Jeudi 30 novembre 2006
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Cette chanteuse un peu oubliée, Catherine Lara, à qui un journaliste demandait ce qu’elle regardait en premier chez un homme et qui avait répondu : Sa femme. On me demanderait ce que je regarde en premier chez une femme, je ne pourrais répondre autre chose que : Sa fille.
Majeure, évidemment, cette fille. Que la brigade des mœurs reste assise.
Bien jalouse, le plus souvent la mère, de sa fille qui s’émancipe, s’ouvre à la vie et rentre à la maison avec un grand sourire et les lèvres gonflées, alors qu’elle, la mère, voit le monde se réduire à peau de chagrin, bientôt ridée et flétrie, sa vie devenue ennuyeuse et son mari oublieux, préoccupé uniquement d’écran plat ou de voiture qui va vite, lecteur de L’Equipe, une bière à la main. Se morfondent ces mères, tournent en rond et à vide.
Peu d’entre elles résistent à la tentation. Finissent quasiment toutes par entrer dans la chambre de leur fille, y lisent son courrier ou son journal intime. Tout cela lamentable et tellement prévisible.
Mais que font les hommes qui aiment les femmes matures ? Qu’ils cherchent un peu celles à qui il manque un amant et qu’ils s’occupent d’elles. Qu’ils baisent les mères pour qu’elles fichent un peu la paix à leur fille.
A cela je pensais, hier après-midi, au soleil, une demi-lune dans le ciel bleu, en terrasse au Marégraphe, lisant alternativement Histoires de peintures de Daniel Arasse et Le Journal du séducteur de Sören Kierkegaard.