêtement pour le reste de mes jours. J’ai la vie en haine le mot est parti qu’il reste oui la vie et tout ce qui me rappelle qu’il faut la subir. Je suis emmerdé de manger, de m’habiller, d’être debout, etc. –J’ai traîné cela partout, en tout, à travers tout, au collège, à Rouen, à Paris, sur le Nil.

Il se fait remonter les bretelles huit jours plus tard par Maxime Du Camp :

Cette vie a eu deux très grands inconvénients pour toi.

-1° Elle t’a remis pieds et poings liés entre les mains de ta mère ; elle t’a donné la terrible habitude de vivre par les autres et de ne pouvoir t’occuper que de ton toi subjectif et jamais de ton moi objectif.

-2° Elle t’a enfermé uniquement dans ta personnalité : tu sais comment tu vis, mais tu ne sais pas comment vivent les autres : tu as beau regarder autour de toi ; tu ne vois que toi et dans toutes tes œuvres tu n’as jamais fait que toi.

Voilà les deux grands défauts de cette existence qui, au fond, te pèse, t’ennuie et te fait croire que tu as la vie en haine tandis que c’est simplement ta vie que tu détestes.

Prends ça dans les dents, Gustave.

*

Pas content l’Irish Pub O’Kallaghan’s, comme je le constate en me ravitaillant en roquefort chez U. Une affiche en vitrine explique un peu maladroitement pourquoi. « La Mairie veut nous faire passer pour les voyous, les rebelles, ou encore les hors la loi de la ville. » y lis-je.

L’établissement rouennais est dans le collimateur, plus d’autorisations pour les soirées étudiantes, pour le barnum installé dehors, pour la Saint-Patrick et pas de concerts pour les Terrasses du Jeudi, cela depuis que les locaux du quotidien régional ont été remplacés par un immeuble de standigne. « Nous avons un voisinage chic qui peut s'offrir des appartements allant jusqu'à cinq mille euros le mètre carré et qui a beaucoup d'exigences » continue l’affiche. La première, c’est pas de bruit près de chez moi.

« La Mairie a choisi son camp » conclut le O’Kallaghan’s.

Qu’une Mairie socialiste ne choisisse pas celui des riches aurait été étonnant.

Par michel perdrial
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