Danse

Samedi 27 janvier 2007 6 27 /01 /2007 11:15

Danse, hier soir, à l’Opéra de Rouen, avec le ballet du Grand Théâtre de Genève, trois chorégraphies : Para-Dice de Saburo Teshigawara, Selon désir d’Andonis Foniadakis et Loin de Sidi Larbi Cherkaoui. Ma préférence pour la deuxième, plus inventive.

Ça plait évidemment, à moi comme à tout le monde et c’est bien le problème, cette unanimité. Tout cela est bien trop sage. Cette danse contemporaine est bien trop classique. On ne pourra jamais compter sur les Suisses pour faire la révolution.

            Encore une occasion de se plaindre du remplacement de Laurent Langlois par Daniel Bizeray comme directeur général et programmateur. Pas fini de regretter le temps où les chorégraphies d’Anne Teresa De Keersmaeker, de Jan Fabre, de Maguy Marin, de Mathilde Monnier ou de Boris Charmatz faisaient quitter la salle à certains bons bourgeois rouennais, effrayés de ce qu’ils voyaient ou entendaient.

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Jeudi 15 février 2007 4 15 /02 /2007 11:00

            Hier donc Saint-Valentin, après petits cadeaux échangés et chinoiseries culinaires, en route pour l’Opéra de Rouen où les Ballets de Monte-Carlo donnent Cendrillon. Avec le bon espoir que cette soirée rattrape les déceptions précédentes car la scénographie est signée Ernest Pignon-Ernest, qui justement toute la semaine est l’invité de France Culture pour l’émission A voix nue, et parce que l’une des sœurs de Monaque (Caro, je crois) est férue de danse contemporaine.

            Affreuse déception, la musique atroce de Sergeï Prokofiev, mélange de soviétisme et de romance américaine, la chorégraphie néo classique frisant le ridicule de Jean-Christophe Maillot et la scénographie sans idées d’un Ernest Pignon-Ernest méconnaissable concourent à une kitcherie qui aurait pu être signée Walt Disney. Cela à la grande joie de la majorité du public.

            Mais enfin quoi Ernest ? Tu avais besoin d’argent ?

            Il s’est quand même passé quelque chose d’un peu intéressant durant le spectacle, un programme s’est envolé du deuxième balcon, a survolé le premier et s’en est allé mollement choir sur un spectateur de l’orchestre

            Qu’ajouter ? Que cette soirée se déroulait sous la présidence de Son Altesse Royale la Princesse de Hanovre (bien sûr), avec le soutien de la Société Générale (bien sûr, bien sûr) et que Jean-Christophe Maillot a été nommé Chevalier dans l’Ordre de Saint-Charles par Son Altesse Sérénissime, le Prince Albert Deux de Monaque (il le méritait bien).

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Mercredi 21 mars 2007 3 21 /03 /2007 09:35

        Peu de spectateurs hier soir à l’Opéra de Rouen pour la danse contemporaine, je croise deux lycéennes qui m’annoncent fièrement qu’elles ont eu des places gratuites. Quand les portes se ferment, la jauge des spectateurs ne monte qu’à la moitié du premier balcon. Eh oui, c’est de la danse contemporaine et le même soir le Hangar Vingt-Trois en propose également avec Perle, une chorégraphie de Juha Marsalo.

            C’est encore Dominique Boivin de la compagnie Beau Geste qui s’y colle avec Pascale Houbin de la compagnie Non de Nom, Ni d’ève, ni d’adam, un homme, une femme, adam et ève en leur paradis terrestre peuplé d’animaux empaillés (publicité subliminale pour la réouverture du Muséum d’Histoire Naturelle local) et de panneaux de circulation (c’est de quel côté l’aventure humaine ?).

            Le montage sonore signé Pierre Chopinot est fait de bric et de broc. L’homme et la femme dansent. Je m’ennuie un peu. Tiens, Boris Vian chanté par Nana Mouskouri, il faudra que je réécoute cette chansonnette.

            C’est fini. Le public applaudit mollement. Je pense à la place gratuite pour Perle à moi envoyée (comme à tous ses abonnés) par le Hangar Vingt-Trois. J’ai bien peur d’avoir fait le mauvais choix, cela me ressemblerait assez.

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Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /2007 11:18

            Danse au Hangar Vingt-Trois, Un champ de forces par la compagnie Heddy Maalem, douze interprètes, quatre Asiatiques, quatre Africains, quatre Européens, un homme et trois femmes dans chaque groupe. Sur le programme des déclarations assez nuageuses du chorégraphe d’où il ressort que « s’il y a une urgence dans le siècle c’est bien celle du ralentissement de la ruée générale vers le Rien », je ne peux qu’être d’accord, mais je ne trouve pas grand-chose non plus dans son spectacle. C’est joliment bougé.

            On passe du groupe dans son entier aux quatre Asiatiques puis aux quatre Africains puis aux quatre Européens puis aux trois garçons puis aux neuf filles et retour au groupe dans son entier, aucune surprise, aucune vraie nécessité dans tout cela, je m’ennuie un peu.

            Après les applaudissements, je me retourne pour voir à quoi ressemblent les deux femmes qui, au tout début, alors que la scène était plongée dans une quasi obscurité et que le premier danseur s’y déployait, gloussaient en se demandant s’il était tout nu. Avoir plus de quarante ans et ricaner à l’idée d’un homme nu sur une scène, ces deux femmes doivent avoir (ou avoir eu) une sexualité épanouie.

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Vendredi 19 octobre 2007 5 19 /10 /2007 11:27

            Un bien méchant siège, le strapontin A Dix-Neuf Bé de l’Opéra de Rouen, où je pose mes fesses pour y voir la troupe Europa Danse. Je ne peux quand même pas prétendre à une bonne place chaque fois, je fais contre mauvaise fortune bon cul.

            Europa Danse est de passage avec ses jeunes danseurs et danseuses âgé(e)s de seize à vingt et un ans. Ils et elles ont été sélectionné(e)s (comme chaque année) parmi les meilleur(e)s élèves des conservatoires et écoles privées d’Europe et installé(e)s en résidence à Chartres pour y mettre sur pied le programme de ce jeudi soir : Picasso et la danse.

            Ces filles et ces garçons de Finlande, de France, d’Italie, d’Espagne et de Belgique (petit morceau d’Europe donc), avec toute l’énergie et l’enthousiasme des débutant(e)s, fêtent Picasso, cet immigré catalan présenté parfois comme un artiste français (un immigré qui réussit en France est un Français), fêtent également Serge de Diaghilev et ses Ballets Russes.

            Le programme est divisé en deux parties bien distinctes.

           Les élèves des conservatoires européens dansent d’abord Parade (argument : Jean Cocteau, musique : Erik Satie, rideau, décor et costumes : Pablo Picasso), une chorégraphie de Léonide Massine remontée par Susana Della-Pietra aidée par Lorca Massine, c’est cubiste et forain et je dois dire que je regrette moins mon strapontin qui me permet de voir de près l’époustouflante nymphette en costume marin et à grand nœud blanc sur la tête, puis Pulcinella (musique : Igor Stravinsky d’après Pergolèse, décors et costumes : Pablo Picasso) dans une chorégraphie nouvelle d’Ana Maria Stekelman, enfin Mercure (musique : Erik Satie, rideau, constructions scéniques et costumes : Pablo Picasso) dans une chorégraphie nouvelle de Thierry Malaindain. Tout ça tout à fait à mon goût.

            Maintenant, c’est au tour des élèves de l’Ecole de Flamenco du Conservatoire Royal de Madrid de faire le spectacle pour Cuadro Flamenco, suite de danses andalouses sur des musiques et des chorégraphies traditionnelles remontées par Beatriz Martin et Ricardo Franco (décors et costumes : Pablo Picasso) En mil neuf cent vingt et un, m’apprend le programme, Serge de Diaghilev, Igor Stravinsky et Boris Kochno ont fait un voyage à Séville afin d’y trouver une idée pour la saison des Ballets Russes. Ils ne se sont pas foulés : ils ont ramené avec eux des danseurs de flamenco pour un programme de danses andalouses traditionnelles.

            Le flamenco, je suis d’emblée bluffé et ensuite je trouve ça longuet. Je ne suis pas fait pour le folklore et ce soir j’ai des circonstances aggravantes : ça fait plus d’une heure et demie que je suis assis sur ce foutu strapontin.

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Dimanche 4 novembre 2007 7 04 /11 /2007 15:27

            L’automne, c’est en Normandie, et ailleurs aussi, je le vois bien avec celle qui m’accompagne de Sarthe en Anjou et d’Anjou en Mayenne, dans la France profonde où les arbres jouent de leurs couleurs de saison.

            Une dernière nuit dans une chambre d’hôtes au hameau de Montaigu à Hambers et on rentre car, sans prendre garde que ce spectacle a lieu pendant les vacances scolaires, j’ai réservé deux places pour la soirée Nighshade/Belladonne organisée par Automne en Normandie au Hangar Vingt-Trois. Il faut mettre fin à une semaine pérégrine pour être à Rouen ce samedi soir.

            Une escale à Lassay-les-Châteaux, promenade autour de l’étang près de la principale forteresse puis dans la roseraie, tiens Victor Hugo a passé une nuit là à l’hôtel avec Juliette Drouet, café au coin de la rue, le titre de Ouest France, ce jour, vaut ceux de Paris Normandie : « Pêcheurs : la grogne fait tache d’huile ».

            C’est prévu de déjeuner, au soleil, de pommes et de gâteaux et puis tout à coup, près de Camembert, sur la route une pancarte : Ferme Auberge, première à gauche. Il est près de quatorze heures, ce serait bête de ne pas tenter le coup. Je bifurque.

            -Je sais qu’on arrive un peu n’importe comment et à n’importe quelle heure, dis-je à l’accorte fermière.

            Elle veut bien de nous cependant, et dresse une table pour deux à notre intention. Galette de camembert, quiche au livarot, canard aux pommes, fromages de pays, bourdin aux pommes et charlotte aux noix, un peu de vin d’Anjou ; un bien bon repas fermier qui nous permettra ce soir de ne dîner que d’une pomme.

            Repus et contents, nous quittons la Ferme Auberge du Haut de Crouttes où ont lieu de temps à autre des repas de gibier avec « pour le plaisir des oreilles », nous dit notre hôtesse, des trompes de chasse. Le prochain est pour bientôt et ce sera sans nous.

            Un dernier arrêt à Orbec qui, selon de panneau à l’entrée, « vaut le détour » et où on doit s’ennuyer à mourir et nous voici de retour à Rouen.

            Au quatrième rang du Hangar Vingt-Trois, elle est à ma droite, près d’elle un branlotin accompagné de sa tante.

            -Nous sommes au théâââtre, lui dit elle, Cela te sortira de ton monde.

            Son monde, ici, se résume à son téléphone qu’il bidouille fiévreusement.

            Nighshade/Belladonne, c’est l’œuvre de huit chorégraphes qui brodent sur le strip-tize avec huit professionnel(le)s du genre comme interprètes. La déception est à la hauteur de l’attente, les huit tableaux sont trop dissemblables pour y voir autre chose qu’une succession de variations plus ou moins besogneuses sur sujet imposé. Et quelques-uns de ses tableaux sont franchement navrants, la strip-tizeuse qui s’adresse au public « alors tu veux que je fasse un truc moi aussi, t’es venu pour ça hein ? », la queue qui se dresse en gros plan sur le rideau pendant qu’une autre fille se déshabille, la grosse fille qui disserte sur la libération sexuelle avant d’offrir son strip-tize burlesque, grotesque serait plus exact, pourquoi donc c’est toujours la grosse qui doit faire rire (et de quel rire) le public ?

            Le branlotin à côté de celle qui m’accompagne mérite plus que jamais son nom, il se désole qu’ « elle se soit pas déshabillée tout entière » (sa tante : « c’est déjà bien, on a vu ses fesses ») et se trémousse tellement qu’un spectateur devant lui se retourne et lui enjoint de se calmer un peu.

            Je sais où devrait se tenir ce spectacle. A la Ferme Auberge du Haut de Crouttes, un soir de fête de la chasse, succès assuré, et nous deux qu’est-ce qu’on fait là ? c’est bien la peine d’être revenus si vite du fin fond de la Mayenne.

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Lundi 5 novembre 2007 1 05 /11 /2007 17:02

            Une soirée à thème ce dimanche au Théâtre des Deux Rives à Rouen, soirée organisée par Geneviève Vincent pour le festival Automne en Normandie sous le titre Corps et identité politique. Il est là question notamment du mouvement quouire, mais pas seulement.

            Cela commence par une conférence d’Elsa Dorlin, philosophe et maître de conférence à Paris Un. Elle déploie le parallèle entre construction du racisme et construction de l’identité sexuelle, un raisonnement qui me séduit autant qu’il me semble douteux. Je suis bien loin d’en savoir autant qu’elle sur Sexe, genre et sexualité. Elle a écrit un livre La Matrice de la race, généalogie sexuelle et coloniale de la nation française, un titre pas très engageant, paru aux Editions de la Découverte.

            Suit une vidéo de Raphaël Vincent Ruins qui trace les communautés quouires autonomes un peu partout en Europe, formel et esthétique, un peu lassant.

            Un kir au bar et c’est reparti avec Merci, performance d’Antonia Baehr, chorégraphe, metteuse en scène, performeuse et cinéaste berlinoise et de sa complice Valérie Castan. Un long jeu cérébral sadomasochiste, fascinant, troublant, autant par le jeu que par la personnalité de ses deux interprètes de sexe indéterminé.

            Nouvel entracte et c’est la chorégraphie de Michèle Murray et Maya Brosch Kings and Queens, cinq personnages unisexués à talons hauts errent dans un monde déshumanisé tout droit sorti des séries télévisées, des jeux de rôles et des chansonnettes sentimentales. Se joue là le jeu de l’amour sans amour et des mots dépourvus de sens, tout à fait plaisant.

            Cela se termine par une vidéo bien sanglante signée Brice Dellsperger, la numéro vingt et un de sa série Body double. Dans cette série, ce vidéaste fait rejouer à plusieurs acteurs et actrices des scènes de film bien connus. Ici c’est un suicide de travesti en baignoire, tiré d’un film dont j’oublie le nom. Gros plan sur veine tranchée et un tiers de la salle prend la fuite, à commencer par deux vieilles femmes derrière moi, dont l’une en oublie presque son sac.

            En général, je ne reste pour les débats qui suivent, je fais exception ce soir et je le regrette, rien d’intéressant dans les propos échangés, un questionneur un peu maladroit, une jeune fille qui s’épanche, une animatrice, Geneviève Vincent, cassante et malhabile, et des artistes qui ne répondent pas vraiment, heureusement certaines doivent prendre un train et ça s’arrête là.

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Dimanche 18 novembre 2007 7 18 /11 /2007 15:28

            Danse et théâtre, vendredi soir, à l’Opéra de Rouen pour Myth de Sidi Larbi Cherkaoui, présenté pour le festival Automne en Normandie, j’y suis, en corbeille, tout au bout de l’avant-dernière rangée, une méchante place, parfaite pour voir les spectateurs d’en face, pas du tout faite pour voir le plateau. Je peux heureusement me décaler un peu grâce à l’absence de spectateurs de la rangée précédente. C’est mieux, je vois les musiciens déjà installés sur une plateforme au-dessus de la bibliothèque qui compose une partie du décor ; à droite de la bibliothèque et des musiciens une immense porte, fermée.

            Sur scène, des comédiens à physique particulier et des danseurs acrobates et contorsionnistes, les premiers jouent des personnages en attente dans une zone non définie, peut-être le purgatoire, un militaire d’opérette, une attardée mentale, une intellectuelle anglophone, une travestie noire, les seconds, de noir vêtus, sont les doubles ou les fantômes ou les ombres des premiers qu’ils imitent, accompagnent, persécutent, menacent, aident, selon le moment, caracolant, gambadant, rampant, cabriolant, escaladant le décor. Tout cela sur une musique médiévale jouée par l’Ensemble Micrologus de Patrizia Bovi (laquelle chante d’une voix magnifique). Les personnages s’expriment en français, flamand et anglais (ce dernier surtitré sur le décor). Sporadiquement, elles et eux racontent ce qui a brisé leur vie et les a amenés là. L’histoire alterne entre comique et tragique, passant de l’univers de la Divine Comédie à celui du Magicien d’Oz. Les portes vont-elles s’ouvrir ? On peut attendre longtemps ici, la présence de deux squelettes le montre bien.

            Deux heures de spectacle ininterrompu et pas une minute je ne m’ennuie, la chorégraphie pleine d’invention, les bribes de texte emplies de violence, la musique qui me fait songer parfois à Malicorne, tout m’enchante.

            Quand la porte s’ouvre, laissant le passage à un individu plus ou moins christique qui emmène personnages et parts d’ombre (sauf la travestie qui préfère continuer à lire dans cette salle d’attente et sa part d’ombre qui ne peut la quitter), je fais partie de celles et ceux qui applaudissent bien fort. D’autres applaudissent poliment et commentent bruyamment :

            -Cela m’a semblé interminable.

            -Une soirée de perdue.

            -Heureusement qu’il y avait la musique.

            -Qu’est-ce que c’était chiant !

            Quand ces derniers sont contents, je suis mécontent ; quand ils sont mécontents, je suis bien content.     

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Jeudi 29 novembre 2007 4 29 /11 /2007 10:42

            Mardi soir, à l’Opéra de Rouen, où le festival Automne en Normandie programme Menske de Wim Vandekeybus en création française. Evidemment, ça déménage avec cet ancien élève de Jan Fabre. Les danseurs et danseuses de sa troupe, Ultima Vez, viennent de tous pays et sont aussi comédiens et comédiennes. Cela se joue en anglais. C’est surtitré en fond de décor mais d’où je suis placé (mal), et avec les fumigènes et les décors mouvants, je suis souvent privé de comprendre (j’ai appris l’anglais au collège et au lycée avec des professeurs mauvais).

            Ce que je peux dire, c’est que des individus sont dans un monde perdu et perdus eux-mêmes. C’est exactement comme dans la vie, celle de la plupart des vivant(e)s d’aujourd’hui, mais pas forcément celle que vivent les abonné(e)s de l’Opéra. Ce pourquoi certain(e)s prennent la fuite en cours de spectacle et bien avant le moment où les sacs poubelle volent au-dessus de leur tête. Cela me rappelle le bon temps de la direction de l’Opéra de Rouen par Laurent Langlois et sa programmation des meilleur(e)s chorégraphes contemporains, belges notamment.

            De bien excitants moments dansés dans ce Menske, interprètes attaché(e)s a de câbles et s’entrecroisant à grande vitesse, corps des filles utilisés comme des armes lors de combats  singuliers, je suis de ceux qui sont contents à la fin. D’autres boudent ou trouvent cela « trop sombre ». D’autres encore, jeunes et venu(e)s en groupe crient leur enthousiasme, elles et eux savent bien dans quel monde on vit en ce début de vingt-et-unième siècle.

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Samedi 26 janvier 2008 6 26 /01 /2008 11:25

            Des billets, j’en rends au guichet de l’Opéra de Rouen pour des raisons diverses, celui de Pour un oui, opéra de Kurt Weil et Bertolt Brecht, c’est à la suite de la diffusion d’un extrait sur France Trois Normandie, me suis dis que je ne pourrais pas supporter cet instituteur chantant et ses élèves aux refrains emplis de bons sentiments.

            Cependant, il faut aussi que je rentabilise mon abonnement. Ce qui m’amène ce vendredi soir à assister à Roméo et Juliette dansé par les ballets de Monte-Carlo, sous la Présidence de Son Altesse Royale la Princesse de Hanovre et avec le soutien de Céheffème Private Banking, de Suisscourtage Assurances, des Thermes de Monte-Carlo, des montres Rolex et du Gouvernement Princier. Je sais bien que ça ne va pas me plaire. Je me souviens de Cendrillon, donné l’an dernier par les mêmes.

            N’empêche que vaillamment je supporte pendant plus de deux heures la musique soviétique de Prokofiev, écrite avec une faucille et un marteau, descriptive et laborieuse, et la gestuelle convenue des danseurs et des danseuses, illustrative et répétitive. Ah ! l’emploi du ralenti pour les scènes de violence et le clin d’œil au public lors de la scène d’amour entre Juliette et Roméo (on nous regarde, vite tirons le drap, il y en a encore que cela fait rire à Rouen).

            Evidemment, cela se termine dans un tonnerre d’applaudissements auquel j’ajoute le mien, faible mais poli.

            Ce que je ne comprends pas, c’est ce que vient faire Ernest Pignon-Ernest dans cette entreprise ; il signe la scénographie, sobre et banale. Ce n’est pas sa première collaboration avec les ballets monégasques et je n’arrive pas à raccorder ce travail avec les pratiques artistiques pour lesquelles il est connu. S’agit-il seulement de se faire de l’argent ? Sur son site officiel, pas un mot de cette activité, sur sa page Ouikipédia, non plus.

            Je regrette de n’avoir pas pensé à lui poser la question lorsque je l’ai rencontré à l’Hihueffème de Mont-Saint-Aignan, il y a peu. Je vais le faire par écrit.

Par michel perdrial - Publié dans : Danse
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