Dimanche 29 juin 2008

            Vendredi soir au Conservatoire, c’est Hommage à Boris Vian avec une Nuit blanche au Tabou. Nuit blanche n’exagérons pas, on se couche tôt dans la maison, les musicien(ne)s et choristes sont jeunes, en provenance pour certain(e)s du collège Fontenelle et du lycée Jeanne d’Arc.

            Je me revois à leur âge, lycéen à Louviers collé devant la vitrine de la librairie Vandevoorde où sont exposés les premiers Boris Vian publiés en poche par Christian Bourgois chez Dix/Dix-Huit, les achetant l’un après l’autre avec l’argent de poche durement gagné chez mon père, l’arboriculteur. Les chansons, c’est plus tard que je les découvre, sûrement dans cette ferme communautaire des Baux-Sainte-Croix, près d’Evreux, mon adresse pendant les deux ans passés à l’Ecole Normale au début des années soixante-dix.

            C’est un peu pour cela que je suis là ce soir.

            La directrice du lieu exubére un petit discours où elle vante la chance d’étudier la musique et le chant en deux mille huit dans son établissement et non comme elle au même âge obligée de subir des heures de solfège « même pas le droit d’être en apnée », et place à la musique avec le premier mouvement de la Symphonie en ut majeur de Georges Bizet.

            Ensuite c’est Boris Vian. Un extrait d’une émission de radio d’époque, consacrée au joueur de trompinette et au Tabou, tombe des enceintes. Elle s’achève par les premières notes de l’hymne de cette cave mythique de la rue Dauphine (combien de fois suis-je passé devant ?), détruite à mon grand scandale, il y a quelques années, sans que personne ne s’en étonne, Ah ! si j’avais un franc cinquante ! Les choristes et instrumentistes du Conservatoire l’attrapent au vol et la mènent à la fortune. La java des bombes atomiques suit, puis une série de chansons écrites pour Henri Salvador, la peu connue Barcelone, la mieux connue Complainte du progrès, un extrait de Juliette Gréco parlant de Boris Vian, un autre de lui-même réglant d’une idée lumineuse le problème de la circulation automobile à Paris et c’est Le déserteur.

            Tout cela dans une ambiance décontractée et rigoureuse à la fois, les chœurs préparés par Pascal Hellot et les arrangements dus à Marc Meyer, chef d’orchestre et accessoirement chanteur, qui connaît bien son Boris Vian et se félicite d’être le premier à célébrer ce soir avec un an d’avance le cinquantenaire de sa mort.

            Est-ce que j’ai passé une bonne soirée ? La question de se pose pas. Elle en est absolument incapable : il y a trop de vent (Boris Vian). 

par michel perdrial publié dans : Conservatoire
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Lundi 9 juin 2008

            Vendredi soir c’est au Conservatoire que je me pose pour la soirée Percudanse qui associe les classes de danse et de percussions dirigées, me dit le programme, par des « professeurs émérites ». Que ces professeur(e)s soient à la retraite et continuent à enseigner partiellement, ce qui est la définition du mot émérite, j’en doute ou alors ils ne font vraiment pas leur âge ; qu’ils aient du mérite, ça je n’en doute pas, les apprenti(e)s percussionnistes, danseuses et danseurs s’en sortent plutôt bien.

            C’est d’abord Toccata une chorégraphie extraite de Stamping Ground de Jiri Kylian (musique de Carlos Chavez), puis Clapping Music, chorégraphie maison sur une musique de Steve Reich (musique consistant en un double et décalé clappage de mains) et Japon une improvisation à vue définie sur le programme comme un « tableau nipponisant pour danseurs, percussionnistes, gongs et farine de riz ». Ça ne manque pas de farine effectivement, et, ce doit être un hasard, le nettoyage du plateau à la serpillière, ce sont deux filles qui s’en chargent.

            Le spectacle reprend avec Terrestérité, chorégraphie maison, musique de Jean-Luc Rimey Meille, un peu longuet. La suite est plus délectable : Harem à Cocos chorégraphie signée Cat et Mille dans laquelle huit percussionnistes jouent du corps de huit danseurs et danseuses qui entraînent les musicien(ne)s dans la danse. Le final, sur une chorégraphie d’Aline Mottier, est constitué d’extraits d’Entourage et de Serpent du musicien africain Guem.

            Un autre professeur du Conservatoire de Rouen qui a du mérite, c’est Maurice Attias en charge des classes de théâtre. Les dix-sept, dix-huit, dix-neuf juin, c’est à son tour de faire spectacle avec des scènes tirées des pièces de William Shakespeare sous le titre Théâtre de sang.

            La semaine dernière, j’appelle le Théâtre de la Chapelle Saint-Louis où cela aura lieu pour avoir une place et, à ma mauvaise surprise, j’apprends qu’il n’y en a plus, que je suis le onzième sur la liste d’attente et qu’il y a peu d’espoir. J’imagine que les familles pléthoriques des comédien(ne)s, prévenues avant tout le monde, occupent pas mal de sièges, un public acquis qui vaudra aux interprètes de Shakespeare un beau succès quelque peu illusoire et qui empêche la présence de véritables amateurs de théâtre. Pourquoi avoir choisi pour ces représentations une salle dont la jauge est aussi faible ?, c'est la question que je me pose.

par michel perdrial publié dans : Conservatoire
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Jeudi 20 mars 2008

 

         « Erik est « Satierik ». » disait Francis Picabia. C’est sous ce titre emprunté de Satierik que le Conservatoire de Rouen ouvre ce mercredi soir son cycle Erik Satie avec l’Orchestre symphonique du lieu, dirigé par Claude Brendel.

         Logiquement le programme commence par la suite, celle (petite) signée Claude Debussy, au prétexte que Debussy et Satie furent amis puis fâchés. Cette Petite Suite est une œuvre de jeunesse pour piano à quatre mains. Elle est ici jouée dans la version orchestrée due à Henri Büsser. Je trouve ça abominable, tout à fait le genre de musique pour film américain, un début scie.

         Je me laisse distraire par quelques beauzarteux et beauzarteuses occupé(e)s à prendre des photos de la salle et du public. Les étudiant(e)s de l’Ecole des Beaux-Arts de Rouen sont en effet inscrits au programme ce soir. J’ai du mal à comprendre pourquoi. La plupart se contentent de jouer le rôle de celles et ceux qui arrivent en retard à un concert.

         Après l’entracte, c’est Satie avec Parade et comme ce compositeur est forcément associé au farfelu, ne voilà-t-il pas que les membres de l’orchestre entament un mouvement tournant pour finalement offrir leur dos au public. Bien, cela permet au moins d’avoir bonne vue sur les percussions et d’apprendre comment fonctionne la boîte à sirènes, elle est branchée sur le courant électrique, tu ouvres le couvercle et tu appuies sur la pédale.

         Achevé Parade entre en scène Jean-Luc Rigault, comédien au physique satierik. Présenté là comme un anti-lecteur, il évoque, lecture des lettres de Satie à l’appui, le rapport un peu tendu entre le compositeur et l’un de ses critiques. Les mots con et cul volent dans l’auditorium du Conservatoire. C’est d’une folle audace.

         Personnellement, j’aurais bien vu une troisième partie de soirée avec exécution d’une symphonie de Rassafin, musicien trop peu connu hélas.

         Eh bien oui, Satie Rassafin, il est temps d’aller me coucher.

par michel perdrial publié dans : Conservatoire
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Vendredi 25 janvier 2008

            Jeudi soir, je prends la rue Eau-de-Robec. Arrivé au bar L’Interlude, je traverse en diagonale et constate que la file d’attente est bien longue devant l’église Saint-Vivien où, pour l’Opéra de Rouen, le Collegium Vocale de Gand donne Les larmes de Saint-Pierre de Roland de Lassus.

            Ce n’est pas là que je vais. J’ai rendu mon billet au guichet de l’Opéra. Aujourd’hui, j’ai envie de futilité.

            Et c’est un peu plus loin, au Conservatoire, que je la trouve avec une soirée consacrée aux Beatles Alone against Beatles mania. « Une comédie musicale inédite », me dit le programme, à laquelle participent les classes de danse, l’orchestre symphonique numéro deux, l’ensemble de cuivre numéro deux et l’atelier chant, ce qui implique la présence de toutes les familles des artistes en herbe. La salle est donc comble et acquise d’avance.

            Pendant une heure, je révise les tubes (comme on disait autrefois) des quatre garçons de Liverpool, de Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band à Lucy in the Sky with Diamonds en passant par les ritournelles faciles de la première époque, tout cela correctement chanté par deux élèves et moins bien par un étrange adulte (suis pas sûr que ce soit un professeur), musicalement interprété avec des talents divers par des apprentis instrumentistes et fraîchement dansé par une troupe enjouée et colorée.

            C’est parfait. Je me sens futile à souhait, rétroprojeté au collège Ferdinand Buisson à Louviers dans la deuxième moitié des années soixante, au temps bienheureux de la minijupe, et à considérer les mignonnes collégiennes qui s’agitent sur scène, je ne regrette pas ce voyage dans le temps.

par michel perdrial publié dans : Conservatoire
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Samedi 12 janvier 2008

            L’après-midi, je suis dans un café rouennais où je lis Un jour de bonheur, une nouvelle d’Isaac Bashevis Singer, qui aurait pu être signée par Raymond Carver tant ce qu’elle raconte est atroce. Près de moi s’installent deux hommes. Je reconnais l’un, musicien à l’Opéra de Rouen. Le second est musicien également, comme me l’indique leur discussion. J'apprends quelques anecdotes savoureuses sur les coulisses dudit Opéra et sur la vie de ses musiciens.

            Ils parlent ensuite du trac qui les saisit lors des concerts de musique de chambre ou lors des concours. Le musicien venu d’ailleurs explique sa technique au musicien local. Il prend des bêta-bloquants qui ralentissent le rythme cardiaque. Il les conseille à son ami, un simple généraliste peut les lui prescrire.

            Le soir, je suis au Conservatoire où je découvre la musique de Lee Teyy-Sheng, compositeur taïwanais en résidence à Rouen. Cinq pièces sont au programme, datant de mil neuf cent quatre-vingt-dix-huit à deux mille trois. Elles sont jouées par l’ensemble instrumental Spirales. Le quintet final est dirigé par Lee Teyy-Sheng qui fut élève de George Crumb (joué récemment à l’Opéra).

            C’est une musique apaisante dans laquelle se côtoient ou bien se mêlent l’Occident et l’Orient. Je n’en dis pas plus par incompétence.

            En fin de concert, la charmante contrebassiste (en qui je retrouve celle qui avait retenu mon attention lors du premier concert de la saison à l’Opéra par la disproportion entre sa taille et celle de son instrument) invite tous les spectateurs et spectatrices (une quarantaine seulement) à boire un verre avec les musicien(ne)s et le compositeur, une initiative sympathique comme on en a, de temps à autre, au Conservatoire.

            C’est Lee Teyy-Sheng qui ouvre les bouteilles et le saxophoniste est ravi, il y a du vin rouge, ça change des bêta-bloquants.

par michel perdrial publié dans : Conservatoire
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Vendredi 21 décembre 2007

            Nouvelle soirée rouennaise pour François Rossé ce jeudi et cela se passe cette fois au Conservatoire, dans l’auditorium. Un programme est prévu en deux temps. Le public est clairsemé. Je peux choisir ma place, côté piano et de quoi déplier mes longues jambes.

            L’exubérante directrice du Conservatoire dit quelques mots survoltés. Elle se réjouit d’accueillir un musicien, François Rossé, adepte du jeu sans partition, déclare qu’un Conservatoire, ce n’est pas fait pour conserver mais pour ouvrir les portes et termine par un bloc de vœux : bonnes vacances, joyeux Noël, bonne année.

            Voici François Rossé, l’air d’arriver directement de l’Aubrac, et son compère Gérard Siracusa. Ils s’embarquent pour une belle et longue improvisation en sept épisodes. Le premier est au piano, les yeux rivés sur ses mains, vraiment fou (parfois même à l’intérieur, jouant directement avec les intestins de l’instrument). Le second est à la batterie (aux percussions, dit-on au Conservatoire), les yeux rivés sur le premier, prêt à tout. Parfois, ça tourne au concert de sifflotis avec participation du public, de qui sait siffler tout au moins, technique que je ne maîtrise pas.

            Cette performance vaut aux deux subversifs moult applaudissements, un beau bouquet de fleurs remis par la directrice du lieu et un cadeau sous emballage rouge siglé ville de Rouen remis par Claude Brendel, chef d’orchestre du concert d’hier.

            C’est au tour de l’orchestre d’harmonie du Conservatoire et des écoles de musique de Rouen d’apparaître sur scène, accompagné de l’orchestre d’accordéons de Maromme et sous la direction musicale de Jean-Philippe Dambreville. François Rossé dit quelques mots pour présenter Lisa, sa suite pour orchestre à vents et accordéons, extraite de la musique de scène de Philomé de Marguerite Gable-Senne, pièce créée en novembre deux mille sept au Sundgau. Ah, le Sundgau, deuxième étape de mes vacances avec elle l’été dernier, un bien bon souvenir.

            Il est presque vingt-deux heures et c’est déjà fini. Bien aise d’avoir en deux jours fait une balade dans l’univers d’un musicien que j’ignorais et qui vaut le détour, j’affronte le froid et, sous les lumières bleues et blanches, je regagne mon logis où tout est presque prêt pour fêter Noël dès le vingt et un décembre.

par michel perdrial publié dans : Conservatoire
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Jeudi 20 décembre 2007

            Première fois cette saison que je fréquente les concerts du Conservatoire de Rouen, ce mercredi soir. Cela se passe au Théâtre des Arts où la vaste scène permet l’accueil de l’orchestre symphonique. Claude Brendel est à la baguette et les élèves bien appliqué(e)s assurent. Le programme est copieux avec Pulcinella d’Igor Stravinsky et la Symphonie numéro quatre en ré mineur de Robert Schumann.

            Entre les deux, et c’est le plus intéressant, se glisse la création mondiale d’Ecce Joanna, une œuvre commandée par le Conservatoire rouennais à François Rossé, ancien élève d’Olivier Messiaen, compositeur prolixe (notamment pour les saxophones et les camions de pompier), en résidence pour la semaine.

            François Rossé a choisi d’évoquer la vie de Jeanne d’Arc, d’une Jeanne d’Arc qui « brûle tous les jours » comme il l’écrit, ajoutant : « Combien de si discrets et sournois délits contre une humanité amnésique, condamnée présentement à la consommation télévisuelle et (in)formatisée à profit ? L’innommable fleurit volontiers à l’innommé…Sous les marchés épanouis des yachts et des parachutes dorés, l’esclavage nouveau est arrivé, s’étoffant et se nourrissant des perspectives de nouvelles pauvretés. ».

            Pour l’occasion, à l’orchestre symphonique se sont adjoints accordéons, saxophones, guitare électrique, batterie et piano.

            Jefferson Desmoulains, récitant, et Anne-Cécile Laurent, soprano,  nous narrent l’histoire de Jeanne, l’orchestre se démène avec enthousiasme et talent, Gérard Siracusa improvise à la batterie et François Rossé fait de même au piano, cependant que Claude Brendel mène l’ensemble au bûcher.

            C’est un bon moment et j’applaudis vivement, tout comme la grande majorité du public composé en partie de copains et copines des musiciens et de leurs familles. Tiens, il y a là aussi l’Officielle de la Culture Municipale, Catherine Morin-Desailly.

            François Rossé salue chaleureusement et à le voir, je ne m’étonne pas qu’il ait été nommé Maître Dégustateur d’Aligot par l’Amicale des Cantalès et des Buronniers des Monts d’Aubrac. L’Aubrac et son aligot que je ne peux évoquer sans que me reviennent les images de bien bons repas pris là-bas en solo ou en duo.

            Dommage que Claude Brendel, chef d’orchestre, dans les explications qu’il donne ensuite au sujet d’Ecce Joanna, croit utile de parler de musique parfois déroutante, présentant en quelque sorte des excuses pour avoir proposé au public une œuvre de musique contemporaine.

par michel perdrial publié dans : Conservatoire
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Samedi 26 mai 2007

            Début de soirée au Conservatoire de Rouen pour y entendre Françoise Yvart, au piano, un récital intitulé Thème et variations avec successivement les Trente-deux variations de Ludwig van Beethoven, les Variations sérieuses de Félix Mendelssohn, la Deuxième ballade en si mineur de Franz Liszt et les Variations et fugue sur un thème de Haendel de Johannes Brahms ; le tout joué avec brio, sans partitions et vêtue d’une excentrique jupe rouge à volants.

            Le public est un peu clairsemé, c’est bien regrettable pour ceux qui ne sont pas là, d’autant que Françoise Yvart offre ensuite le champagne à tout le monde, apportant elle-même les coupes aux plus timides. Je ne sais pas qui est cette dame, je suppose qu’elle y enseigne au Conservatoire de Rouen, elle est très sympathique.

            Conservatoire que je retrouve hors les murs à vingt-deux heures trente, avec celle qui m’accompagne, pour le spectacle de clôture du festival Voix de Fête, donné à la Halle aux Toiles, la Nuit de la chanson.

            Eh bien, on peut dire que je m’attendais à autre chose, la salle déprimante aux centaines de chaises tristement alignées dont la plupart sont inoccupées, un public composé essentiellement de parents prêts à filmer leur progéniture, un programme pléthorique où figurent les noms de Céline Dion, Calogero, Michel Berger, Serge Lama ou Michel Fugain, la chanson française dans ce qu’elle a de plus insupportable mise au même niveau que celle représentée par Georges Brassens, Serge Gainsbourg, Boris Vian ou Boby Lapointe (avec un seul bé, Boby, pas Bobby comme on l’écrit au Conservatoire), c’est comme à la fête de fin d’année de n’importe quel collège.

            -Je n’ai pas envie de rester là, me dit-elle.

            Je suis bien d’accord. Nous prenons la fuite, bien heureux de nous retrouver si vite au creux d’un lit. 

par michel perdrial publié dans : Conservatoire
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Jeudi 22 mars 2007

            Les goûts réunis, l’art de l’ornementation, c’est le joli titre trouvé par Valérie Balssa pour sa classe de maître au Conservatoire et pour ce concert de musique baroque donné, le jour du printemps, dans la chapelle du collège Fontenelle. Au programme : Arcangelo Corelli, Jacques-Martin Hotteterre le Romain, François Couperin, Jean-Sébastien Bach et Georg Philipp Telemann. Deux traversos, une viole de gambe et un clavecin. Il s’agit, pour Valérie Balssa, de faire découvrir au public l’improvisation et l’ornementation dans la musique baroque de styles français, italien et allemand.

            Petit public, une cinquantaine d’auditeurs, pour un concert pourtant gratuit, dans un lieu tout à fait approprié, je n’ai pas un goût très prononcé pour la musique baroque, cependant je sors de la chapelle suffisamment ornementé pour affronter vaillamment la froidure.

par michel perdrial publié dans : Conservatoire
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Samedi 17 février 2007

            Un an de plus, cela arrive à tout le monde. Sur le mauvais versant évidemment mais pour l’instant, malgré quelques alertes, la pente est douce et celle qui me tient la main la tient bien.

            Il s’agit de fêter ça.

            Apéritif au bistrot Percière : ti punch bien chargé, bougie, petites choses épicées et ambiance musicale appropriée

            Dîner dans une roseraie Chez Colette : deux fauteuils à l’écart, service attentionné et cuisine élaborée.

            Passage par le Conservatoire : à l’heure du dernier quart de la Nuit du Piano, cinq élèves au programme, avec en toute fin la Finlandaise Taru Kastori.

            Celle-ci surgit sur scène, sûre d’elle, recule d’un mètre la chaise de la tourneuse de pages pour bien montrer qu’elle n’a pas besoin de ça, enchaîne donc sans partition un Impromptu de Schubert et l’Ile de feu de Messiaen puis salue modestement sous les applaudissements nourris.

            Je pense à la petite brune qui jouait avant elle et qui s’est bien plantée, quittant précipitamment la scène, puis revenant courageusement munie d’une partition et suivie d’une tourneuse à l’allure revêche pour jouer à nouveau Regard des hauteurs de Messiaen. Dans quel état est-elle maintenant dans les coulisses ?

            Il est vingt-trois heures lorsque s’achève la Nuit du Piano, une heure bien tardive pour le Conservatoire. Le maître de cérémonie, fatigué, remercie de sa « perspicacité » le public encore présent. Sans doute, voulait-il dire « persévérance ».

            Persévérer, un bon objectif pour qui ce soir a pris un an de plus.

par michel perdrial publié dans : Conservatoire
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