Conservatoire

Mercredi 15 novembre 2006 3 15 /11 /2006 12:25

Hier soir, concert au temple Saint-Eloi. Dietrich Buxtehude au programme, pièces d’orgue et musiques sacrées, avec les élèves organistes et l’ensemble vocal de la maîtrise du Conservatoire de Rouen. Oh le bel aria de la soprane Perrine Devillers et la façon timide et rieuse de saluer des deux minuscules organistes coréennes, Yoon Pommier et Yoon-Sil Song, au pied de l’instrument démesuré.

La veille, au Gaumont République, premier film de l'Agora du Cinéma Coréen, L’invité de la chambre d’hôtes et ma mère de Shin Sang-ok, présenté par la séduisante Beaumont Kuy-young, l’organisatrice, à l’humour très coréen. Entrée Privilège pour tout le monde, c'est-à-dire gratuite, on sait recevoir en Corée.

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Mardi 28 novembre 2006 2 28 /11 /2006 09:53

Mozart au Conservatoire donnait sa sérénade Gran Partita hier soir par le biais de professeurs et de grands élèves réunis en orchestre de chambre, c’était un peu trop sage et appliqué, scolaire pour tout dire, ce qui était prévisible. Public habituel du Conservatoire, composé en partie des familles des élèves musiciens venus admirer leur progéniture.

Mais pourquoi diantre certaines jugent-elles utile d’amener là leurs moutards de bas âge. Cette femme avec sa fille de sept ou huit ans et le petit frère de trois ans, le père pas là, retenu par de plus sérieuses occupations ou bien définitivement disparu après avoir participé à l’éclosion de ces deux petites graines de musiciens. L’aînée joue avec son programme, semble s’ennuyer à mourir, déjà qu’elle doit supporter les cours de solfège et d’instrument le mercredi, le benjamin gigote et gémit, devrait être couché depuis longtemps, n’y a-t-il donc plus de baby-sitter à Rouen? Il doit être dans un bel état aujourd’hui à l’école, chouinant et trépignant sans cesse, c’est au tour de l’institutrice ou de l’instituteur d’avoir droit à une belle sérénade.

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Vendredi 1 décembre 2006 5 01 /12 /2006 09:41

Au Conservatoire National de Région de Rouen (ah le joli nom flambant), hier soir jeudi, le Trio Epsilon pour des œuvres bien classiques de Johannes Brahms et d’Arnold Schoenberg et la veille mercredi, l’ensemble Musica Viva de Hanovre pour des œuvres bien contemporaines de Martin Christoph Redel, Erwin Koch-Raphaël, Johannes Schöllhorn et Isang Yun.

Le même talent, la même aisance chez les musiciens du mercredi et chez ceux du jeudi (avec le mercredi la présence de Kang Min-jung, soliste coréenne virtuose au violon).

Mais pour la musique classique une salle emplie aux deux tiers et pour la musique contemporaine seulement une poignée de spectateurs.

-Où sont donc les professeurs de musique des collèges et des lycées, demandait l’un des spectateurs du mercredi, ils ne viennent pas à ce genre de concert, c’est lamentable.

Oui, c’est lamentable, ils se contentent de ronronner dans leurs cours figés une fois pour toutes à l’époque de leurs études. Tout comme nombre de professeurs de lettres des collèges et des lycées ne lisent plus un seul livre relevant de la littérature dès qu’ils sont titularisés. Je parle d’expérience. J’en fréquentais il y a encore peu.

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Mardi 19 décembre 2006 2 19 /12 /2006 09:48

Bien failli rester dans la cour du collège Fontenelle, à écouter le Requiem de Mozart (et de ceux qui l’ont terminé à sa place pour cause de décès) à travers les murs de la chapelle. Mon nom ne figurant pas sur la liste des réservations et le concert faisant salle comble. Le négligent responsable de cet oubli n’était pas là pour faire face à mes reproches. Me suis néanmoins installé sur une chaise, de mauvaise humeur. D’autres aspirants spectateurs n’ont pas eu cette possibilité, ayant fait confiance à Rouen Magazine qui annonçait l’entrée libre sans préciser que la réservation était nécessaire. Ils sont rentrés chez eux, pestant contre le Conservatoire et contre Albert (tiny), maire.

Salle comble en raison de la présence des familles des musiciens et chanteurs, de leurs professeurs et de leurs camarades de jeu (de leurs  potes, comme ils disent). Où étaient ces mélomanes le soir où l’ensemble Musica Viva de Hanovre a joué devant une salle quasiment vide ?

Acoustique très moyenne, chaises inconfortables, courants d’air, bruits de porte, pourquoi diable le Conservatoire a-t-il organisé ce concert dans la chapelle du collège Fontenelle alors qu’il possède un si bon et si bel auditorium ? Un requiem, donc à l’église ?

Applaudissements et cris de soutien aux potes à la fin du concert. Un parent émet l’avis que c’était énorme. N’exagérons rien. Mais le chef d’orchestre avait les oreilles toutes rouges. C’est dire si c’était sérieux.

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Samedi 17 février 2007 6 17 /02 /2007 17:32

            Un an de plus, cela arrive à tout le monde. Sur le mauvais versant évidemment mais pour l’instant, malgré quelques alertes, la pente est douce et celle qui me tient la main la tient bien.

            Il s’agit de fêter ça.

            Apéritif au bistrot Percière : ti punch bien chargé, bougie, petites choses épicées et ambiance musicale appropriée

            Dîner dans une roseraie Chez Colette : deux fauteuils à l’écart, service attentionné et cuisine élaborée.

            Passage par le Conservatoire : à l’heure du dernier quart de la Nuit du Piano, cinq élèves au programme, avec en toute fin la Finlandaise Taru Kastori.

            Celle-ci surgit sur scène, sûre d’elle, recule d’un mètre la chaise de la tourneuse de pages pour bien montrer qu’elle n’a pas besoin de ça, enchaîne donc sans partition un Impromptu de Schubert et l’Ile de feu de Messiaen puis salue modestement sous les applaudissements nourris.

            Je pense à la petite brune qui jouait avant elle et qui s’est bien plantée, quittant précipitamment la scène, puis revenant courageusement munie d’une partition et suivie d’une tourneuse à l’allure revêche pour jouer à nouveau Regard des hauteurs de Messiaen. Dans quel état est-elle maintenant dans les coulisses ?

            Il est vingt-trois heures lorsque s’achève la Nuit du Piano, une heure bien tardive pour le Conservatoire. Le maître de cérémonie, fatigué, remercie de sa « perspicacité » le public encore présent. Sans doute, voulait-il dire « persévérance ».

            Persévérer, un bon objectif pour qui ce soir a pris un an de plus.

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Jeudi 22 mars 2007 4 22 /03 /2007 08:43

            Les goûts réunis, l’art de l’ornementation, c’est le joli titre trouvé par Valérie Balssa pour sa classe de maître au Conservatoire et pour ce concert de musique baroque donné, le jour du printemps, dans la chapelle du collège Fontenelle. Au programme : Arcangelo Corelli, Jacques-Martin Hotteterre le Romain, François Couperin, Jean-Sébastien Bach et Georg Philipp Telemann. Deux traversos, une viole de gambe et un clavecin. Il s’agit, pour Valérie Balssa, de faire découvrir au public l’improvisation et l’ornementation dans la musique baroque de styles français, italien et allemand.

            Petit public, une cinquantaine d’auditeurs, pour un concert pourtant gratuit, dans un lieu tout à fait approprié, je n’ai pas un goût très prononcé pour la musique baroque, cependant je sors de la chapelle suffisamment ornementé pour affronter vaillamment la froidure.

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Samedi 26 mai 2007 6 26 /05 /2007 10:30

            Début de soirée au Conservatoire de Rouen pour y entendre Françoise Yvart, au piano, un récital intitulé Thème et variations avec successivement les Trente-deux variations de Ludwig van Beethoven, les Variations sérieuses de Félix Mendelssohn, la Deuxième ballade en si mineur de Franz Liszt et les Variations et fugue sur un thème de Haendel de Johannes Brahms ; le tout joué avec brio, sans partitions et vêtue d’une excentrique jupe rouge à volants.

            Le public est un peu clairsemé, c’est bien regrettable pour ceux qui ne sont pas là, d’autant que Françoise Yvart offre ensuite le champagne à tout le monde, apportant elle-même les coupes aux plus timides. Je ne sais pas qui est cette dame, je suppose qu’elle y enseigne au Conservatoire de Rouen, elle est très sympathique.

            Conservatoire que je retrouve hors les murs à vingt-deux heures trente, avec celle qui m’accompagne, pour le spectacle de clôture du festival Voix de Fête, donné à la Halle aux Toiles, la Nuit de la chanson.

            Eh bien, on peut dire que je m’attendais à autre chose, la salle déprimante aux centaines de chaises tristement alignées dont la plupart sont inoccupées, un public composé essentiellement de parents prêts à filmer leur progéniture, un programme pléthorique où figurent les noms de Céline Dion, Calogero, Michel Berger, Serge Lama ou Michel Fugain, la chanson française dans ce qu’elle a de plus insupportable mise au même niveau que celle représentée par Georges Brassens, Serge Gainsbourg, Boris Vian ou Boby Lapointe (avec un seul bé, Boby, pas Bobby comme on l’écrit au Conservatoire), c’est comme à la fête de fin d’année de n’importe quel collège.

            -Je n’ai pas envie de rester là, me dit-elle.

            Je suis bien d’accord. Nous prenons la fuite, bien heureux de nous retrouver si vite au creux d’un lit. 

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Jeudi 20 décembre 2007 4 20 /12 /2007 11:06

            Première fois cette saison que je fréquente les concerts du Conservatoire de Rouen, ce mercredi soir. Cela se passe au Théâtre des Arts où la vaste scène permet l’accueil de l’orchestre symphonique. Claude Brendel est à la baguette et les élèves bien appliqué(e)s assurent. Le programme est copieux avec Pulcinella d’Igor Stravinsky et la Symphonie numéro quatre en ré mineur de Robert Schumann.

            Entre les deux, et c’est le plus intéressant, se glisse la création mondiale d’Ecce Joanna, une œuvre commandée par le Conservatoire rouennais à François Rossé, ancien élève d’Olivier Messiaen, compositeur prolixe (notamment pour les saxophones et les camions de pompier), en résidence pour la semaine.

            François Rossé a choisi d’évoquer la vie de Jeanne d’Arc, d’une Jeanne d’Arc qui « brûle tous les jours » comme il l’écrit, ajoutant : « Combien de si discrets et sournois délits contre une humanité amnésique, condamnée présentement à la consommation télévisuelle et (in)formatisée à profit ? L’innommable fleurit volontiers à l’innommé…Sous les marchés épanouis des yachts et des parachutes dorés, l’esclavage nouveau est arrivé, s’étoffant et se nourrissant des perspectives de nouvelles pauvretés. ».

            Pour l’occasion, à l’orchestre symphonique se sont adjoints accordéons, saxophones, guitare électrique, batterie et piano.

            Jefferson Desmoulains, récitant, et Anne-Cécile Laurent, soprano,  nous narrent l’histoire de Jeanne, l’orchestre se démène avec enthousiasme et talent, Gérard Siracusa improvise à la batterie et François Rossé fait de même au piano, cependant que Claude Brendel mène l’ensemble au bûcher.

            C’est un bon moment et j’applaudis vivement, tout comme la grande majorité du public composé en partie de copains et copines des musiciens et de leurs familles. Tiens, il y a là aussi l’Officielle de la Culture Municipale, Catherine Morin-Desailly.

            François Rossé salue chaleureusement et à le voir, je ne m’étonne pas qu’il ait été nommé Maître Dégustateur d’Aligot par l’Amicale des Cantalès et des Buronniers des Monts d’Aubrac. L’Aubrac et son aligot que je ne peux évoquer sans que me reviennent les images de bien bons repas pris là-bas en solo ou en duo.

            Dommage que Claude Brendel, chef d’orchestre, dans les explications qu’il donne ensuite au sujet d’Ecce Joanna, croit utile de parler de musique parfois déroutante, présentant en quelque sorte des excuses pour avoir proposé au public une œuvre de musique contemporaine.

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Vendredi 21 décembre 2007 5 21 /12 /2007 08:59

            Nouvelle soirée rouennaise pour François Rossé ce jeudi et cela se passe cette fois au Conservatoire, dans l’auditorium. Un programme est prévu en deux temps. Le public est clairsemé. Je peux choisir ma place, côté piano et de quoi déplier mes longues jambes.

            L’exubérante directrice du Conservatoire dit quelques mots survoltés. Elle se réjouit d’accueillir un musicien, François Rossé, adepte du jeu sans partition, déclare qu’un Conservatoire, ce n’est pas fait pour conserver mais pour ouvrir les portes et termine par un bloc de vœux : bonnes vacances, joyeux Noël, bonne année.

            Voici François Rossé, l’air d’arriver directement de l’Aubrac, et son compère Gérard Siracusa. Ils s’embarquent pour une belle et longue improvisation en sept épisodes. Le premier est au piano, les yeux rivés sur ses mains, vraiment fou (parfois même à l’intérieur, jouant directement avec les intestins de l’instrument). Le second est à la batterie (aux percussions, dit-on au Conservatoire), les yeux rivés sur le premier, prêt à tout. Parfois, ça tourne au concert de sifflotis avec participation du public, de qui sait siffler tout au moins, technique que je ne maîtrise pas.

            Cette performance vaut aux deux subversifs moult applaudissements, un beau bouquet de fleurs remis par la directrice du lieu et un cadeau sous emballage rouge siglé ville de Rouen remis par Claude Brendel, chef d’orchestre du concert d’hier.

            C’est au tour de l’orchestre d’harmonie du Conservatoire et des écoles de musique de Rouen d’apparaître sur scène, accompagné de l’orchestre d’accordéons de Maromme et sous la direction musicale de Jean-Philippe Dambreville. François Rossé dit quelques mots pour présenter Lisa, sa suite pour orchestre à vents et accordéons, extraite de la musique de scène de Philomé de Marguerite Gable-Senne, pièce créée en novembre deux mille sept au Sundgau. Ah, le Sundgau, deuxième étape de mes vacances avec elle l’été dernier, un bien bon souvenir.

            Il est presque vingt-deux heures et c’est déjà fini. Bien aise d’avoir en deux jours fait une balade dans l’univers d’un musicien que j’ignorais et qui vaut le détour, j’affronte le froid et, sous les lumières bleues et blanches, je regagne mon logis où tout est presque prêt pour fêter Noël dès le vingt et un décembre.

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Samedi 12 janvier 2008 6 12 /01 /2008 12:49

            L’après-midi, je suis dans un café rouennais où je lis Un jour de bonheur, une nouvelle d’Isaac Bashevis Singer, qui aurait pu être signée par Raymond Carver tant ce qu’elle raconte est atroce. Près de moi s’installent deux hommes. Je reconnais l’un, musicien à l’Opéra de Rouen. Le second est musicien également, comme me l’indique leur discussion. J'apprends quelques anecdotes savoureuses sur les coulisses dudit Opéra et sur la vie de ses musiciens.

            Ils parlent ensuite du trac qui les saisit lors des concerts de musique de chambre ou lors des concours. Le musicien venu d’ailleurs explique sa technique au musicien local. Il prend des bêta-bloquants qui ralentissent le rythme cardiaque. Il les conseille à son ami, un simple généraliste peut les lui prescrire.

            Le soir, je suis au Conservatoire où je découvre la musique de Lee Teyy-Sheng, compositeur taïwanais en résidence à Rouen. Cinq pièces sont au programme, datant de mil neuf cent quatre-vingt-dix-huit à deux mille trois. Elles sont jouées par l’ensemble instrumental Spirales. Le quintet final est dirigé par Lee Teyy-Sheng qui fut élève de George Crumb (joué récemment à l’Opéra).

            C’est une musique apaisante dans laquelle se côtoient ou bien se mêlent l’Occident et l’Orient. Je n’en dis pas plus par incompétence.

            En fin de concert, la charmante contrebassiste (en qui je retrouve celle qui avait retenu mon attention lors du premier concert de la saison à l’Opéra par la disproportion entre sa taille et celle de son instrument) invite tous les spectateurs et spectatrices (une quarantaine seulement) à boire un verre avec les musicien(ne)s et le compositeur, une initiative sympathique comme on en a, de temps à autre, au Conservatoire.

            C’est Lee Teyy-Sheng qui ouvre les bouteilles et le saxophoniste est ravi, il y a du vin rouge, ça change des bêta-bloquants.

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