Samedi, en métro jusqu’à l’Hôtel de Ville de Sotteville-lès-Rouen pour le festival des arts de la rue Viva Cité. Cela commence officiellement à quatorze heures mais dès deux heures moins le quart, au moment où j’arrive avec celle qui m’accompagne, le spectacle est déjà là avec, sur les marches de la mairie une sortie de mariage des plus réussies. J’arrive presque à faire croire à un passant qu’il s’agit d’une fausse cérémonie.
Nous attendons la compagnie Snob/Ulik pour Glisssssssssendo. Ils et elle arrivent silencieusement monté(e)s sur des plateformes électriques cachées par leurs vêtements noirs et conduites avec les pieds. On fait comme les autres, on suit. Cela a un côté assez désagréable de Joueur de flûte de Hamelin, oublié quand on s’installe autour du rectangle jaune tracé sur la place et que virevoltent les étonnants personnages sous la conduite de l’inquiétante femme aux flambeaux. Chacun joue d’un instrument de musique. L’un d’eux chante une mystérieuse chanson. Se succèdent ensuite des morceaux musicaux sur des chorégraphies pas trop compliquées. Très vite cela lasse. Il manque un scénario.
Nous décidons d’aller voir ailleurs, dans le bois de la Garenne, mais sous les arbres on ne trouve pas notre plaisir. Beaucoup d’acrobaties faciles, de comiques pas drôles, de discours lourdingues, de mises en scène sans subtilité. Que se passe-t-il ? Il y a deux ans, déjà là tous les deux, on y était ravi. Est-ce nous qui avons changé ? Nous sommes pourtant d’excellente humeur aujourd’hui. Est-ce une année creuse ?
Au milieu du bois, sans se soucier le moins du monde du festival, une équipe de retraités boulistes se prépare à une coutumière pétanque. Je m’approche et leur demande poliment comment s’appelle leur spectacle :
-On joue aux boules tout simplement, me répondent-ils.
J’arrête d’embêter les gens. Sous la grande tente, nous commandons une boisson artisanale aux fruits que nous buvons sous un arbre en regardant au loin un acrobate lanceur de diabolo. Il y a foule autour de lui. Son spectacle est pourtant médiocre.
Après étude du programme, séduits par la photo d’un imposant chapiteau, celui de la compagnie Tuchenn qui y donne Si la musique doit mourir, nous nous rendons rue du Huit Mai. Nouvelle déception, le chapiteau dans la réalité est minuscule et la musique qu’on y entend ne donne pas envie d’attendre la prochaine séance. Allongés dans l’herbe, entre les barres d’immeubles, nous décidons d’en rester là, après un dernier verre à la Bodega.
La foule attendant le métro en direction de Rouen nous dissuade de l’emprunter. Nous optons pour le bus numéro dix tandis que déambulent d’immenses girafes rouges, un bus presque vide, climatisé et où opèrent deux contrôleurs.
Il nous fait passer devant la médiathèque de Rouen que veut détruire Fourneyron (Valérie), nouvelle maire.
-C’est ça qu’elle veut raser ? On voit déjà le travail de l’architecte, constate-t-elle, écœurée autant que moi.