Jeudi 20 décembre 2007
4
20
/12
/2007
11:06
Première fois cette saison que je fréquente les concerts du Conservatoire de Rouen, ce mercredi soir. Cela se passe au Théâtre des Arts où la vaste scène permet l’accueil de l’orchestre symphonique. Claude Brendel est à la baguette et les élèves bien appliqué(e)s assurent. Le programme est copieux avec Pulcinella d’Igor Stravinsky et la Symphonie numéro quatre en ré mineur de Robert Schumann.
Entre les deux, et c’est le plus intéressant, se glisse la création mondiale d’Ecce Joanna, une œuvre commandée par le Conservatoire rouennais à François Rossé, ancien élève d’Olivier Messiaen, compositeur prolixe (notamment pour les saxophones et les camions de pompier), en résidence pour la semaine.
François Rossé a choisi d’évoquer la vie de Jeanne d’Arc, d’une Jeanne d’Arc qui « brûle tous les jours » comme il l’écrit, ajoutant : « Combien de si discrets et sournois délits contre une humanité amnésique, condamnée présentement à la consommation télévisuelle et (in)formatisée à profit ? L’innommable fleurit volontiers à l’innommé…Sous les marchés épanouis des yachts et des parachutes dorés, l’esclavage nouveau est arrivé, s’étoffant et se nourrissant des perspectives de nouvelles pauvretés. ».
Pour l’occasion, à l’orchestre symphonique se sont adjoints accordéons, saxophones, guitare électrique, batterie et piano.
Jefferson Desmoulains, récitant, et Anne-Cécile Laurent, soprano, nous narrent l’histoire de Jeanne, l’orchestre se démène avec enthousiasme et talent, Gérard Siracusa improvise à la batterie et François Rossé fait de même au piano, cependant que Claude Brendel mène l’ensemble au bûcher.
C’est un bon moment et j’applaudis vivement, tout comme la grande majorité du public composé en partie de copains et copines des musiciens et de leurs familles. Tiens, il y a là aussi l’Officielle de la Culture Municipale, Catherine Morin-Desailly.
François Rossé salue chaleureusement et à le voir, je ne m’étonne pas qu’il ait été nommé Maître Dégustateur d’Aligot par l’Amicale des Cantalès et des Buronniers des Monts d’Aubrac. L’Aubrac et son aligot que je ne peux évoquer sans que me reviennent les images de bien bons repas pris là-bas en solo ou en duo.
Dommage que Claude Brendel, chef d’orchestre, dans les explications qu’il donne ensuite au sujet d’Ecce Joanna, croit utile de parler de musique parfois déroutante, présentant en quelque sorte des excuses pour avoir proposé au public une œuvre de musique contemporaine.