Début de soirée samedi soir, après avoir dîné dans le jardin où nous parviennent des échos de musique irlandaise, elle et moi nous lançons dans le son. C’est la Fête de la Musique et nous nous souvenons de celle de l’an dernier à Annecy, puis à Genève où les festivités duraient trois jours.
Nous allons au hasard, fuyant comme la peste le rock bourrin toujours bien représenté en cette circonstance. Place du Lieutenant-Aubert, c’est un autre rock qui nous est offert avec les jeunes gens du groupe Wacky Walrus et leur chanteuse bien douée. Hélas, la petite en est à ses dernières chansons et nous partons de là un peu frustrés.
Sur le terrain de boules du Son du Cor, nous trouvons une autre fille et ses musiciens, perruque verte sur moquette verte, Hélène et les Garçons coiffeurs, c’est la sœur de Marcel et son Orchestre, c’est dire si on trace.
Un peu plus loin, on croise le mec qui était bourré la semaine dernière. C’est lui qui le dit, et il a un certain nombre de copains et de copines.
-Le métal c’est mon enfance, s’épanche un autre derrière nous.
On arrive place Saint-Marc où je sais trouver un bon groupe de percussion dont les frappeurs hélas se mettent bientôt en pause. Pas loin d’eux, une scène est dédiée à la musique râpeuse, on file.
Noue retournons place du Lieutenant-Aubert entendre les quatre jeunes garçons qui ont pris la suite de Wacky Walrus. Je ne sais pas leur nom mais c’est de la bonne musique, avec chanteur à l’aise, quelque peu dandy. Des compositions personnelles et une reprise du Velvet Underground et on y va.
Rue Saint-Nicolas, nous croisons une petite bourrée. Ce sont les vielles à roue du groupe Galaor. Un peu ça va. Néanmoins, dis-je à celle qui m’accompagne, si sur une île déserte je n’avais comme choix de musique que la bourrée ou le rap, je choisirais la première.
Sous les ruines du Palais des Congrès, un groupe de rigolos chante « Tu peux te lécher le coude », tout juste bon pour une fin de soirée étudiante et il y a percudanse devant le lycée Saint-Saëns, un peu trop au point, cela sent le spectacle pour lequel on a répété toute l’année.
Devant la bouquinerie d’Elisabeth Brunet est installé Zouk Zombies for fat Mamas, je commence à me perdre dans mes notes, je ne sais plus si c’est eux qui chantent Téléphone avec des perruques rouges, ce qui est sûr c’est qu’un peu plus loin d’autres nommés Hydroxyde chantent, mal, Indochine.
Rue de l’Hôpital, quatre enfants de Marie répandent de la chanson pieuse. Allez Louia ! ce que fait aussi à sa manière plus rodée un groupe de gospel, place de l’Hôtel de Ville. Nous poursuivons jusqu’au bistrot du Pont de l’Arquet, devant lequel il y a musique fanfaronne, retour ensuite aux envoûtantes percussions de la place Saint-Marc qui incitent certain(e)s bien doué(e)s à se lancer dansant dans le rond central.
Ça commence à bien faire, on rentre, nous faisant un chemin parmi de plus en plus de mecs qui étaient bourrés la semaine dernière.
C’est une bonne soirée mais pas de découverte aussi excitante que l’an dernier à Annecy où nous étions restés scotchés devant les Fils de William, une musique déjantée, un chanteur fou, deux délicieuses chanteuses sortant du couvent des Oiseaux, Ludivine et Ségolène, « bonjour, je m’appelle Cindy et j’aime les dauphins ».