Dimanche 12 novembre 2006
7
12
/11
/2006
20:55
Concert au Théâtre des Arts avec l’orchestre de l’Opéra de Rouen dirigé par Reinbert De Leeuw. Au programme: Octandre d’Edgar Varèse, Concerto en ré et Danses concertantes d’Igor Stravinsky, Concerto pour violoncelle de Paul Hindemith et Le Bœuf sur le toit de Darius Milhaud. Cela bavarde dans les rangs en attendant les musiciens. Le meilleur moment pour aller en Corrèze ? La première semaine de novembre. Il y fait un temps magnifffiiiique.
Retour à la nuit par la cathédrale. Le parvis encombré par les cabanes des futurs marchands de Noëlleries. Un yaourt explosé sur les pavés, ça ressemble à du sperme d’éléphant, dans lequel pas mal ont marché.
Devant chemine un homme solitaire, le programme du concert à la main, il chante Darius Milhaud, rue Saint-Romain. C’est comme ça parfois, tu vas au concert et tu reviens avec un bœuf sur la langue et du sperme d’éléphant sous la chaussure.
Par michel perdrial
-
Publié dans : Opéra et Classique
0
-
Recommander
Jeudi 16 novembre 2006
4
16
/11
/2006
10:35
Musique baroque hier soir au théâtre des Arts avec le Collegium Vocale de Gand pour quatre cantates de Johann Sebastian Bach. Un chef gris souris, des musiciens qui semblent s’emmerder prodigieusement, de bons chanteurs évidemment. Je n’ai pas beaucoup de goût pour la musique baroque, on sent trop derrière le paysan avec son flûtiau. Un avis qui doit être très minoritaire si l’on en juge par le nombre des auditeurs. Beaucoup de monde, jusqu’en haut du deuxième balcon. De nombreux médecins dans le public, de tous les partis politiques, jusqu’à la Ligue Communiste Révolutionnaire. Pas mal de leurs malades aussi: bronchiteux, catarrheux et autres tousseux.
Par michel perdrial
-
Publié dans : Opéra et Classique
0
-
Recommander
Samedi 18 novembre 2006
6
18
/11
/2006
11:51
Mendelssohn et Schumann, vendredi soir au théâtre des Arts, des bourgeois de Bois-Guillaume se saluent : « Ah, on se rencontre à la messe, on se rencontre au concert! ». Les uns placent leur Bertrand près de la Caroline des autres, il faut songer à la reproduction de l’espèce.
L’orchestre de l’Opéra de Rouen est dirigé par l’énergique et vibrionnant Paul Mac Creesh et accueille pour le concerto de Robert Schumann le violoncelliste Marc Coppey, virtuose qui se passe aisément de partition. Comme le dit sans rire Gilles Macassar dans Télérama : «Conciliant geste chorégraphique et parole rhétorique, robustesse terrienne et lévitation spirituelle, le jeu de Marc Coppey déborde d’une vitalité jubilante.»
Auparavant, cinéma coréen au Gaumont République, avec Memento Mori de Min Kyu-dong. Un lycée de jeunes filles, un journal intime égaré, deux filles qui s’embrassent sur la bouche, un beau déchaînement de pulsions érotiques sur fond de mal-être et de peur de l’avenir, une illustration bien réussie des chimères adolescentes côté filles, avec de délicieuses et troublantes actrices, Kim Min-sun dans le rôle de Min-ah.
Memento Mori, souviens-toi que tu dois mourir, une maxime qu’il n’est pas utile de me rappeler, surtout depuis la mort soudaine d’un de mes frères à La Rochelle il y a onze ans, alors que je lisais l’ouvrage de Muriel Spark intitulé lui aussi Memento Mori.
Par michel perdrial
-
Publié dans : Opéra et Classique
0
-
Recommander
Mercredi 22 novembre 2006
3
22
/11
/2006
09:03
Une bonne drache, comme on dit dans le Nord, sur le chemin du théâtre des Arts et trempé malgré le parapluie pour écouter Nora Gubisch chanter Schumann, Ravel, Duparc et Brahms. Elle est accompagnée au piano par Alain Altinoglu. Bien. Évidemment. Qu’en dire de plus? L’avantage du récital lyrique c’est que ça ne dure pas trop longtemps, l’artiste ayant à ménager sa voix.
Et pour ce soir c’est même parfait car juste le temps de rejoindre le Gaumont République où s’achève la projection du dernier film présenté pour l’Agora du Cinéma Coréen et s’inviter au cocktail de clôture. Petits fours et champagne offerts par le Conseil Général. A l’année prochaine, on l’espère.
Par michel perdrial
-
Publié dans : Opéra et Classique
0
-
Recommander
Lundi 4 décembre 2006
1
04
/12
/2006
08:45
Concert d’après-midi hier dimanche à l’Opéra de Rouen où Oswald Sallaberger faisait son retour comme chef d’orchestre avec cette manière de diriger typiquement sienne, moitié raideur autrichienne, moitié légèreté féminine.
Mozart au programme en première partie, de la musique qui coule toute seule et qui, dit-on tout près de moi, raconte des histoires.
Après l’entracte, Oswald Sallaberger juge bon de s’adresser à la salle pour l’éclairer sur la symphonie de Webern qui va suivre. Il s’agit de musique dodécaphonique, d’avant-garde de mil neuf cent vingt-et-un, de petites gouttes tombant d’un glacier en train de fondre.
Le public de dimanche après-midi applaudit comme il convient la douche froide puis se réchauffe avec la symphonie Les adieux de Haydn pendant laquelle, au dernier mouvement, chaque musicien à son tour quitte la scène ne laissant pour finir qu’un chef d’orchestre seul et désemparé.
Certains spectateurs pressés, sans doute encouragés par ce qu’ils viennent de voir, quittent la salle avant les applaudissements et les rappels d’usage, c’est vrai qu’il est bientôt l’heure de la soupe.
Par michel perdrial
-
Publié dans : Opéra et Classique
0
-
Recommander
Samedi 9 décembre 2006
6
09
/12
/2006
09:31
Avis de tempête sur l'agglomération rouennaise. Albert (tiny), maire de Rouen, fait fermer le Marché de Noël. Un arrêté est signé, la police municipale est sur place, les commerçants sont régulièrement informés. Le montage du village du Téléthon, place du Vieux Marché, est différé. Les services techniques de la ville se tiennent en alerte prêts à intervenir pour d'éventuelles chutes d'arbres ou de pierres. Bref, pas une journée à laisser son violon sur le toit.
Et pourtant il s’agit bien d’affronter les bourrasques et les averses, bien moindres d’ailleurs que celles prévues par les services météorologiques, pour aller voir et écouter Un violon sur le toit au théâtre des Arts qui s’ouvre cette année à la comédie musicale. Bonheurs et malheurs de la communauté juive bousculée par ses filles et tourmentée par les antisémites. Humour, danses et musique pour échapper à la misère et à l’injustice. Des rires et des larmes et une bonne soirée dont on revient content et sans avoir reçu sur la tête arbre, pierre ou violon.
Par michel perdrial
-
Publié dans : Opéra et Classique
0
-
Recommander
Jeudi 14 décembre 2006
4
14
/12
/2006
09:13
A la Halle aux Toiles, hier soir, pour y entendre au clavecin Les Variations Goldberg de Johann Sebastian Bach par le jeune Benjamin Alard, il y a peu élève du conservatoire de Rouen et aujourd’hui, à vingt-et-un ans, titulaire du grand orgue de l’église Saint-Louis en l’Ile de Paris.
La file d’attente s’allonge dans le grand escalier. L’accordeur n’en a pas fini avec l’antique instrument. Chacun se plonge dans le programme. Derrière moi, on se gausse en lisant le rapprochement hardi entre ces Variations Goldberg, les Cathédrales de Claude Monet et les Exercices de style de Raymond Queneau :
-C’est sûr, Bach a dû y penser quand il composait ses variations !
Benjamin Alard est en route pour une heure quinze de jeu effréné et termine l’épreuve en s’essuyant le visage à grands coups de mouchoir.
On applaudit bien fort et longtemps. Il salue le public en pliant en deux son grand corps avant de disparaître dans les coulisses.
En rentrant, je songe au livre de Nancy Houston, Les Variations Goldberg, romance, l’histoire d’une claveciniste invitant chez elle trente personnes aimées pour leur faire entendre l’œuvre de Bach, chacune monologuant intérieurement le temps d’une variation. Un livre que j’ai beaucoup aimé à l’époque de sa lecture. Nancy Huston écrit-elle toujours des livres aussi intéressants ? Je l’ignore n’ayant pas lu les plus récents. Ce qui est sûr, c’est que le dernier a obtenu le prix Femina, et ça c’est quand même la pire des choses qui puisse arriver à une écrivaine.
Par michel perdrial
-
Publié dans : Opéra et Classique
0
-
Recommander
Samedi 16 décembre 2006
6
16
/12
/2006
10:27
L’Opéra en mode Noël hier soir. Bar décalé pour faire place à un sapin malingre. Sapin décoré comme il convient, et éclairé par un projecteur vert lui donnant une couleur artificielle, quasiment chimique
Une très belle messe en guise de concert de Noël, celle composée par Joseph Haydn en l’honneur de Sainte Cécile, une messe magnifiquement chantée par la Chœur de l’Opéra de Rouen, une messe allègre et tonique, le genre de messe qui pourrait amener quelque être faible à croire en celui qui n’existe pas.
Il faut se monter prudent dans ces circonstances. Se souvenir de Paul Claudel dénichant la foi derrière un pilier de Notre-Dame de Paris. Et de Max Jacob la trouvant alors qu’il cherchait ses pantoufles.
Par michel perdrial
-
Publié dans : Opéra et Classique
0
-
Recommander
Mardi 2 janvier 2007
2
02
/01
/2007
11:56
Concert de nouvel an, hier après-midi au Zénith par l’orchestre de l’Opéra de Rouen et ses invités: les musiciens tziganes de Kosice. Le Zénith, cette salle à dimensions inhumaines, mais il fallait bien ça pour accueillir la musique des Strauss père et fils. Et bonne idée de jouer également la Deuxième rhapsodie roumaine de Georges Enesco et d’avoir convié à la fête les musiciens tziganes roumains, cela le jour même de l’entrée dans l’Union Européenne de la Roumanie et de la Bulgarie (à propos de cette dernière, j’en connais une qui doit être bien contente).
Le beau Danube bleu en bouquet final et, à l’appel d’Oswald Sallaberger, l’audace d’une valse aussi maladroite que bien accompagnée, tous les deux en vedette dans cette grande salle du Zénith et, ma foi, fort applaudis, l’année deux mille sept commençait bien.
Par michel perdrial
-
Publié dans : Opéra et Classique
0
-
Recommander
Jeudi 11 janvier 2007
4
11
/01
/2007
11:28
Récital Alexandre Tharaud hier soir à l’Opéra. Foule des grands jours. Pour la première fois, j’ai une place sur une chaise au-dessus de la fosse d’orchestre. La plate-forme sur laquelle je repose en compagnie d’une trentaine de mes semblables tremble un peu lorsque quelqu’un y marche. Il faut faire confiance aux concepteurs et ne pas penser au trou profond dans lequel on pourrait disparaître.
Beaucoup de spectateurs s’estiment mal placés, à un endroit indigne d’eux, et scrutent les places susceptibles de rester libres afin d’y foncer à la fermeture des portes. Sans attendre ce moment, une femme d’un âge certain se précipite sur l’une des chaises de la fosse qu’elle n’hésite pas à déplacer pour se mettre dans la meilleure des positions, aurait été institutrice que ça ne m’étonnerait pas. On découvre à l’entracte qu’elle n’avait pas à s’installer là, étant en possession d’un billet pour le deuxième balcon, le jeune homme dont elle a pris la place entend la récupérer pour la seconde partie du récital. Elle fait semblant de ne pas comprendre, pas de doute une ancienne institutrice, puis finit par céder devant l’insistance de la placeuse, toisant le jeune homme et lui disant d’un air pincé que c’est une très bonne place. Effectivement, pour avoir mieux il faudrait s’installer sur les genoux d’Alexandre.
Donc le jeune Alexandre Tharaud, multi primé et encensé par toute la critique, élégante silhouette, jolies mains de pianiste, pour un récital Chopin en deux parties: valses puis préludes. Un jeu virevoltant et sensible qui enchante le public. Derrière lui, le tourneur de page parfois de la tête dodeline en mesure tandis qu’Alexandre se laisse emporter par la musique pour finir au bord de l’extase. Douze valses plus vingt-quatre préludes lui font voir trente-six chandelles, semble-t-il.
Tonnerre d’applaudissements et cris de bravo. Alexandre Tharaud offre quatre rappels en remerciement. Deux couples comme il faut échangent quelques propos sur le bonheur que ce doit être d’avoir un tel jeune homme comme fils, voire comme gendre.
Par michel perdrial
-
Publié dans : Opéra et Classique
0
-
Recommander