Chanson

Lundi 13 novembre 2006

J’appelle l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres à Mont-Saint-Aignan pour avoir des renseignements sur la conférence chantée avec les Glaneuses, lundi prochain, dans le cadre du festival Chant d’Elles.

-Mais vous êtes à l’hihuheffème, me répond le responsable de l’action culturelle.

-Justement, vous organisez une conférence chantée lundi prochain, j’aimerais en savoir plus.

Il n’est au courant de rien, cherche dans ses papiers, finit par trouver mais ne peut rien me dire de précis.

Comme dit l’un des professeurs de cet hihuheffème, dans les bureaux on ne peut rien leur demander, ils sont tous chargés de mission.

Par michel perdrial
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Lundi 20 novembre 2006

En bus jusqu’au Mont aux Malades, là où se tenait autrefois une léproserie et où se tient désormais l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres (hihuheffème), les enseignants ayant remplacés les lépreux. Il s’agissait d’y entendre les Glaneuses, deux interprètes de chansons traditionnelles, ces chansons qui ont eu leur heure de gloire dans les années soixante-dix du siècle précèdent sous le nom de chansons folk, avec des groupes comme Malicorne ou Mélusine.

Public d’enseignants actuels et futurs, sachant chanter avec les Glaneuses, lesquelles assez coquines, à leur répertoire quelques chansonnettes à double entente. Devant moi, quatre étudiantes qui n’y entendent rien. L’une des Glaneuses obligée de leur expliquer le marin dont le mât de vaisseau est bien dressé et sa fiancée dont la barque est défoncée. Faites attention, les filles, si vous n’oubliez pas un peu les études et la pédagogie, vous le deviendrez vraiment institutristes.

Par michel perdrial
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Jeudi 23 novembre 2006

Occupé à lire les Lettres à Van Rappard de Vincent Van Gogh au Marégraphe avec la Seine par la fenêtre où passent de poussives péniches et en bruit de fond une radio robinet à chansons de laquelle surgit tout à coup la voix abîmée de Renaud qui allume mécaniquement et à la louche Les Bobos.

Le pauvre, comme ses chansons d’aujourd’hui ressemblent à son physique d’aujourd’hui, tout comme ses chansons d’hier ou d’avant-hier ressemblaient à son physique d’hier ou d’avant-hier. Comme il a glissé doucement du chanteur populaire au chanteur populiste, remplaçant, ainsi que l’écrivait un lecteur de Télérama, ses santiags par de gros sabots.

Quand on pense qu’il se moquait, dans son premier disque, d’Antoine récupéré par la société et jurait que lui, Renaud, la société jamais elle ne l’aurait. Antoine est devenu marchand de lunettes, voici maintenant Renaud, marchand de sornettes.

Par michel perdrial
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Dimanche 26 novembre 2006

Un p’tit tour samedi soir au théâtre du P’tit Ouest pour y entendre Lola Lafon et son groupe Leva, du folk électro balkanique, c’est elle qui le dit. Blonde, coiffée et habillée comme la fille du coin de la rue, une robe sur un pantalon, des baskets rouges, une jolie voix quand elle chante une ballade, moins jolie quand cela devient rock, un répertoire politico-féministe, en français, roumain et bulgare. Elle vient de par là, elle en a connu de sévères, elle sait de quoi elle parle quand elle dénonce les violences faites aux femmes dont c’est la journée (comme on dit) ce vingt-cinq novembre. Petit public car petite salle, mais beau succès. Egalement pour les musiciens, un très bon accordéoniste notamment.

Lola a écrit un livre aussi : Une fièvre impossible à négocier publié chez J’ai lu. Je l’ai parcouru à la Fnaque. Une histoire qui se passe dans le monde de l’ultra gauche radicale. Ça n’a pas retenu mon attention. Mais j’aime bien son titre. Alors je l’ai lu plusieurs fois. Le titre.

Par michel perdrial
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Samedi 2 décembre 2006

Une bien bonne soirée ce vendredi avec Emily Loizeau au Trianon Transatlantique de Sotteville-lès-Rouen. Une délicieuse chanteuse cette Emily. Je l’avais vue lors de son passage au Hangar Vingt-Trois, il y a deux ans je crois, elle faisait la première partie d’un spectacle dont j’ai oublié la seconde, chantait alors toute seule avec son clavier. Maintenant, elle est accompagnée de deux musiciens à tête de musicien et d’effets spéciaux tournicotant. Elle fait son chemin, reste pour l’instant fraîche et spontanée. C’est bien de voir les artistes à leur début, avant qu’ils ne soient aspirés par un trop grand succès et finissent par se produire au Zénith, comme cela vient d’arriver hélas à Thomas Fersen.

Bon, Emily Loizeau, assise au piano, dans sa petite robe noire, passe d’une chanson sentimentale à une chanson rigolote, qu’elle interprète avec de subtils effets de voix, une voix légèrement acide et espiègle, parsemant son récital de chansons en anglais, ce qui est bien naturel pour une demoiselle à moitié anglaise. On ne s’en lasse pas et le public dont elle joue habilement proteste ferme quand elle prétend partir.

Elle revient nous chanter son Boby, me souviens qu’au Hangar Vingt-Trois à propos de cette chanson elle confessait son intérêt pour l’engin de Rocco Siffredi, elle n’en parle plus mais demande toujours avec une mine gourmande à ce Boby de sortir son Zippo.

Un second rappel, la voici sans micro entouré de ses deux musiciens aux instruments débranchés pour un au revoir intime. Le public a vraiment du mal à quitter la salle. Alors vivement qu’elle revienne, la petite Loizeau se poser pas très loin pour nous chanter ses ritournelles.

Par michel perdrial
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Mercredi 6 décembre 2006

William Sheller seul au piano au théâtre Charles Dullin à Grand-Quevilly, vieilli bien sûr mais la voix intacte et les mains toujours aussi agiles courant sur le clavier. Très bavard, expliquant par le menu avant chaque chanson comment et où elle lui est venue. Dommage. On n’a pas forcement envie de le savoir. Cela nuit au mystère et à la beauté même de la chanson.

Un entracte où l’on vend des glaces. Tout à fait surprenant. On se croirait revenu trente ans en arrière. Il n’y a plus qu’à Grand-Quevilly que ce genre de chose est possible. Les vendeuses sont les placeuses, démodées elles aussi, vêtues de vestes et de pantalons noirs inesthétiques et asexués, le chignon strict bien serré. Cela en accord avec la majorité du public d’ailleurs, vieillissant et endormi. Cela sent la France d’autrefois.

Retour de l’artiste qui reprend ses explications, tous ses retours sur le passé qui le vieillissent énormément et dont vraiment il devrait d’abstenir. Heureusement il chante aussi. Mais très vite nous présente un auteur compositeur débutant qu’il parraine. Hélas, ce jeune homme chante exactement le même genre de chansons que lui et de la même façon que lui. Ouf, l’intermède se termine, William Sheller chante à nouveau et comme c’est bon de se laisser emporter par ses chansons.

Par michel perdrial
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Vendredi 8 décembre 2006

Miossec, je t’aime trop pour te reprocher les fautes de syntaxe dans les chansons de tes disques précédents mais là vraiment tu exagères en t’appropriant dans La facture d’électricité le « Ne me secouez pas, je suis plein de larmes », d'Henri Calet, ce propos désespéré que l’on trouve à la fin de Peau d'ours, son dernier livre, inachevé.

Non, ne me dis pas, Miossec, que tes auditeurs l’entendront comme une citation et la rendront d’eux-mêmes à son propriétaire. Combien, crois-tu, connaissent Henri Calet, combien savent que c’est l’un des meilleurs écrivains français du vingtième siècle.

Allez, tu peux encore payer la facture, Miossec, qu’attends-tu pour distribuer à l’issue de tes concerts, les livres d’Henri Calet : La Belle Lurette, Le Tout sur le tout, L’Italie à la paresseuse, Rêver à la Suisse, Monsieur Paul et bien d’autres. Gratuitement bien sûr. Tu verras, tu te sentiras mieux quand tu te seras libéré de ta dette.

Par michel perdrial
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Lundi 8 janvier 2007

Avec le fichu système de réservation du Rive Gauche, pas eu la possibilité d’avoir une place pour la venue de Jacques Higelin, le dix-neuf janvier deux mille sept. Le douze octobre deux mille six, je m'adressais au maire de Saint-Etienne-du-Rouvray à ce sujet. Il n’a pas jugé utile de me répondre. Voici donc, sous forme de lettre ouverte, ce que je lui écrivais : 

 

Objet : Système de réservation du Rive Gauche.

 

Monsieur le Maire,

             Je viens par cette lettre regretter de n’avoir pu cette année encore (une telle déconvenue m’étant déjà arrivée l’an dernier) m’abonner au Rive Gauche pour y voir les spectacles de mon choix.

           Je ne verrai donc pas Jacques Higelin puisque je n’ai réussi à joindre téléphoniquement le théâtre que le 14 septembre (les jours précédents la ligne était volontairement hors service) et bien sûr il était trop tard.

            Le Rive Gauche est la seule salle de concerts de la région à obliger ses futurs abonnés (s’ils veulent avoir une chance de voir leurs souhaits se réaliser) à se déplacer physiquement et à les contraindre de faire une queue interminable devant le théâtre. Impossible de réserver par courrier, mail ou téléphone avant que ne s’épuise la longue file d’attente. Il s’agit là d’un avantage donné aux oisifs qui peuvent consacrer une partie de leur journée à s’approcher lentement du guichet. Première injustice.

 

            Deuxième injustice: je sais par témoignage d’un des bénéficiaires qu’un intermittent du spectacle lié au Rive Gauche a pu réserver (sans faire la queue bien sûr) pour des amis à lui 6 places pour la soirée Jacques Higelin.

            Je comprends qu’il soit impossible à une salle de capacité moyenne comme le Rive Gauche d’accueillir tous ceux qui désireraient voir Jacques Higelin mais je conteste vivement la façon dont sont sélectionnés les privilégiés. Et je souhaiterais qu’à l’avenir un autre système de réservation soit mis en place (comme au Hangar 23, au Trianon Transatlantique ou à l’Opéra de Rouen) qui mette tous les spectateurs potentiels sur un plan d’égalité et  donc de ne plus s’en tenir à l’alternative inégalitaire actuelle: piétinage ou copinage.

            Je vous prie d’agréer, monsieur le Maire, l’expression de mes salutations distinguées.

                                                Michel Perdrial

Copie de cette lettre à

Monsieur le Président du Conseil Régional

Monsieur le Président du Conseil Général

Jacques Higelin

 

             Seul Alain Le Vern, président de la Région Haute-Normandie, m’a répondu le six novembre deux mille six pour me signaler que la Région ne subventionne pas la venue « des artistes internationaux comme Jacques Higelin » et ajoutant :

            « S’agissant de l’organisation des spectacles, ce centre culturel relève de la commune de Saint Etienne du Rouvray ; il lui appartient donc d’en assurer la gestion. Votre intervention auprès de Monsieur le Maire est donc tout à fait opportune. »

            Oui mais Monsieur le Maire de Saint-Etienne-du-Rouvray ne répond pas au courrier qu’on lui adresse.

Par michel perdrial
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Samedi 20 janvier 2007

Comme je le racontais ici le huit janvier dernier, je n’avais point l’espoir de voir Jacques Higelin cette année au Rive Gauche en raison du système d’abonnement injuste ayant cours dans cette salle (ma lettre au maire de Saint-Etienne-du-Rouvray à ce sujet, toujours sans réponse) et puis jeudi matin, suite à un désistement que je ne raconterai pas ici, voici que la situation change et qu’Higelin au Rive Gauche, oui oui.

Toujours en forme l’artiste, higelinesque en diable, commençant « au minimum » pour bientôt prendre son envol, « tomber du ciel » et se rattraper au branches ; justifiant sa « réputation d’équilibriste », un petit verre de vin rouge pas loin, ses lunettes posées n’importe où, un chien entrant en scène côté jardin et vite rattrapé ; ne sachant pas (Higelin, pas le chien) les paroles des chansons de son dernier disque (vraiment très bien ce nouvel opus) ; se plantant au piano, s’arrêtant, recommençant ; racontant n’importe quoi, parlant par exemple des femmes de France Culture qui posent des questions sur les Esquimaux et en arrivant au projet d’aller « niquer les otaries » ; bref faisant le Jacques comme lui seul sait le faire.

Grand succès évidemment et spectateurs debout. Au deuxième rappel, revient seul pour une ultime et très belle chanson, inconnue de moi, évoquant le parc Montsouris. Un dernier salut et la promesse de continuer à chanter jusqu’au bout de sa vie, promesse de vieux jeune homme en pleine possession de ses moyens, promesse faite devant des spectateurs enchantés, dont certains ont le même âge que lui et contrastent tristement, avec leur aspect de retraités bedonnants et ankylosés ayant renoncé à vivre, est-ce qu’ils s’en rendent seulement compte?

Comme chaque fois que j’ai le plaisir de le voir, je pense à mon propre avenir, c’est sûr je suis sur la pente descendante, avec dix ans de retard sur lui. Sur ce Jacques Higelin qui se tient encore si bien et qui fait la démonstration qu'avoir un âge avancé n’est pas toujours la ruine, pour cela aussi il m’est bénéfique.

Par michel perdrial
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Mercredi 24 janvier 2007

Demi-salle pour Joseph d’Anvers hier soir au Trianon Transatlantique, ce jeune chanteur filiforme dont je ne connaissais rien, pas même entendu une de ses chansons à la radio, ma curiosité l’a emporté et m’a conduit ici.

Première chanson, si je ferme les yeux je crois être en présence de Dominique A, même voix, même façon de chanter, même univers musical. Une impression qui revient à plusieurs reprises au cours de ce court concert. Que j’oublie parfois lorsqu’il chante des ballades, un harmonica fixé sur les épaules. Si bien que je finis par penser que j’ai peut-être mal entendu. Et puis le voilà qui revient pour son ultime rappel et qui nous annonce une reprise de quelqu’un qu’il aime beaucoup.

Dès les premières notes, je me dis que je connais ça, et dès les premières paroles, je reconnais Le courage des oiseaux de Dominique A. Oh la la, Joseph, tu ne devrais pas faire ça.

Par michel perdrial
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