Jeudi 3 avril 2008

            Le temps est presque printanier à Paris ce mercredi, idéal pour aller sur les deux rives de librairie en librairie avec pause déjeuner dans le jardin de Cluny. Je passe par des cases familières : Joseph Gibert, Boulinier, Gibert Jeune, Mona Lisait puis rejoins la rue Saint-Honoré pour une petite visite chez Parallèles (livres disques nouvelle presse), une survivante de l’effervescence des années soixante-dix, toujours bien attrayante, même si, retour à l’ordre moral oblige, je n’y vois plus certains livres ou revues qui faisaient autrefois son attrait. De là je vais rue de la Bourbonnais, à côté, chez sa petite sœur Gilda (occasion achat-vente). Je me charge un peu plus, content de trouver là, pour moins d’un euro, le Petit traité de désinvolture de Denis Grozdanovitch, livre qui porte en exergue cette citation de Charles Albert Cingria : Il n’y a rien de plus fructueux ni de plus amusant que d’être distrait d’une chose par une autre chose.

            Ce n’est pas ce livre que j’ouvre un peu plus tard au Malongo Café de la rue Saint-André-des-Arts mais le roman d’Emmanuel Bove commencé le matin dans le train, L’Amour de Pierre Neuhart, acheté dimanche dernier à la vente d’Amnesty Intenational de Val-de-Reuil, roman qui narre la rencontre d’un industriel presque quadragénaire avec une jeune fille de dix-sept ans.

            Dans sa préface, David Nahmias évoque le purgatoire dans lequel était tombé Emmanuel Bove, auteur à succès des années vingt et trente du vingtième siècle, puis sa redécouverte récente. Ce qui m’étonne, quant à moi, c’est que le Castor Astral, éditeur de qualité, ait cru bon de rééditer ce roman qui n’évite aucun des clichés circulant sur ce genre d’histoire d’amour. Evidemment, l’industriel, après avoir été ruiné par la petite peste, finit alcoolique. Cela est en plus d’une niaiserie absolue. Je me gausse à la lecture de l’épisode du baiser dans la rue :

            Un après-midi, il ne put s’empêcher de l’embrasser sur les lèvres en pleine rue. Elle rougit et, les yeux brillants de colère, lui dit :

            -C’est fini, je ne sortirai plus avec vous.

            Car elle le tutoyait et lui disait vous tour à tour. Il devint, lui aussi, cramoisi, et l’air humble qu’il eut alors pour l’implorer ne fit qu’accroître la colère de la jeune fille.

            -Vous êtes complètement ridicule et vous me ridiculisez avec vous, ajouta-t-elle.

            Pierre Neuhart était sur le point de pleurer. Il lui semblait que, derrière lui, des passants s’étaient arrêtés. Il dit alors :

            -C’est vrai, vous avez raison. Je vous jure que je ne recommencerai plus.

            Un peu plus tôt, parce que j’ai mauvais esprit, comme disent certain(e)s, j’aime bien la scène du jeu de cartes : Pierre Neuhart lui avait appris l’écarté et, souvent, il lui demandait de jouer…

            Bon, je lis ça d’une façon désinvolte en me laissant distraire par les unes et par les autres, le Malongo Café est presque en face du lycée Fénelon. Je songe à celle que je dois retrouver tout à l’heure, une promenade dans le jardin du Luxembourg et un dîner dans notre restaurant japonais préféré. Si elle est d’accord.

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Mercredi 5 mars 2008

            Partis matin de Locmariaquer, samedi dernier, je conduis et elle cherche un restaurant pas cher où déjeuner. Une pancarte à logo bien connu attire son attention.

            -Il y a un routier à Gaël, m’annonce-t-elle.

            -Un routier, c’est fermé le samedi.

            -On peut toujours aller voir, me dit-elle.

            Je tourne à droite et nous voici au centre d’un village dont j’ignorais il y a cinq minutes l’existence. Sur la place, L’Entre Deux Mers, café restaurant routier, semble fermé mais on aperçoit quelques silhouettes à l’intérieur.

            Nous entrons. Au comptoir, le patron joue aux dés avec deux accoudés. D’ordinaire, c’est fermé mais aujourd’hui il peut nous servir un repas pour dix euros dans un quart d’heure.

            Parfait, un petit tour dans l’église et de retour, il nous installe une table dans la salle du café.

            -Je ne vous mets pas dans la salle du restaurant parce que j’ai un repas d’enterrement aujourd’hui. C’est pour ça que je suis ouvert.

            Une bouteille de Gamay rosé emplie aux trois quarts est incluse dans le prix du repas. Nous trinquons au mort à qui nous devons cette aubaine. A la table voisine, trois croque-morts font de même avec un kir, jusqu’à ce que le corbillard les ramasse.

            Une entrée au thon chaud dans une coquille Saint-Jacques, un stèque saignant avec des pommes de terre rissolées, nous en sommes là quand entrent les invités de l’enterrement (si je puis m’exprimer ainsi), habillés comme il convient pour l’occasion, l’un d’eux nous souhaite bon appétit, un plateau de fromages et une part de tarte aux pommes, c’est aussi le menu du déjeuner d’enterrement et à voir le nombre de kirs que prépare le patron, on ne va pas se laisser abattre à côté.

            Pendant qu’on trinque dans la salle de restaurant, le patron et la patronne s’installent à côté de nous et attaquent leurs coquilles Saint-Jacques. Nous les remercions de leur accueil et mettons le cap sur Bécherel, village du livre et petite cité de caractère, comme on dit dans le coin.

            La chance nous sourit une nouvelle fois. Une chambre d’hôte est libre à l’entrée du pays. Je laisse la voiture dans la cour et nous partons à pied faire le tour des bouquineries. Cinq ou six sont ouvertes mais décevantes. Beaucoup de livres disparates et bien trop chers, ce n’est pas ici que je fais des affaires.

            Qu’importe, nous sommes surtout passés par là pour La Vache Qui Lit, ce café dément où le soir venu nous buvons un kir dans une ambiance trouble. De chaque côté du comptoir le taux d’alcoolémie est élevé. Le tenancier à tête de Didier Super et la tenancière s’embrouillent avec l’un des accoudés qui ne veut pas payer. L’ami de ce dernier annonce à qui veut l’entendre qu’il refuse de le raccompagner à sept cents kilomètres sans paquet de cigarettes, Je surveille prudemment l’évolution des choses. Tout peut dégénérer à chaque instant. Stoïque, le trio d’Américains bien mis (lui fait des recherches sur la transparence à la bibliothèque de la Communauté Européenne à Bruxelles) qui loge dans la même maison d’hôtes que nous mange une crêpe attablé un peu plus loin. Les deux plus embrumés sortis, le calme un peu revenu, je demande au tenancier qui est ce chanteur dont je connais la chanson pour l’avoir entendue il y a bien longtemps.

            -Roger Mason.

            Roger Mason, c’est vrai, j’avais complètement oublié ce chanteur. On écoute de la bonne musique ici, Coluche, Thiéfaine ou Bourvil. De temps en temps, le tenancier ôte une pile de livres du clavier d’un piano désaccordé et, tapant sur les touches, ajoute un peu de bruit. Celle qui m’accompagne inscrit quelques phrases sur son carnet d’humeurs. L’humeur du jour est bonne. D’autant qu’elle peut ici se livrer à une activité que je ne peux préciser.

            D’autres buveurs arrivent, déjà imbibés mais faisant encore illusion. Tout ce beau monde s’embrasse et se fait des déclarations d’amour. Des béquilles sont appuyées contre un mur en cas de besoin, mais quand reviennent les deux plus excités c’est sur nos deux jambes que nous quittons ce café comme on n’en trouve qu’en Bretagne.

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Mercredi 13 février 2008

            J’y retourne quand même au Marégraphe malgré la bande-son nuisible. Elle est d’ailleurs en sourdine ce mardi. Une chaise colorée, une table ronde, un café, un verre d‘eau, un livre et de quoi écrire, j’ai tout ce qu’il faut  Le spectacle est gratuit, allées et venues sur le quai, ballets des tables voisines, beaucoup plus de monde que l’année dernière.

            Je termine la lecture d’un recueil de trois longues nouvelles de Jim Harrison publié par Christian Bourgois en deux mille six sous le titre L’été où il faillit mourir. Un livre marqué « Service de presse » dont s’est débarrassé le bénéficiaire. Il vaut vingt-trois euros et je l’ai payé un, quarante pour cent moins cher que mon café en terrasse.

            La dernière nouvelle, Traces, est autobiographique. Harrison y parle de lui-même à la troisième personne. Je note cette phrase : Il ressentit le désir secret de devenir idiot et de prendre un boulot ordinaire, mais la seule possibilité qui s’offrait à lui, à savoir l’enseignement, le rebutait.

            Tiens, mais qui sort du Marégraphe ? Patrick Herr, l’ancien député de droite de Rouen, à la tête d’une armada de quinquagénaires mâles, déjeuner de travail sans doute. C’est un boulot de préparer l’arrivée de l’armée des voiliers de juillet. Son regard se tourne vers le sixième pont de Rouen (le mal nommé Flaubert) qui fait barrage et devra se lever pour les laisser passer.

            Tous les dimanches, dans l’espoir que tout se passe bien, que les câbles ne trahissent pas, que le tablier se lève sans souci, il met un cierge à Saint Gustave.

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Dimanche 6 janvier 2008

            Ceux que j’entends dans ce bar. Cette façon qu’ils ont de dire « Je me suis acheté » au lieu de « J’ai acheté » :

            -Je me suis acheté deux Mobycartes à vingt-cinq euros.

            -Je me suis acheté un dévédé de Gad Edmaleh.

            -Je me suis acheté des clopes.

            -Je me suis acheté une cravate noire.

            Moi, moi, moi, je me fais sans cesse des cadeaux. Tellement je m’aime.

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Jeudi 27 décembre 2007

            C’est mercredi, il est quatorze heures trente, je prends un café verre d‘eau au Socrate tout en commençant Les beaux jours de ma jeunesse d’Ana Novac, un livre publié chez Folio Gallimard et sous-titré « Le seul journal jamais sorti d’un camp d’extermination nazi ».

            France Trois Haute-Normandie est là avec sa grosse caméra. Toujours à la pointe de l’actualité, elle souhaite obtenir l’avis de la clientèle sur la très prochaine application de la loi interdisant de fumer dans les bars, cafés et restaurants.

            Les fumeurs et fumeuses sont interrogé(e)s les un(e)s après les autres. Je suis de leur côté, assis dans la zone fumeur, mais je ne fume pas. Aussi France Trois ne vient pas interrompre ma lecture pour s’enquérir de mon opinion.

            Je ne peux donc expliquer que j’apprécie les zones non fumeurs où se regroupent les familles bruyantes aux moutards insupportables, que je suis ravi de les éviter en me réfugiant près des fumeurs et des fumeuses (certaines très mignonnes par ailleurs).

            Comment vais-je survivre quand il ne me sera plus possible d’échapper à ces familles si contentes d’elles-mêmes dont la proximité nuit gravement à ma tranquillité ?

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Lundi 24 décembre 2007

            Rouen, à l’Agora Café, place du Vieux Marché, un père (cinquante ans) et sa fille (vingt ans) :

            Elle :

            -Victor, pas de bonnet, il a déjà un bonnet.

            Lui :

            -Mais non, c’est bon, j’ai trouvé une écharpe en cache-mire pour lui.

            Elle :

            -Bon. Camille, j’achète rien parce que j’ai peur d’acheter la même chose que toi.

            Lui :

            -Et pour moi ? Tu as trouvé quelque chose pour moi ?

            Elle :

-Bien sûr.

Lui :

-C’est chiant, mais qu’est-ce que c’est chiant !

Elle :

-Quoi ?

Lui :

-Noël.

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Vendredi 24 août 2007

            D’abord, ils ne sont que deux, elle, jeune beauzarteuse de vingt-trois ans, lui, dans la trentaine, le crâne tondu, le regard absent : un jour, il a reçu un grand coup sur la tête et ne s’en est pas remis. Il lui parle de tous les livres qu’il va écrire, de celui qu’il a déjà terminé, qui met en scène un fouteux noir et un gringalet blanc (je résume), un roman qu’il va publier à compte d’auteur parce que, tu comprends, à la rentrée, il y a déjà sept cent romans qui sortent, alors…

            Elle écoute patiemment et tente de mettre un peu d’ordre dans la logorrhée verbale de son vis-à-vis.

            -Tu me dis des choses intéressantes, constate-t-il, je les mettrai dans mon prochain livre avec mes mots à moi.

            Passent les deux autres, trentenaires eux aussi, lui et elle, qui n’ont pas envie de s’arrêter mais le graphomane les interpelle, de la voix trop enjouée de ceux qui ne vont pas bien :

            -Mais venez, venez, cinq minutes seulement si vous voulez, je paie pour tout le monde, j’ai de l’argent, je suis riche.

            Les deux arrivants s’installent à la table des deux premiers. La beauzarteuse connaît la trentenaire, elle demande à cette fille, que j’ai déjà vue s’enfiler calva sur calva, un jour où elle n’allait pas bien, ce qu’elle devient, et manifestement cela ne va pas mieux. Elle a, dit-elle, envie de recommencer à s’y mettre, c'est-à-dire reprendre la gravure mais elle n’y arrive pas. Je sais aussi que la galerie d’art médiocre qu’elle avait ouverte avec d’autres de son genre, près de l’Ecole des Beaux-Arts, a dû fermer faute de clients.

            -Je n’aime pas l’art contemporain, claironne-t-elle bêtement.

            La beauzarteuse explique qu’elle, elle aime ça, et qu’elle espère bientôt partir pour Nantes où la vie artistique est plus palpitante qu’à Rouen, elle veut travailler à Saint-Nazaire, un projet lié à l’esthétique industrielle.

            -C’est maintenant que je dois partir, explique-t-elle, je n’ai pas d’attache.

            -Mais tu m’as moi ! s’insurge bruyamment le graphomane.

            -Euh oui, comme ami. Je voulais dire que je ne suis pas dans une histoire d’amour en ce moment.

            Le quatrième n’ouvre pas la bouche. C’est un monomaniaque. Je connais son unique sujet de conversation et quand je vois la beauzarteuse se tourner vers lui pour l’interroger sur ce qu’il fait dans la vie, je n’ai aucun doute sur ce qui va suivre :

            -Moi, ma vie, c’est que tout le monde arrête de manger de la viande.

            La beauzarteuse lui demande pourquoi il s’intéresse à cette question.

            -C’est des gens qui m’ont expliqué qu’un animal c’était comme moi et que j’aimerais pas qu’on me mange.

            Eh bien, me dis-je, heureusement que ces gens ne t’ont pas expliqué qu’un légume, c’était aussi comme toi.

            J’en ai assez entendu. Je paie mon café et, croisant le regard de la petite beauzarteuse, je lui souhaite mentalement de réussir à filer bien vite à Nantes.

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Mardi 31 juillet 2007

            Lundi après-midi au Son du Cor, une terrasse bien déployée, il ne pleut plus et donc pas mal de monde, essentiellement les habituels habitués (dont ceux qui attendent toujours un quatrième pour aller chercher les boulettes et faire une petite pétanche) et quelques touristes intrépides (ceux capables de passer commande en français car ici on ne parle que la langue de chez nous).

            Je lis Mon père et moi de James Richard Ackerley, publié chez Dix/Dix-huit, l’histoire bien réelle de cet écrivain homosexuel qui découvrit après la mort de son père la vie secrète de celui-ci, concrétisée notamment par l’existence de trois demi-sœurs. J’aime les histoires de famille, avec leurs non-dits et leurs turpitudes (si bien montrés dans ses films par Ingmar Bergman qui vient de mourir), cela me rappelle la mienne.

            Un jeune homme s’assoit pas très loin, il salue une de ses connaissances et lui annonce qu’il est là afin d’écrire un article sur le Son du Cor pour Paris Normandie. Il est pigiste, employé pour l’été, et l’été justement de quoi peut-on bien parler dans un quotidien de province quand il ne se passe rien, et pour ne rien se passer, à Rouen il ne se passe vraiment rien. Cela c’est moi qui le dis, lui il prend la chose très au sérieux, il espère être engagé définitivement un jour. Alors il écrit sur son cahier et il attend que la patronne arrive pour lui poser des questions, je verrai bien ce qu’il raconte quand j’emprunterai le journal en question au Son du Cor un jour prochain.

            Ce dont je suis certain, c’est qu’il ne terminera pas son article en citant la chute de cette chanson de Charles Trenet Le son du cor, parodie du poème Le cor d’Alfred de Vigny :

            J'aime le son du cor
            J'aime le corps du son
            J'aime le sort du con le soir au fond de moi...

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Jeudi 7 juin 2007

            Ces trois fonctionnaires pressés qui prennent un café en parlant de mutations, de promotions, de petites ambitions professionnelles. Leur rêve : être nommés aux Sols Pollués ou aux Silos ou à l’Ammoniaque.

            Ces deux professeurs qui discutent en buvant une bière d’un auteur dont ils ont oublié le nom qui a écrit un livre sur Tocqueville évitant d’avoir à lire Tocqueville et qui se félicitent de connaître Foucauld, de savoir ce qu’il pense et de l’enseigner aux élèves sans l’avoir jamais lu.

            Ces deux filles qui sortent du lycée aspirant à la paille un sirop sucré et coloré et qui sont persuadées qu’il y a quelque chose de génial en chacun de nous.

            Bon, moi, je me contente d’écouter et de prendre des notes tout en lisant le Journal de Samuel Pepys.

par michel perdrial publié dans : Cafés
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Samedi 5 mai 2007

La clientèle de la terrasse du bar où je prends un café tous les jours, je ne dis pas le nom, est drôlement représentative de la population française : elle est cent pour cent anti-Sarko. Le moral est bas donc. C’est bon pour les affaires du cafetier.

Les filles d’à côté parlent de ça, de la mauvaise nouvelle à venir. Ce sont des étudiantes cultivées et clairvoyantes. Cependant, il ne se passe guère de temps avant qu’elles changent de conversation :

-Trop jolie ta robe ! Tu l’as eue où ? Chez Zara ?

Les musiciens de l’autre côté, c’est pareil, propos élaborés et subtils sur l’avenir politique immédiat mais tout à coup :

-Ah, tu as vu, Manchester, ils se sont pris trois buts !

Nous en sommes là : votez utile (paraît-il) et vivez futile (c’est sûr).

par michel perdrial publié dans : Cafés
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