Mardi 13 février 2007
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A la Maison de l’Université de Mont-Saint-Aignan, hier soir, invité par Emmanuel Goudé pour son émission littéraire Enivrez-vous sur Radio Campus Rouen.
Une émission ainsi nommée en référence à Baudelaire et à son petit poème en prose du Spleen de Paris m’informe mon hôte, un texte que j’ai lu autrefois et oublié, remis désormais en mémoire (mais pour combien de temps ?). Un moyen de ne pas oublier, c’est de l’écrire : « demandez quelle heure il est; et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront : "Il est l'heure de s'enivrer! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous; Enivrez-vous sans cesse! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. » Enivrez-vous et enlivrez-vous.
Un petit studio, quatre micros, Nicolas Debussy s’installe à la table de mixage, un autre invité prénommé Aurélien, dont le patronyme reste secret, est là pour parler de l’œuvre de Mishima.
Il est vingt heures. On y va. Je réponds comme je peux aux questions d’Emmanuel, difficile de parler de soi et encore plus de ce qu’on écrit. Suis davantage à l’aise quand il s’agit de lire quelques-uns de mes textes parus en revues. L’ambiance est décontractée, des chips circulent et le muscat remplit les verres. Dans un joyeux désordre, on passe à Mishima avec Aurélien puis on repasse par chez moi pour quelques Persiflages directement issus de ce blog.
Dans les verres, un petit rosé a remplacé le muscat, Il faut être toujours ivre, comme l’écrivait Charles, je ne comprends plus bien les questions d’Emmanuel, Nicolas lance quelques plaisanteries nippones et l’on atteint vingt et une heures. L’animateur de l’émission suivante est en retard, on l’attend un bon moment en musique, il arrive en catastrophe et jette dans la platine une version chinoise de L’internationale.
Je sors de là bien content, me demandant ce qu’en ont pensé les auditeurs, et remercie les joyeux animateurs d’Enivrez-vous, Nicolas et Emmanuel, deux garçons fort sympathiques, même si le second m’a traité de poète en début d’émission, allez, je ne lui en veux pas.