Mercredi 21 mars 2007

            C’est fini pour cette année le parcours du spectateur, ce périple culturel proposé à une douzaine de spectateurs de la Scène Nationale de Petit-Quevilly/Mont-Saint-Aignan. Un repas est prévu demain soir pour faire un bilan et envisager l’avenir. Je n’y serai pas : le même soir a lieu la bamboche de Mister Crocodile.

            J’ai envoyé un mail à la sympathique équipe de la Scène Nationale : remerciements pour tout (l’accueil chaleureux, les spectacles gratuits et cætera), regret de n’avoir pu découvrir les spectacles en gestation plus en amont, au moment de l’écriture, des premières recherches (difficile je sais), et puis aussi dire que je ne veux pas pérenniser, une bonne expérience mais pas envie de la renouveler, encore moins envie d’être invité au conseil d’administration de ladite structure comme un parcoureur le propose, rien de plus mortellement ennuyeux qu’un conseil d’administration, je le sais depuis longtemps pour avoir subi trois fois celui du lycée de Louviers juste après mai soixante-huit (j’étais censé représenter les élèves, élu par tout ceux que l’établissement qualifiait de contestataires).

par michel perdrial publié dans : Parcours du spectateur
commentaires (0)    recommander
Mercredi 14 mars 2007

            Au centre culturel Marc Sangnier de Mont-Saint-Aignan pour la dernière étape du parcours du spectateur, qui m’a permis, comme à une dizaine d’autres, de suivre l’élaboration des nouveaux spectacles de la chorégraphe Carlotta Sagna et du concepteur (c’est lui qui le dit) et metteur en scène Alexis Armengol. C’est le spectacle de ce dernier qui m’a amené là hier soir.

            Et comme je n’ai pas du tout aimé son précédent intitulé Il y a quelqu’un ? (voir billet du vingt-trois février dernier), j’y suis arrivé sans grande envie, un désir encore diminué par le titre de sa nouvelle pièce Je suis Alain, Artaud, Marie-Antoinette, un animal aussi, des gènes, un photomaton, au fond du jardin, et quoi d’autre ? (ou rien d’autre ?) (bref !), difficile de faire plus nul comme titre pour ce spectacle qui évoque le petit monde du théâtre, ses tics et ses travers.

            Et qui les évoque avec pas mal de finesse et un humour non dénué d’inquiétude, aidé en cela par les quatre comédiens talentueux déjà présents dans le précédent spectacle d’Alexis Armengol, les trois garçons : Stéphane Gasc, Alexandre Le Nours, Laurent Seron et la fille : Camille Trophème. C’est dire si j’ai été agréablement surpris et si je suis sorti content de la salle.

            Ce spectacle (vraiment Alexis, tu devrais changer le titre) sera cet été au festival d’Avignon à la Manufacture et c’est sûr il sera un succès, notamment auprès des professionnels de la profession qui adoreront se voir dans le miroir.

            A propos de ce festival d’Avignon, il y avait hier soir parmi les spectateurs un professionnel excité qui racontait comment il avait réussi à mettre sur son site Internet le programme dudit festival vingt-quatre heures avant qu’il soit sur le site officiel et que tellement fier de son exploit, il s’en était vanté par mail auprès de ses huit cents contacts. Il en faut vraiment peu à certains pour être contents d’eux-mêmes.

par michel perdrial publié dans : Parcours du spectateur
commentaires (0)    recommander
Vendredi 23 février 2007

            Découverte de l’univers théâtral d’Alexis Armengol avec le groupe des parcoureuses et parcoureurs, recruté par la Scène Nationale comme échantillon-test de deux axes de sa programmation. Il y a quelqu’un ? est au programme, une pièce composée de courtes saynètes, trois acteurs (deux garçons et une fille) jouent tout à tour divers personnages (parents/enfant, couple/ami du couple, trio de copains, etc.) et un quatrième acteur figure un voisin qui traverse la vie des trois autres sans jamais y entrer (un personnage tout droit sorti d'un roman de Michel Houellebecq et tenu par un acteur lui ressemblant étonnamment).

            Il s’agit de s’interroger sur l’identité de chacun par rapport à soi-même et aux autres. Comme je ne me préoccupe nullement des questions existentielles, cela m’intéresse d’emblée assez peu. De plus, ce n’est vraiment pas mon genre d’humour, une ou deux répliques me font sourire rien de plus, je crois qu’il faut beaucoup aimer la télévision et pas la meilleure pour rire à ce genre de situations et de dialogues, par moment on n’est pas loin de la série Un gars une fille.

            Décidemment, je ne suis pas un bon spectateur pour la programmation de la Scène Nationale. La douzaine d’autres a apprécié, semble-t-il. Et ma voisine n’a pas cessé de rire. Il y avait dont quelqu’un mais ce n’était pas moi.

            Qui suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je ? Pierre Dac a traité la question sans qu’il soit besoin d’y revenir : Je suis moi, je viens de chez moi et j’y retourne.

par michel perdrial publié dans : Parcours du spectateur
commentaires (0)    recommander
Jeudi 22 février 2007

            Réunion des parcoureuses et parcoureurs recrutés par la Scène Nationale pour suivre deux des spectacles de la saison, cela se passe à Mont-Saint-Aignan. Sur la proposition d’un des participants, chacun(e) s’active sur le papier à développer ses arguments pour ou contre la programmation l’an prochain par le Centre Culturel Marc Sangnier de Oui oui, pourquoi pas, en effet de la chorégraphe Carlotta Sagna. La décision est déjà prise par le responsable des achats qui a vu le spectacle à la Ferme du Buisson, voyons donc voir si le groupe de spectateurs est de son avis.

            A la lecture des différents points de vue, il s’avère que le non (et le non mais) l’emporte légèrement sur le oui (et le oui mais), chacun(e) développant des arguments bien personnels et variés. La position du responsable des achats est confortée, pour lui aussi c’est non. Pour moi, c’est spectacle moyen avec trop de volonté démonstrative donc non (sauf s’il n’y a rien de mieux en magasin).

            J’avais un autre bon argument en faveur du non, que je n’ai pas avancé lors de cette réunion, l’un des interprètes est si vieux que cela incite à la prudence : sera-t-il encore vivant l’an prochain ?

par michel perdrial publié dans : Parcours du spectateur
commentaires (0)    recommander
Dimanche 11 février 2007

            Rendez-vous samedi après-midi au Grand-Quevilly, devant le théâtre de la Foudre, la Scène Nationale offrant à son échantillon de spectateurs, dans le cadre du parcours précédemment évoqué, la possibilité d’assister gratuitement au spectacle de Carlotta Sagna : Oui oui, pourquoi pas, en effet, dont une phase de l’élaboration a eu lieu en résidence au Centre Culturel Marc Sangnier à Mont-Saint-Aignan.

            Il s’agit de se rendre à la Ferme du Buisson près de Marne-la-Vallée. Le voyage est également offert. Le minibus de location s’avère démuni de carte grise. Retour chez le loueur qui avoue qu’il s’agit d’une sous-location auprès d’un concessionnaire de la marque du véhicule. Pas moyen de mettre la main sur cette foutue carte grise et le concessionnaire est fermé. Pendant un moment, oui oui, pourquoi pas, en effet, l’incertitude règne, mais le loueur ne se démonte pas, il donne au conducteur la carte grise d’un autre véhicule, change l’attestation d’assurance sur le pare-brise, et en route avec l’espoir de ne pas croiser la maréchaussée.

            Tout se passe bien et grâce à un copilotage brouillon mais efficace, arrivée en avance à la Ferme (Centre d'Art et de Curiosités Culturelles). Une bonne heure de temps libre avant le spectacle, de quoi profiter de la beauté des lieux, ancienne friche industrielle joliment reconvertie, et du chaleureux tumulte du bar. Des gens du spectacle, comme on dit, se reconnaissent et s’embrassent de cette façon exagérée qui leur est propre, comme s’ils ne s’étaient pas vus depuis longtemps, et même pire, comme s’ils s’aimaient vraiment.

            Puis entrée dans la Halle où a lieu le spectacle, l’un des neuf donnés au cours de ce ouiquennede consacré à la danse. Davantage de spectateurs que de places assises, on distribue aux malheureux derniers des coussins pour les aider à poser leurs fesses sur les marches métalliques.

            Et voici les danseurs, trois jeunes gens aux dents longues face à un vieil homme désabusé. Deux filles et un garçon qui cherchent à distraire de son Sudoku, l’ancien danseur dont le physique rappelle tout à fait celui d’Alberto Moravia. On comprend vite qu’il s’agit là d’une réflexion sur le rapport entre générations, sur la transmission, sur l’histoire de la danse, sur la vieillesse rapide des danseurs, et tutti.

            Les spectateurs sortent de là plutôt contents. Certains avec des bémols, d’autres enthousiastes. Je me situe entre les deux, hé hé. Et plutôt enclin à voir dans le vieux danseur et dans le jeune danseur (multiplié par trois) un seul et même individu aux deux âges de sa vie, débutant inquiet et courageux, vieillard inquiet et courageux, sachant le prix qu’il en coûte d’avoir des rêves et de les réaliser.

            Allez, je donne le dernier mot au vieux danseur : « J’en ai marre, je rentre chez moi et je branche le répondeur ». J’en ressortirais bien samedi dix-sept, afin d’y retourner, à la Ferme du Buisson, pour la nuit érotique : performance de séduction, réunion Fuckerware, conférence médico-ludique, défilé de hot couture, initiation à la photo de nu, démonstration de ligotage à la japonaise et autres coquineries, oui oui tout cela me plaît bien, dommage que Marne-la-Vallée soit un peu loin.

par michel perdrial publié dans : Parcours du spectateur
commentaires (0)    recommander
Jeudi 25 janvier 2007

Un magnétophone branché, des tables en carré, une douzaine de parcoureurs installés autour pour échanger leurs impressions après visionnage de la vidéo Tourlourou et de la présentation de travail de Oui oui, pourquoi pas, en effet, deux chorégraphies, l’une achevée, l’autre en cours, de Carlotta Sagna.

Cela se passe au centre culturel Marc Sangnier et le pain d’épice apporté par l’une des participantes tourne autour de la table tout comme la parole. Chacun(e) donne ses impressions : incompréhension, attirance, rejet, plaisir, attente. Autant d’avis que de parcoureurs et comme chacun parle à son tour et écoute les autres, on ne perd pas son temps comme dans certains débats où la cacophonie règne.

Je n’ai pas vu Oui oui, pourquoi pas, en effet, retenu ailleurs ce soir-là. Au travers de ce que racontent les autres, j’imagine le spectacle que je verrai à la Ferme du Buisson lorsque Carlotta Sagna en aura terminé, une histoire mettant face à face un vieux danseur et trois jeunes danseurs. J’entends : histoire un peu floue, violente, qui ne devrait pas finir dans l’harmonie. Tout ce qu’il faut pour me plaire.

par michel perdrial publié dans : Parcours du spectateur
commentaires (0)    recommander
Jeudi 18 janvier 2007

Dans le métro, nuit tombée, en route pour Petit-Quevilly afin d’y visiter le théâtre de la Foudre dans le cadre du parcours du spectateur organisé par la Scène Nationale. Foule dans ce transport en commun à cette heure de retour à la maison, voyageurs serrés comme légumes en boîte, constatation une nouvelle fois de la grande différence d’ambiance entre le métro rouennais et le métro parisien.

A Paris, dans les rames une population diverse, voyageant pour de multiples raisons, toutes classes sociales mélangées, dont la majeure partie a choisi ce moyen de transport. A Rouen, que des pauvres, souvent énervés, en chemin vers la banlieue, beaucoup subissant ce mode de déplacement par l’impossibilité de se payer une voiture. Imagine-t-on un musicien dans le métro rouennais ?

Content de quitter cet espace confiné et ce climat tendu pour les coulisses du théâtre de la Foudre. Fouler le sol de la scène, assister à quelques manœuvres techniques, s’enfoncer dans les coulisses (locaux techniques, loges), faire connaissance avec un vocabulaire exotique comme tous les vocabulaires de corps de métier.

Ce matin, un petit tour sur le site Internet de Fred Borzeix me replonge dans tous ces termes, et même davantage, le plaisir d’y lire ce genre de propos qui fait voyager l’esprit : ne pas confondre le rideau à la française avec un rideau en retrousse dit à la romaine qui se masse en guillotine.

Hier soir encore, entrant dans la salle du théâtre, vu pour la première fois cette fameuse servante (lampe fantôme comme disent les Anglais), une baladeuse de sécurité fixée sur un trépied veillant sur la scène la nuit et en laquelle les artistes voient un esprit protecteur.

par michel perdrial publié dans : Parcours du spectateur
commentaires (0)    recommander
Mardi 16 janvier 2007

Passage, hier soir, par le centre culturel Marc Sangnier, à Mont-Saint-Aignan, ville où les merles chantent à la tombée de la nuit au milieu des barres d’immeubles, pour une courte étape du parcours du spectateur (qui consiste à suivre la mise en place de deux spectacles de la saison).

Il s’agit de regarder la vidéo de Tourlourou, une précédente chorégraphie de Carlotta Sagna, laquelle travaillait autrefois avec la Needcompany.

Nous sommes deux spectateurs sur les douze concernés (les autres ayant choisi une autre date). Me voici donc enfermé avec une jeune femme dans un cagibi où trônent téléviseur et lecteur de dévédé pour assister par écran interposé au solo de Jone San Martin, danseuse espagnole au physique almodovarien.

Vêtue d’un tutu taillé dans de la toile de camouflage pour militaire, elle nous annonce, les pieds au centre d’une cible horizontale, qu’elle n’en a plus que pour vingt-quatre heures, et nous propose d’envisager ce que nous aurions à cœur de faire si nous étions dans sa situation. Le temps passe vite. Bientôt plus que dix minutes. Puis seulement trois. Puis…

Carlotta Sagna est auteur de texte autant que de chorégraphie, théâtre et danse se mêlent, danse sur musique quasi militaire. Toujours au cœur de la cible, elle est assez douée pour mettre le spectateur en face de ses propres angoisses.

Le film terminé, quelques mots échangés avec l’équipe du centre culturel et la parcoureuse, celle-ci voyant un certain cynisme dans le propos de Carlotta Sagna. Sur le moment, je ne trouve rien à répondre, comme souvent. Puis, sur le chemin du retour, songeant à tout cela, j’y vois plutôt la marque d’un certain optimiste. « Dix minutes, le temps de faire cuire des pâtes », « Trois minutes, le temps de faire cuire un œuf » nous disent l’écrivaine et son interprète. Encore faut-il être bon cuiseur de pâtes et d’œuf pour réussir dans le temps imparti.

par michel perdrial publié dans : Parcours du spectateur
commentaires (0)    recommander
Jeudi 21 décembre 2006

A Mont-Saint-Aignan, au centre culturel Marc Sangnier, hier, en fin d’après-midi, pour aller y voir ce que cachait la proposition de la Scène Nationale intitulée « le parcours du spectateur ».

Eh bien, il s’agira de suivre de près les différentes étapes de la préparation et de la création de deux spectacles, une chorégraphie de Carlotta Sagna et une pièce de théâtre d’Alexis Armengol.

Une quinzaine de personnes présentes, ayant répondu à l’appel, beaucoup de femmes et quelques hommes, d’âges et de professions divers, une grande table carrée, des bougies et à boire, on s’est présenté, on a discuté, et tout le monde a dit oui.

La soirée s’est terminée par un grignotage et un papotage sympathiques. On est bien reçu au centre Marc Sangnier. Me voici embarqué dans l’aventure. Spectateur, je sais faire.

par michel perdrial publié dans : Parcours du spectateur
commentaires (0)    recommander
Blog : Business sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus